Myanmar : Ibrahim Gambari relativement « déçu » par les résultats de sa dernière visite

18 mars 2008
Mr. Gambari

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Myanmar, Ibrahim Gambari, a décrit aujourd'hui devant le Conseil de sécurité les consultations menées dans le pays du 6 au 10 mars. Si elles n'ont pas donné de « résultat concret immédiat », a-t-il regretté, elles s'inscrivent néanmoins dans un dialogue croissant avec les autorités et l'opposition.

« Je ne me suis jamais fait d'illusions sur le fait que le processus d'engagement serait une partie de plaisir. Mes entretiens avec mes interlocuteurs ont été difficiles, complexes, frustrants, mais ils sont croissants et ils se poursuivent. C'est la nature du rôle de bons offices du Secrétaire général », a déclaré Ibrahim Gambari devant le Conseil de sécurité.

Ce dernier s'est dit reconnaissant d'avoir pu mener « la plupart des entretiens sollicités », notamment avec le gouvernement, et, par deux fois, avec Daw Aung San Suu Kyi.

« Je regrette de n'avoir pu rencontrer les hauts dirigeants du gouvernement et d'autres parties, notamment le groupe « Génération 88 », les parlementaires élus en 1990 et les représentants des minorités ethniques », a dit le Conseiller spécial.

« De plus, alors que chacune de mes précédentes visites avait conduit à des résultats sources de progrès, il est décevant que cette dernière visite n'ait pas donné de résultat concret immédiat », a-t-il estimé.

Le Conseiller spécial a indiqué avoir néanmoins pu formuler des propositions afin de rendre « plus crédibles » le référendum constitutionnel du mois de mai prochain et les « élections multipartites » qui doivent se tenir d'ici à 2010, notamment en offrant l'assistance des Nations Unies.

Pour l'instant le gouvernement a dit avoir « suffisamment d'expérience » en la matière, a-t-il rapporté.

Ibrahim Gambari a rappelé qu'il s'agira des premières élections depuis 20 ans, dans un pays qui connaît depuis 60 ans une lutte armée avec de multiples groupes sur son territoire. Si ces groupes ont convenu d'un cessez-le-feu, a-t-il ajouté, ils doivent maintenant trouver le moyen de prendre part à la transition politique du pays.

Au plan économique, il a expliqué que le gouvernement impute le manque de progrès dans ce domaine au maintien des sanctions internationales.

Ibrahim Gambari a engagé les autorités à forger dès maintenant les outils socio-économiques qui lui permettront d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

En conclusion, le Conseiller spécial a estimé que sa visite devait être considérée au regard de l'évolution de ces deux dernières années : il y a deux, il n'y avait pas de dialogue de haut niveau avec les Nations Unies, et il y a six mois, il n'y avait pas de mécanisme pour promouvoir le dialogue entre le gouvernement et Daw Aung San Suu Kyi.

 

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