Nouvelle-Orléans : les experts de l'ONU demandent aux autorités d'intervenir en faveur du logement de la communauté afro-américaine

28 février 2008

Après avoir reçu des informations sur la démolition de logements sociaux à la Nouvelle-Orléans, le Rapporteur spécial de l'ONU sur le logement convenable, Miloon Kothari et l'Expert indépendant sur les questions relatives aux minorités, Gay McDougall, ont demandé au gouvernement des États-Unis de mettre fin aux évictions et de protéger les droits fondamentaux des Afro-Américains qui ont été touchés par le cyclone Katrina en Louisiane, dans le sud du pays, en 2005.

« Nous demandons au gouvernement fédéral et aux autorités de l'État et locales d'arrêter immédiatement la démolition des logements sociaux à la Nouvelle-Orléans », ont déclaré les deux experts aujourd'hui.

Quelque 5.000 familles, qui avaient été déplacées par le cyclone Katrina, sont concernées par des démolitions qui ont commencé le 18 février dernier, sous la direction du Département américain du logement et du développement urbain.

Si les experts disent comprendre la volonté de remplacer les logements existants, ils pensent que les nouveaux logements, qui ne seront pas construits avant une longue période, ne pourront pas non plus loger tous ceux qui ont dû quitter leur logement antérieur.

« Ces démolitions vont en fait priver des milliers de résidents Afro-Américains de leur droit à un retour dans un logement dont ils ont été chassés par le cyclone », affirment Miloon Kothari et Gay McDougall.

Si, disent les deux experts, les autorités refusent de parler de discrimination, « l'absence de consultation avec les personnes concernées et l'impact disproportionné sur les résidents les plus pauvres et majoritairement Afro-américains déboucheraient sur un « déni de leurs droits humains internationalement reconnus ».

L'impossibilité, pour les anciens occupants des logements sociaux, de retourner dans les logements qu'ils occupaient avant le cyclone Katrina équivaudrait, en pratique, à une éviction de ceux qui sont revenus ou souhaitent revenir, ont-il argumenté, avant de rappeler que le droit à un niveau de vie suffisant, tel qu'il est consacré dans la Déclaration universelle des droits de l'homme , inclut le droit à un logement convenable.

Le 17 décembre dernier, les deux experts indépendants ont fait parvenir une lettre au gouvernement américain, dans laquelle ils lui font part de leur préoccupation et demandent des informations supplémentaires sur les allégations reçues.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.