Arbour : La crise alimentaire risque d'entraîner une violation généralisée des droits de l'homme

22 mai 2008
Louise Arbour, ex-Haut Commissaire aux droits de l’homme, fait partie des lauréats du Prix des droits de l'homme de l'ONU.

Dans un discours prononcé aujourd'hui à Genève à l'occasion de la session spéciale du Conseil des droits de l'homme sur la crise alimentaire, Louise Arbour, la Haut Commissaire aux droits de l'homme a engagé les Etats à se pencher sur les dimensions à long terme que revêt la crise alimentaire en matière de respect des droits de l'homme.

Dans un discours prononcé aujourd'hui à Genève à l'occasion de la session spéciale du Conseil des droits de l'homme sur la crise alimentaire, Louise Arbour, la Haut Commissaire aux droits de l'homme a engagé les Etats à se pencher sur les dimensions à long terme que revêt la crise alimentaire en matière de respect des droits de l'homme.

« Si l'on ne répond pas à la crise alimentaire actuelle en prenant en compte les droits des membres les plus marginalisés de la société, un effet d'entrainement risque d'aggraver la crise et de mettre en péril d'autres droits fondamentaux, notamment le droit à la santé et à l'éducation, » a-t-elle averti, remarquant que de nombreuses personnes risquent de se passer des nécessités de base pour nourrir leur famille.

Selon la Haut Commissaire, la crise actuelle est le résultat d'une « convergence perverse de plusieurs facteurs, y compris des distorsions entre les réserves et la demande, des règles commerciales injustes, ainsi que des mesures politiques faussées, y compris les mesures d'incitations ou les subventions. »

Elle a averti qu'un cercle vicieux à long terme risque de se propager, alliant discrimination et faim et renforçant « le schéma enraciné d'exclusion et de discrimination qui empêche les plus vulnérables de faire valoir leur droit d'obtenir de la nourriture.» « L'accès à une nourriture adéquate est un droit protégé par le droit international, » a-t-elle rappelé.

La Haut Commissaire a également relevé que dans certaines parties du monde, les catastrophes naturelles ou des mesures politiques « erronées », et parfois l'amalgame des deux, n'ont fait qu'exacerber des situations déjà critiques, les transformant en catastrophes pour les populations les plus pauvres et les plus marginalisées.

« Les populations les plus touchées devraient participer pleinement à l'élaboration de solutions visant à enrayer la crise, » a-t-elle également estimé.

Pour Louise Arbour, « la nature de cette crise transcende les frontières nationales. Elle exige des mesures concertées de la part des Etats pour rectifier les iniquités qui ont contribué à cette situation d'urgence et qui menacent à présent de la faire perdurer. »

 

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