Ban Ki-moon dénonce la « guerre silencieuse » dont sont victimes les femmes et les filles

19 juin 2008

Huit ans après l'adoption de la résolution historique 1325 du Conseil de sécurité, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a dénoncé ce matin la « guerre silencieuse » dont sont victimes un nombre croissant de femmes et de filles dans les pays en conflit ou sortant d'un conflit.

« La violence à l'égard des femmes a atteint des proportions indicibles et pandémiques dans certaines sociétés qui essayent de se relever d'un conflit, » a-t-il déclaré ce matin à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

« Les survivantes sont tellement stigmatisées qu'elles peuvent à peine espérer reprendre une vie normale », a-t-il lancé, pour ensuite dénoncer l'échec des systèmes de justice qui laissent les agresseurs libres, nourrissant ainsi une « culture de l'impunité » et laissant les femmes encore plus vulnérables.

Le Secrétaire général a exhorté les autorités nationales à faire preuve d'initiative et d'établir des stratégies précises pour renverser cette tendance, tout en engageant les membres du Conseil à adopter des résolutions comportant des dispositions très claires sur les femmes et les enfants dans les conflits. Composés ainsi, ces textes permettent aux Nations Unies de réagir avec encore plus de vigueur, a-t-il fait remarquer.

Le Secrétaire général a également annoncé qu'il allait prochainement nommer un messager de la paix chargé du plaidoyer des violences faites aux femmes.

Ban Ki-moon a aussi évoqué le rôle important que peuvent jouer les femmes pour rétablir la stabilité dans les pays ravagés par la guerre.

 cet égard, le Secrétaire général a cité en exemple le groupe de la Police civile indienne au Libéria qui est entièrement constitué de femmes. Cette initiative qui a été couronnée de succès est un excellent exemple de ce que le personnel féminin peut apporter, a-t-il dit.

« En créant une culture qui punit la violence et élève les femmes au rôle qu'elles méritent, nous pourrons établir les bases d'une stabilité durable où les femmes ne seront plus les victimes de la violence, mais des agents pour la paix ».

Ban Ki-moon a également engagé les pays contributeurs de troupes à mettre œuvre des programmes de formation pour prévenir la violence sexuelle.

« Soyons clair : les Nations Unies, et moi-même, sommes fermement engagés à appliquer une politique de tolérance zéro à l'égard des actes d'exploitation sexuelle ou d'abus perpétrés par des membres de notre personnel », a-t-il averti.

Cette réunion du Conseil de sécurité a été convoquée à la demande des Etats-Unis, qui assurent la présidence du Conseil pour le mois de juin.

Condoleeza Rice, la Secrétaire d'état des Etats-Unis, y a rappelé que le viol a des incidences graves non seulement sur la santé des femmes mais aussi sur la stabilité des pays touchés.

Elle a particulièrement dénoncé la brutalité « incroyable » qui frappe les femmes dans des pays comme le Myanmar, ainsi qu'en République démocratique du Congo et au Soudan.

Le Conseil de sécurité a adopté la résolution1325 en 2000 pour protéger les femmes et les filles de violences sexuelles pendant les conflits armés et assurer une plus grande participation des femmes au règlement des différends.

 

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