Kosovo : le Conseil de sécurité profondément divisé sur le rôle qui lui est dévolu

16 janvier 2008

Le président de la Serbie a appelé aujourd&#39hui directement le Conseil de sécurité à ne pas « encourager et adopter des mesures tendant à l&#39indépendance unilatérale du Kosovo », alors que les Etats-Unis ont estimé que le Conseil était « bloqué » sur cette question.

Lprésident Serbe, Boris Tadic, s'est exprimé aujourd'hui à New York lors d'un exposé au Conseil de sécurité du Représentant spécial Joachim Rückert, consacré au dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) (dépêche du 3.01.2008).

Joachim Rückert a estimé devant la presse à l’issue de la réunion que les institutions du Kosovo étaient prêtes pour la phase suivante. Il a indiqué que la MINUK avait accompli ce qui était en son pouvoir et qu’en ce qui concerne les normes imposées par les Nations Unies, on ne pouvait pas faire plus si le statut final du Kosovo n’était pas réglé.

« La reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo créerait sans aucun doute un précédent », a-t-il affirmé, rappelant que la Charte des Nations Unies garantissait le principe de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États internationalement reconnus », « ce qui est le cas de la Serbie ».

Se déclarant prêt à poursuivre des négociations, à Belgrade, Pristina ou « tout autre endroit que les Nations Unies jugeraient approprié », le Premier ministre a prévenu contre le risque de « conséquences imprévisibles pour d'autres régions touchées par des problèmes de séparatisme ethnique ».

Boris Tadic a souligné à nouveau que la Serbie ne recourrait pas à la force et qu'elle aurait recours au droit international pour contester une déclaration d'indépendance de sa région sous administration des Nations Unies depuis 1999.

A l'issue des consultations à huis clos qui ont suivi la réunion du Conseil, le Représentant des Etats-Unis, Zalmay Khalizad, a regretté aujourd'hui que « le Conseil de sécurité n'ait pas été autorisé à avancer » sur la question du Kosovo et de son statut final.

Il s'agit là d'une référence à la position, clairement exprimée par le passé, de la Fédération de Russie à l'encontre du plan de l'Envoyé de l'ONU, Martti Ahtisaari, qui prévoyait une indépendance du Kosovo sous supervision internationale. Ce plan a été rejeté par la Serbie et la Russie.

« Nous connaissons les positions de chacun. Il n'y a pas de changement à cet égard, et le Conseil est toujours bloqué ». « La solution définitive est l'intégration dans les institutions de l'Union européenne », a estimé Zalmay Khalizad.

« Nous entendons et nous respectons la position de la Serbie mais nous notons un désaccord entre ses dirigeants et ceux du Kosovo», a dit l'Ambassadeur. « Nous espérons que la Serbie agira avec sagesse et que cette question n'influencera pas de façon négative ses relations avec l'Union européenne et les États-Unis », a-t-il ajouté.

« Je crois que le rapport Ahtisaari est la seule solution et elle reste sur la table », a-t-il dit, estimant de nouveau « que rien n'indique qu'il reste un rôle pour le Conseil de sécurité sur cette question ».

 

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