Assemblée générale : Premier débat sur le concept de 'sécurité humaine'

23 mai 2008

L'Assemblée générale a débattu, hier pour la première fois, de la définition du concept de « sécurité humaine » et de la pertinence de son intégration dans les textes relatifs aux trois piliers du travail des Nations Unies, à savoir le développement, la sécurité et les droits de l'homme.

Le président de l'Assemblée, Srgjan Kerim, a estimé d'emblée que ce concept doit être placé de toute urgence au centre d'une nouvelle culture des relations internationales.

« Dans notre monde qui est de plus en plus interdépendant, il importe plus que jamais d'adopter et de mettre en œuvre les principes de la sécurité humaine, du droit international et de la coopération multilatérale, des droits de l'homme, de la responsabilité de protéger ainsi que la protection de l'environnement et le développement durable, » a estimé M. Kerim.

Le Prince El-Hassan Bin Talal de la Jordanie a averti, dans son allocution liminaire, qu'il importe de réfléchir aux solutions qu'il faudra apporter aux problèmes d'une planète qui comptera 9 milliards de personnes en 2050. « Une bonne définition juridique de la sécurité humaine exige d'abord une pleine compréhension des menaces qui pèsent sur l'humanité, » a-t-il estimé

« Quand on parle de sécurité humaine, on parle de traumatisme et de peur, celle des millions d'enfants traumatisés par un aspect ou l'autre de leur vie. Que l'on parle de sécurité humaine, de solidarité humaine, d'éthique de la solidarité ou d'un nouvel ordre humanitaire, nous parlons des moyens d'atténuer chez les plus vulnérables d'entre nous, les effets des catastrophes, des pandémies et des conflits, » a-t-il souligné.

Le Prince El-Hassan Bin-Talal a notamment signalé que la crise alimentaire et la répartition inéquitable des ressources humaines continueront d'avoir un impact négatif sur la sécurité humaine, de même que les problèmes liés aux changements climatiques et à une dépendance trop forte au pétrole étranger.

Il a également attiré l'attention sur l'instabilité macroéconomique et les craintes relatives à l'instabilité des taux de change et des flux de capitaux, et a estimé que la culture devait être une composante essentielle du dialogue politique.

« L'incompréhension entre les cultures et l'absence d'un véritable échange culturel est une réelle source d'insécurité humaine, » a-t-il signalé, avant de demander aux Nations Unies de créer une instance de coordination afin d'exploiter tout le potentiel des initiatives qui sont prises sur cette question dans le monde.

Au cours du débat plusieurs délégations ont mis en garde contre un élargissement trop grand du concept de la sécurité humaine. Le représentant de l'Inde a notamment estimé qu'il faut se méfier de cette tendance qui consiste à accoler le mot « sécurité » à tous les domaines d'activités. « Si ce concept inclut tout, alors il n'inclut plus rien, » a-t-il averti, tandis que son homologue du Brésil a questionné quelle valeur ajoutée le concept de sécurité humaine apporterait aux instruments actuels de protection des droits de l'homme.

Le travail de définition du concept de sécurité humaine avait été demandé par les chefs d'État et de gouvernement lors du Sommet mondial de 2005.

Il existe déjà un Fonds d'affectation spécial de la sécurité humaine, lancé en mars 1999, ainsi qu'un Groupe des Amis de la sécurité humaine, créé en octobre 2006.

 

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