À Accra, Ban Ki-moon appelle les pays riches à se débarrasser de politiques agricoles « obsolètes »

21 avril 2008

La douzième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XII) a ouvert aujourd'hui ses portes à Accra, au Ghana, sur le thème « perspectives et enjeux de la mondialisation pour le développement » qui sera centrée sur la crise alimentaire mondiale qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l'Afrique.

« Il est temps que les pays les plus riches » revoient « leurs politiques obsolètes de subventions agricoles », a souligné le Secrétaire général de l'ONU.

« Si nous ne pouvons pas nous débarrasser, pendant cette crise alimentaire, de ces vestiges d'un autre temps, quand le pourrons-nous? » s'est-il demandé.

Le Cycle de Doha doit aboutir, a déclaré le Secrétaire général. Par aboutir, a-t-il précisé, « j'entends au minimum permettre aux pays à faible revenu d'exporter leurs biens et services agricoles et non agricoles sur des marchés nouveaux et importants ». Le Secrétaire général a reconnu que de nombreux pays font face à des choix difficiles. La première fonction de tout gouvernement est, bien sûr, de nourrir sa population, mais il faut rester sourd aux sirènes du protectionnisme, a-t-il prévenu.

Les marchés internationaux des céréales doivent rester libres et fonctionner sans entrave. Les guerres protectionnistes qui s'engagent sur les marchés des denrées alimentaires ne profitent, à long terme, à personne. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement est peut-être notre meilleur espoir de collaborer dans le cadre d'un partenariat mondial en faveur du développement, a-t-il estimé.

Le Secrétaire général n'a pas caché ses inquiétudes face à « l'urgence » qui existe dans le domaine du développement. Dans 142 pays, les pauvres sont certes entraînés par la croissance mondiale de l'économie, mais dans 50 autres pays, qui sont les plus pauvres parmi les pauvres, il n'en va pas de même, a-t-il déploré.

La crise du développement, a-t-il poursuivi, se manifeste de bien des manières. Au premier plan de l'actualité, il y a la flambée des prix des denrées alimentaires. Cette année, le Programme alimentaire mondial (PAM), qui compte nourrir 73 millions de personnes, a besoin de 755 millions de dollars supplémentaires. Ce « tsunami » de la faim n'est pas l'événement d'un jour. Il va poursuivre sa course et risque de provoquer des dégâts dévastateurs, a prévenu M. Ban Ki-moon.

À long terme, il faut augmenter la production agricole, et, selon les experts, il n'y a aucune raison pour que l'Afrique ne connaisse pas une « révolution verte ».

Le Secrétaire général s'est ainsi réjoui de ce que la Banque mondiale compte augmenter l'enveloppe des crédits agricoles versés à l'Afrique pour la faire passer de 400 à 800 millions de dollars en 2009, ce qui constituera la première étape du « New Deal » approuvé par les États membres des institutions de Bretton Woods lors de leur dernière réunion de printemps.

Il s'est aussi félicité d'une aide de 200 millions de dollars octroyée par les États-Unis et de la volonté du G-8 de faire figurer la crise alimentaire mondiale parmi ses priorités.

L'ONU doit se pencher sur la façon de remplacer l'aide alimentaire classique par une aide à la production alimentaire, qui vise à renforcer les capacités locales et nationales dans le domaine de l'agriculture, a dit M. Ban Ki-moon. Sauf à repenser nos stratégies, en dépassant le discours stérile qui consiste à dire que « nous devons redoubler d'efforts », nous trahirons nos engagements à l'égard de millions de pauvres, a-t-il prévenu.

 

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