L'Assemblée générale fait le point des progrès contre le sida

10 juin 2008

En dépit de progrès réels pour atteindre un tiers des personnes atteintes du VIH/sida dans le monde, les programmes restent sous-financés, avec un déficit de 8 milliards de dollars en 2007 et les discriminations continuent d'entraver l'accès aux malades, révèle un bilan présenté aujourd'hui devant l'Assemblée générale.

« La lutte contre le VIH/sida est fondamentale dans la recherche de « la dignité et de la valeur de la personne humaine ». Nous avons fait des progrès [?] mais ils n'ont pas été suffisamment rapides, a souligné le président de l'Assemblée générale, Srgjan Kerim, lors de son allocution d'ouverture d'une réunion de haut niveau sur le VIH/sida.

« Nous ne pouvons pas progresser dans la lutte contre la faim et la pauvreté quand des millions de personnes meurent chaque année du sida. De même, on ne peut pas avancer dans l'éducation universelle, quand il y a plus d'enseignants qui meurent du sida que de personnes qui sont formées pour enseigner. On ne peut pas non plus réaliser l'autonomisation des femmes, alors qu'elles sont les plus vulnérables par rapport à la maladie », a noté le président de l'Assemblée générale.

Ce dernier a appelé à continuer de s'intéresser particulièrement à la région de l'Afrique subsaharienne, où on dénombrait, en 2007, 68% des adultes vivant avec le VIH, 90% des enfants infectés et 76% des morts dus au sida dans le monde. Autre chiffre significatif, les femmes représentent désormais 61% des adultes infectés en Afrique, a encore précisé Srgjan Kerim.

Pour sa part, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé le contenu du rapport remis en son nom à l'Assemblée générale sur la question.

« À la fin de l'année dernière, 3 millions de personnes avaient accès au traitement antirétroviral dans les pays à bas et moyen revenus, leur permettant de vivre plus longtemps et d'avoir une meilleure qualité de vie. Toutefois l'année dernière, il y a eu 2,5 millions de nouvelles infections, plus de 2 millions de décès » a souligné le Secrétaire général qui à appeler à combler les lacunes.

Six décennies après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme , « il est choquant qu'il existe encore une discrimination envers ceux qui sont à haut risque, comme les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes ou qu'on stigmatise ceux qui vivent avec le sida », a-t-il dit.

Enfin, Peter Piot, directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), a regretté que plus de deux tiers des séropositifs n'aient pas accès à des médicaments antirétroviraux dans le monde.

Il a rappelé que 6.000 personnes meurent par jour dans le monde à cause du VIH/sida qui est la principale cause de décès en Afrique et la septième cause de décès dans le monde. Sur cinq personnes infectées, une seule personne pourra recevoir un traitement antirétroviral cette année, a-t-il fait remarquer. « Il est temps de s'attaquer à la vulnérabilité des femmes, à l'homophobie et à toutes les discriminations qui rendent difficile la gestion de ce problème ».

Peter Piot a indiqué que même si les fonds ont considérablement augmenté depuis la création du Fonds mondial, la réalité est que la réponse au VIH/sida demeure sous-financée puisqu'il manquait 8 milliards de dollars en 2007.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

La subordination des femmes un facteur de l'épidémie de VIH en Afrique

Des facteurs culturels comme la subordination des femmes joue un rôle dans la diffusion du VIH/sida en Afrique, conclut un nouveau rapport qui met en lumière l'entrave que pose l'épidémie au développement du continent.