Darfour : le Soudan ne coopère pas avec la Cour pénale internationale

6 mai 2008

Le Darfour entier est le théâtre de crimes perpétrés notamment par le gouvernement du Soudan, a prévenu le Procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, qui a demandé l'appui du Conseil de sécurité pour mettre fin à la protection des personnes inculpées.

Le Darfour entier est le théâtre de crimes perpétrés notamment par le gouvernement du Soudan, a prévenu le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, qui a demandé l'appui du Conseil de sécurité pour mettre fin à la protection des personnes inculpées.

Luis Moreno Ocampo a annoncé, lors d'un exposé de son rapport au Conseil de sécurité, qu'il présenterait aux juges de la CPI une nouvelle affaire, au mois de juillet. Cette troisième enquête porte, quant à elle, sur l'attaque de Haskanita attribuée aux rebelles.

Il a aussi plaidé contre l'impunité protégeant les auteurs d'atrocités de masse au Darfour inculpés par la CPI en avril 2007.

Il s'agit de Ahmad Harun, ancien ministre d'Etat de l'Intérieur, depuis nommé au poste de ministre des Affaires humanitaires et de Ali Kushayb, chef janjawid, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Le Procureur a souligné que de l'aveu même des autorités rien n'était fait pour juger ces individus.

« J'informe le Conseil de sécurité que le gouvernement du Soudan ne coopère par avec le Tribunal », a-t-il affirmé, rapportant « qu'il n'y a eu aucune amélioration depuis le mois de décembre ».

« Des crimes de masses continuent d'être commis au Darfour. Les jeunes filles sont victimes de viol. Les enfants meurent dans le bombardement de leurs écoles. La région du Darfour dans sa totalité est le théâtre de crimes. Malgré les promesses et les dénégations, au cours des cinq dernières années, des millions de civils ont été visé par des représentants des autorités qui ont promis de les protéger », a-t-il ajouté.

Ce dernier a rappelé qu'une rébellion avait lieu dans le pays, mais que l'attaque d'écoles et des populations civiles n'était pas « une erreur » ou des « dommages collatéraux », mais des crimes volontaires, puisque selon Ahmad Harun lui-même, « le peuple du Darfour est l'ennemi ».

Ahmed Harun, a accusé le Procureur, continue d'attaquer les camps.

En tant que ministre des Affaires humanitaires, il continue à obstruer l'aide et en tant que membre du Comité de supervision de la MINUAD, il continue à empêcher le déploiement des soldats de la paix et des agents humanitaires. En tant que membre du Comité NCP-SPLM, il a été envoyé à Abyei pour diriger les combats et la ville a été rasée, en provoquant le déplacement de 50 000 personnes, a souligné le Procureur de la CPI.

 

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