Arménie : « les droits fondamentaux ne peuvent être suspendus », rappelle Louise Arbour

3 mars 2008

Alors que plusieurs personnes sont mortes samedi au cours des manifestations qui ont suivi les élections en Arménie, Louise Arbour, la Haut Commissaire aux droits de l'homme, a rappelé au gouvernement son obligation de respecter les droits fondamentaux de l'opposition politique.

« La Haut Commissaire est particulièrement inquiète au sujet d'informations faisant état de l'usage de la force contre des manifestants pacifiques et de l'arrestation d'opposants politiques », indique un communiqué publié hier à Genève.

Selon ces informations, huit personnes seraient mortes et de nombreuses personnes auraient été blessées, samedi dernier, dans la capitale Erevan.

Alors que le gouvernement a décrété l'état d'urgence, Louise Arbour « appelle les autorités à exercer la plus grande retenue et à s'assurer que le processus légal soit suivi dans le cas de détentions », indique le communiqué.

L'Arménie est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a rappelé la Haut Commissaire aux droits de l'homme. A ce titre, « les droits fondamentaux – comme le droit à la vie et l'interdiction de la torture et d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants – ne peuvent être suspendus », a-t-elle insisté.

Les restrictions légales de ces droits doivent être proportionnées et s'appliquer uniquement, dans leur étendue et leur durée, aux circonstances.

Selon la presse, Levon Ter-Petrossian, ancien président du pays et candidat malheureux aux élections présidentielles du 19 février dernier, conteste les résultats d'un scrutin qu'il qualifie d'irrégulier. Samedi matin, les forces de l'ordre ont dispersé des milliers de participants et procédé à l'arrestation de partisans de Levon Ter-Petrossian. Le président Robert Kotcharian a imposé l'état d'urgence jusqu'au 20 mars.

Si le calme est revenu hier dans la capitale, a indiqué la même presse, l'opposition attend l'examen, la semaine prochaine, du recours déposé à la Cour constitutionnelle en vue de l'annulation du scrutin, validé par les observateurs internationaux.

 

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