Le nouveau Rapporteur sur l’alimentation veut une session spéciale du Conseil des droits de l’homme

2 mai 2008

Le nouveau Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, a exprimé ce matin le souhait que le Conseil des droits de l’homme se réunisse en session extraordinaire sur la question de la crise alimentaire mondiale.

« Le droit à l’alimentation est absent » des stratégies mises en place pour lutter contre les effets de la crise actuelle, a regretté Olivier De Schutter ce matin lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York.

« Il faut introduire dans le débat le droit humain à une alimentation adéquate, en mettant de côté les opinions politiques », a-t-il expliqué.

Le nouveau Rapporteur spécial sur le droit l’alimentation, qui a remplacé hier Jean Ziegler, a déclaré qu’il souhaitait une session spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU afin d’encourager la mise en oeuvre des recommandations qui ont déjà été faites.

Il faut en effet une réponse internationale à la crise, qui inclue dans ses stratégies le droit à l’alimentation.

Si les mesures d’urgence, comme la distribution de l’aide humanitaire, est bien sûr souhaitable, a affirmé Olivier De Schutter, il faut aussi s’intéresser aux causes structurelles d’une crise qui touche particulièrement les pays en développement et notamment ceux qui importent une grande partie de leur nourriture.

Selon lui, ces causes, qui sont au nombre de cinq, pourraient être traitées par certaines mesures spécifiques.

Tout en qualifiant « d’irresponsable » la poursuite d’une politique de production de biocarburants, il a demandé un gel immédiat des nouveaux investissements dans ce secteur, tout en appelant à des discussions « ouvertes » et « transparentes » sur l’actuel niveau de production ainsi que des recherches plus avancées sur le sujet.

Le Rapporteur spécial a aussi plaidé pour davantage d’investissements dans le secteur agricole des pays en développement, un secteur qui souffre du sous-investissement depuis de nombreuses années.

Le régime du commerce international doit également être revu, et « le Cycle de Doha doit réussir », a insisté Olivier De Schutter, qui a ensuite pointé du doigt l’extrême concentration qui caractérise la production et la distribution alimentaires. Il a souhaité établir un dialogue avec les grandes corporations du secteur afin de les encourager à agir de manière « responsable ».

Enfin, la spéculation sur les denrées alimentaires de base a récemment connu une croissance très importante, a-t-il ajouté, en recommandant qu’une régulation particulière soit mise en place.

 

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