TSSL : le procès de Charles Taylor en bonne voie à La Haye

22 janvier 2008

Le procès de Charles Taylor qui se déroule à La Haye a commencé avec l&#39audition de nombreux témoins et experts à l&#39appui des charges liant l&#39ancien président libérien aux crimes commis en Sierra Leone, a déclaré aujourd&#39hui le Procureur du Tribunal lors d&#39une conférence de presse à New York.

« Il y a eu de grands progrès et nous pensons respecter le calendrier de 11 à 12 mois pour l'exposition des éléments à charge et à défense de l'ancien président libérien », a déclaré Stephen Rapp, Procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

« Il s'agit d'un procès historique en ce qu'il manifeste la fin de l'impunité, y compris aux niveaux les plus élevés. L'arrestation et le transfert de Charles Taylor à la place d'un exil confortable a montré à de nombreuses personnes à travers le monde que ceux qui commettent des crimes affronteront la justice ».

« Le défi reste d'arriver à juger les criminels de façon suffisamment rapide et publique », a dit Stephen Rapp. C'est le cas notamment pour le jugement à La Haye, à 5.000 km du Tribunal à Freetown, a-t-il expliqué, ajoutant que des efforts de publicisation importants étaient faits.

Un sondage sur 10.000 personnes en Sierra Leone a montré que 90% des gens avaient entendu parler du Tribunal et 90% estimaient qu'il constituait un élément de stabilité dans le pays. C'est aussi l'avis du président Ernest Bai Koroma, a-t-il dit.

Les audiences sont transmises par webcast sur le site du Tribunal ainsi que sur le site « charlestaylortrial.org » qui contient des résumés et des transcripts des audiences.

Stephen Rapp a indiqué qu'il se trouvait aux États-Unis pour une réunion des États membres du Comité directeur du Tribunal, concernant sa gestion, et pour lever des contributions volontaires. Le Canada a annoncé une contribution de 5 millions de dollars. Le Congrès américain a voté le 26 décembre une loi approuvant une contribution de 12,5 millions de dollars pour le TSSL.

Le Procureur du TSSL a évoqué la question de la protection des témoins qui peuvent craindre des actes de vendetta y compris contre leurs proches et leurs enfants. Stephen Rapp a précisé que l'anonymat des témoins s'appliquait aux relations avec le public. L'accusé et sa défense doivent connaître son identité, au moins 42 jours avant sa comparution, a-t-il expliqué.

Le TSSL a donc un programme de réinstallation des témoins, à l'intérieur du pays ou même à l'extérieur du pays et de la région.

« Le but de ce jugement est de parvenir à la justice, à l'égard de quelqu'un qui est accusé de terrorisme à l'égard des civils. Les hommes de Charles Taylor ne ciblaient pas une armée mais visaient à soumettre une population par la terreur. Les crimes mentionnés dans l'acte d'accusation comprennent le meurtre, l'extermination, les punitions collectives, le viol, l'esclavage sexuel, les mutilations et amputations, le pillage et le recrutement d'enfants de moins de 15 ans ».

« C'est vraiment un procès historique qui lie un individu qui, à notre connaissance, n'a jamais mis les pieds en Sierra Leone, et c'est un grand défi », a dit Stephen Rapp.