HCR : la protection des réfugiés est un défi croissant

19 juin 2008

À la veille de la Journée mondiale des réfugiés, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a déclaré que fournir une protection aux réfugiés constituait actuellement un défi beaucoup plus grand qu'à la fondation du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en 1951.

« Les anciennes barrières entravant la mobilité humaine sont tombées et de nouveaux schémas de déplacement sont apparus, notamment des formes de déplacement forcé qui n'avaient pas été envisagées par la Convention des Nations Unies sur les réfugiés de 1951 », a déclaré António Guterres depuis le camp de réfugiés de Dadaab au Kenya qui abrite des milliers de réfugiés somaliens.

« Un conflit peut avoir aujourd'hui des motivations politiques mais si on regarde en profondeur, on voit aussi la pauvreté, la mauvaise gouvernance ou la dégradation de l'environnement due aux changements climatiques qui entraîne une concurrence pour des ressources rares », a expliqué António Guterres.

« Les pénuries récentes de vivres et de combustibles ont eu des répercussions immédiates et tragiques sur les pauvres et les démunis, y compris les réfugiés et les déplacés. Les augmentations de prix démesurées ont généré une instabilité et même des conflits dans de nombreuses régions du monde, faisant courir un risque réel de déplacements ultérieurs », a-t-il prévenu.

António Guterres a indiqué que ces nouveaux défis rendent d'autant plus pressante la nécessité de trouver les moyens de s'attaquer efficacement aux causes profondes et de plus en plus complexes du déplacement.

Il a également attiré l'attention sur les répercussions que peuvent avoir les politiques de lutte contre la migration illégale sur les réfugiés.

« Notre tâche devient de plus en plus difficile dans de nombreux pays. Dans certains cas, les efforts pour lutter contre la migration illégale ne parviennent pas à établir une distinction adéquate entre ceux qui choisissent de se déplacer et ceux qui sont contraints de fuir du fait de la persécution et de la violence », a dit António Guterres. « Nous voyons trop souvent les réfugiés refoulés aux frontières de pays où ils espéraient trouver la sécurité et demander l'asile. »

Depuis le camp de Dadaab qui, avec 200.000 réfugiés, est l'un des plus anciens et surpeuplés du monde, António Guterres a également engagé la communauté internationale à accorder plus d'attention au conflit somalien.

« J'appelle la communauté internationale à mettre la Somalie au centre de ses priorités et d'agir pour rassembler les Somaliens, car ce sont eux seuls qui pourront trouver une solution au conflit », a-t-il notamment déclaré.

Selon les statistiques du HCR, il y avait 457.000 réfugiés somaliens dans le monde en 2007. Depuis le mois de février 2007, des affrontements dans la capitale du pays, Mogadiscio, ont obligé plus de 850.000 personnes à fuir, dont 50.000 au cours des trois dernier mois. Plus d'un million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays.

Les Somaliens sont le deuxième plus grand groupe de demandeurs d'asile après les Iraquiens.

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée le 20 juin de chaque année.

 

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