Darfour : scénario `particulièrement inquiétant´ pour le début de l&#39Opération hybride

3 janvier 2008

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur le déploiement de l&#39opération hybride ONU/Union africaine au Darfour, le Secrétaire général rappelle que la Mission ne dispose pas des capacités aériennes nécessaires et que ses débuts seraient par conséquent « difficiles ».

« Dans sa phase initiale l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) n'aura encore qu'une capacité limitée pour avoir les effets attendus sur le terrain, et sur la vie de la population du Darfour », a affirmé Ban Ki-moon dans son rapport rendu public aujourd'hui.

Trois semaines avant le transfert officiel de l'autorité de la Mission de l'Union africaine au Darfour à la nouvelle mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine, le rapport indiquait que manquaient encore une unité de transport lourde et une moyenne, trois unités militaires d'aviation (18 hélicoptères) et une unité tactique légère (6 hélicoptères).

C'est encore le cas aujourd'hui (dépêche du 31.12.2007).

« Ces capacités sont indispensables, non seulement au déploiement de la MINUAD dans les délais prévus, mais aussi à la mise en oeuvre de son mandat », est-t-il souligné dans le rapport.

Par ailleurs, à la date du 19 décembre, le gouvernement soudanais n'avait pas encore communiqué sa réponse au sujet du déploiement de troupes thaïlandaises, népalaises et des pays nordiques.

Le rapport indique aussi que le dispositif d'appui initial a été déployé, avec 105 officiers, 33 conseillers politiques, 48 personnels civils et 36 systèmes GPS. Quant au dispositif d'appui renforcé qui a été déployé, il est composé de 2.250 personnels militaires, 301 conseillers de police, 3 unités de police et 1.136 personnels civils.

D'autres capacités « cruciales » devraient cependant être déployées d'ici la fin du mois de mars 2008, dont une entreprise de logistique du Bangladesh, une compagnie d'ingénierie et deux hôpitaux en provenance du Pakistan et du Nigéria.

« La mise en oeuvre du dispositif d'appui renforcé a été retardé en raison de la situation sécuritaire », indique le rapport, mais aussi des obstacles administratifs, des difficultés logistiques et des pays contributeurs de troupes.

Le Secrétaire général a donc regretté le progrès `modeste´ qui a été fait tout en rappelant que tous les efforts sont entrepris pour tirer le plus grand profit possible des ressources et des personnels présents sur le terrain.

Il a renouvelé son appel aux États Membres pour soutenir et compléter le déploiement de la Mission : « la communauté internationale ne peut pas se permettre de courir les risques liés à un déploiement d'une force faible au Darfour », a-t-il affirmé.

Ban Ki-moon a par ailleurs reconnu l'importance de travailler conjointement avec le gouvernement soudanais afin de résoudre rapidement les questions techniques complexes relatives au déploiement.

« Il semble que le gouvernement n'ait pas entièrement accepté le fait qu'une MINUAD forte et efficace contribuera à la stabilité à long terme au Darfour », a-t-il regretté.

 

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