L'Instance permanente sur les questions autochtones se penche sur les changements climatiques

21 avril 2008

Dans un message vidéo adressé ce matin aux participants de la 7ème session de l'Instance permanente sur les questions autochtones, le Secrétaire général a salué le choix des changements climatiques comme thème spécial.

« Les peuples autochtones vivent dans de nombreuses zones parmi les plus diverses biologiquement. Comme gardiens de ces terres, ils ont accumulé un grand savoir sur l'impact de la dégradation de l'environnement, notamment le changement climatique », a déclaré Ban Ki-moon.

« Ils connaissent les conséquences économiques et sociales, et ils peuvent et doivent jouer un rôle dans l'action mondiale », a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU aujourd'hui, Victoria Tauli-Corpuz, la présidente de l'Instance permanente sur les questions autochtones, s'est félicitée de l'affluence « sans précédent » enregistrée lors de cette rencontre, dont les travaux ont commencé aujourd'hui avec, notamment, un discours d'ouverture du président bolivien Evo Morales.

En effet, quelque 3.300 participants sont réunis pendant deux semaines pour discuter notamment du thème « Changements climatiques, diversité bioculturelle et moyens d'existence : le rôle de gardien des peuples autochtones et les nouveaux défis à relever ».

Victoria Tauli-Corpuz a spécialement abordé la question des biocarburants, une mesure d'atténuation des effets des carburants sur le climat qui, selon un rapport de l'Instance, aurait des conséquences sur les populations autochtones et leurs terres ancestrales (webcast).

La conversion de terres en terrains de culture pour biocarburants a provoqué dans certains cas des déplacements de populations autochtones, a-t-elle expliqué, en citant le cas de l'Indonésie, de la Malaisie, du Brésil et du Mexique.

La mise en place de systèmes d'énergie renouvelable, comme les barrages, ont pu aussi parfois affecter ces populations, a-t-elle ajouté.

La présidente de l'Instance permanente sur les questions autochtones a souligné la nécessité de prendre en compte le savoir ancestral dans l'action contre le changement climatique.

« Nous avons vécu ces dernières décennies comme une espèce déconnectée de la nature », a regretté par ailleurs Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, qui participait à la conférence de presse.

Rappelant le lien étroit entre diversité biologique et diversité culturelle, il a rappelé le danger de disparition que courent de nombreuses langues parlées dans le monde, une question que la session de l'Instance a également inscrite à l'ordre du jour.

A l'occasion de l'Année internationale des langues qui a débuté il y a quelques mois, l'UNESCO avait affirmé que plus de 50% des 7.000 langues parlées dans le monde aujourd'hui risquaient de disparaître dans quelques générations.

La Convention sur la diversité biologique, a rappelé Ahmed Djoghlaf, qui souhaite la nommer `Convention sur la vie sur la terre´, contient un article qui souligne le besoin de promouvoir et de préserver les connaissances traditionnelles.

Or, « il s'agit d'un instrument juridiquement contraignant », a-t-il rappelé en informant que 190 pays en étaient signataires.

La session, qui s'est particulièrement penchée sur la zone Pacifique, a rappelé la vulnérabilité de ces pays.

Fiu Elisara, directeur général de la Société Ole Siosiomaga Incorporated de Samoa, a déclaré lors de la conférence que la question du changement climatique est une question « de vie ou de mort » pour la plupart des habitants du Pacifique, où certains petits États insulaires sont menacés de disparition. « Un seul cyclone pourrait suffire à détruire toute notre économie », a-t-il affirmé.

Pourtant, seulement 10 pays de la région ont adopté la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, a-t-il regretté, en expliquant que beaucoup d'entre eux avaient fait l'objet de pressions.

La Déclaration a été adoptée par l'Assemblée générale le 13 septembre dernier, après vingt ans de travaux (dépêche du 13.09.2007).

 

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