Somalie : l'ONU suggère plusieurs scénarios préalables à une mission de maintien de la paix

18 mars 2008

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la Somalie, le Secrétaire général suggère une série de recommandations en vue de l'adoption d'une stratégie « intégrée et cohérente », préalable au déploiement éventuel d'une mission de maintien de la paix dans le pays.

« L'objectif stratégique primordial des Nations Unies en Somalie est de contribuer à améliorer les conditions de vie des Somaliens en mettant fin au conflit violent et en posant les fondations d'une paix durable. C'est cet objectif qui est le fondement du plan d'intervention stratégique intégré et qui détermine l'organisation des capacités des Nations Unies », explique le rapport du Secrétaire général rendu public aujourd'hui.

Au cours des quatre derniers mois, soit la période considérée dans le rapport, la situation politique a changé en Somalie avec la formation d'un nouveau gouvernement et son transfert de Baidoa à la capitale Mogadiscio.

Le Premier ministre Hussein, qui a manifesté l'intention d'engager un véritable dialogue avec tous les Somaliens, a aussi déclaré publiquement que son gouvernement entendait rétablir la sécurité, respecter la liberté de la presse et promouvoir la réconciliation nationale.

Mais la situation sécuritaire, si elle dépend des régions, reste toujours préoccupante car « volatile ». Les conditions dans le nord sont cependant « relativement meilleures » que dans le sud et le centre, note le rapport.

A la suite de l'intensification des combats entre le gouvernement fédéral de transition et les éléments antigouvernementaux, près de 300.000 personnes ont quitté Mogadiscio depuis la fin d'octobre 2007.

Au total, environ 700.000 personnes auraient quitté la capitale et ses environs en 2007, la grande majorité fuyant la « zone de guerre » de la capitale pour se retrouver dans la « zone de famine » du Bas-Chébéli et du Moyen-Chébéli, où du fait des mauvaises récoltes et de pluies erratiques, le prix des denrées alimentaires a atteint un niveau record et la malnutrition a atteint ou dépassé le seuil d'urgence (15%).

Des facteurs régionaux et internationaux d'instabilité, comme la prolifération d'armes, « l'utilisation potentielle de la Somalie comme théâtre pour une guerre entre l'Éthiopie et l'Érythrée par alliés interposés » et la menace constante inhérente aux actes de piraterie qui entravent l'acheminement des fournitures humanitaires, compliquent la situation interne du pays.

Certaines informations, non confirmées, font par ailleurs état de la présence de cellules internationales de terroristes dans le pays, encouragées par l'instabilité qui y règne, selon le rapport.

Afin d'élaborer une stratégie cohérente pour la Somalie à l'échelle du système des Nations Unies, deux missions ont été menées au cours de la période étudiée, une dirigée par le Département des affaires politiques (DAP), l'autre par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP).

L'équipe interorganisations dirigée par le DAP a procédé à une évaluation stratégique qui présente une analyse collective des causes et des conséquences du conflit, définit des mesures prioritaires à prendre pour instaurer la paix et formule des recommandations en vue de l'adoption d'une stratégie intégrée et cohérente, commune à l'ensemble des organismes des Nations Unies, à l'égard de la Somalie.

De son côté, une mission interdépartementale d'information dirigée par le DOMP a été organisée dans la région du 7 au 25 janvier 2008 pour consulter les parties prenantes et évaluer les conditions de sécurité sur le terrain en vue de présenter des recommandations sur les autres formes de soutien que l'Organisation des Nations Unies pourrait apporter à la Mission de l'Union africaine en Somalie.

Les deux missions, complémentaires, visaient à définir des orientations stratégiques générales en se fondant sur les apports de tous les éléments du système des Nations Unies, ainsi qu'à étudier le déploiement éventuel d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies.

« Conjointement, les deux documents offrent une base à partir de laquelle on pourra définir une stratégie globale des Nations Unies pour la paix et la stabilité en Somalie », indique le rapport, qui apporte en annexe les recommandations des deux missions.

Le DPA recommande, entre autres choses, l'intégration des trois éléments stratégiques de la structure du système de l'ONU en Somalie, soit le politique, la sécurité et les programmes, et appelle au renforcement des capacités du Bureau politique ainsi que de l'Équipe de pays des Nations Unies en Somalie.

Une autre recommandation concerne le transfert du siège du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie et de l'équipe de pays des Nations Unies de Nairobi, au Kenya, vers le sud et le centre de la Somalie, « une condition préalable indispensable à l'exécution du plan d'intervention intégré ».

Il faut aussi assurer la création de conditions favorables pour le retrait des forces étrangères tout en évitant que ne se crée un vide sécuritaire et aider au renforcement des capacités somaliennes en matière de sécurité, affirme le rapport, car « grâce aux progrès qui auront été réalisés sur le plan politique et dans le domaine de la sécurité, les conditions d'accès et les autres facteurs qui sont déterminants pour les opérations humanitaires et les activités de relèvement et de développement s'amélioreront ».

La mission d'information dirigée par le DOMP a, de son côté, élaboré quatre scénarios, ainsi que des plans conditionnels, en vue de préparer le terrain pour le déploiement d'une éventuelle opération de maintien de la paix des Nations Unies.

 

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