Le Rapporteur spécial sur la liberté de religion préoccupée par l'impunité en Inde

20 mars 2008

Asma Jahangir, le Rapporteur spécial sur la liberté de religion et de croyance auprès du Conseil des droits de l'homme, a achevé aujourd'hui à Delhi une visite en Inde, pays caractérisé par une vaste diversité religieuse.

Asma Jahangir a salué « l'impact positif » de la notion de sécularisme indien consacré par la constitution fédérale, et rappelé que les États fédéraux avaient d'importants pouvoirs en la matière, ce qui créait des disparités.

Elle a souligné que si nombre de ses interlocuteurs reconnaissaient le cadre juridique de protection des droits, ils étaient peu satisfaits de sa mise en œuvre.

« De façon générale, les Indiens respectent la diversité de religion et de croyance, mais des groupes organisés fondés sur des idéologies religieuses ont fomenté des mouvements de foule dans de nombreux régions du pays. Les autorités sont souvent réticentes à agir contre les individus ou les groupes qui commettent des violences au nom de la religion ou des croyances », a souligné Asma Jahangir, qui a dénoncé « l'impunité institutionnalisée » à l'égard de ceux qui font régner la terreur contre les minorités et les plus vulnérables.

Elle cite notamment des attaques contre les sections les plus vulnérables de la communauté hindoue.

Ainsi, dans l'Uttar Pradesh, des rapports font part de violences et de viols lors de mariages entre castes ou entre personnes de religions différentes.

Dans le département de Kandhamal, dans l'Orissa, des violences ont visé les chrétiens parmi les communautés Dalit et tribales, malgré l'avertissement lancé auprès de la police.

Dans l'État du Gujarat, les violences de 2002 à Godhra qui avaient fait plus de mille morts parmi les Musulmans, avaient été précédées de 443 incidents importants entre 1970 et 2002. De nombreux témoins ont fait part de l'inaction ou même de la complicité du gouvernement local.

Asma Jahangir a encore dénoncé la lenteur des enquêtes sur les massacres commis en 1984, en 1992 et en 2002. Ainsi, le mouvement qui a causé la démolition de la mosquée Babri Masjid à Ayodhya en 1992, a bénéficié cette année d'une 44ème prorogation pour conclure ses travaux.

« Il existe un risque important que de tels incidents se reproduisent aujourd'hui », a-t-elle prévenu.

Par ailleurs, de nombreux musulmans ont été arrêtés sur le fondement erroné d'activités terroristes.

Enfin, le Rapporteur spécial a fait part de son inquiétude à l'égard des « lois anti-conversions » dans plusieurs États, et des préoccupations soulevées par les sikhs, les bouddhistes, les jaïnistes et les athées.

 

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