Chypre : le Conseil de sécurité 'déçu' par le manque de progrès

7 décembre 2007

Face au dernier rapport du Secrétaire général rapportant une absence totale de progrès en vue d&#39un rapprochement à Chypre, le Conseil de sécurité a exprimé aujourd&#39hui sa déception et engagé les dirigeants chypriotes grecs et turcs à faire preuve de « courage » et de « souplesse ».

« Nous avons entendu un exposé sur la situation à l'approche des élections du mois de février et dans la mise en oeuvre de l'Accord du 8 juillet 2006 », a déclaré à la presse le président pour le Conseil pour le mois de décembre, Marcello Spatafora, de l'Italie, à l'issue d'un exposé à huis clos du Représentant spécial pour Chypre, Michael Moller.

« Le Conseil a exprimé sa déception face au manque de progrès et nous soutenons donc la position contenue dans le rapport du Secrétaire général selon laquelle dans les mois à venir il faudra 'de la bonne volonté politique, de la flexibilité, et du courage' pour aller au-delà des points de procédure et commencer à négocier sur le fond », a-t-il dit.

Le Conseil a aussi exprimé sa déception face aux entraves relatives au déminage, a dit Marcello Spatafora qui a estimé que le rapport du Secrétaire général « montrait plus de zones d'ombre que de lumière ».

« Ces six derniers mois, aucun progrès n'a été accompli dans la mise en oeuvre de l'accord du 8 juillet 2006, bien que les deux parties continuent de souscrire publiquement aux principes qui y sont énoncés, à savoir qu'un règlement global doit être fondé sur l'établissement d'une fédération bizonale et bicommunautaire et l'égalité politique », affirmait le Secrétaire général dans son rapport rendu public aujourd'hui.

On peut difficilement ne pas conclure « qu'un des principaux obstacles au progrès est le manque de volonté politique d'engager un véritable dialogue », y affirme Ban Ki-moon.

« Il faut que toutes les parties se montrent plus souples et fassent preuve d'un plus grand courage politique. Il est regrettable à cet égard que la rencontre tenue le 5 septembre entre les dirigeants des deux parties n'ait abouti à aucun résultat concret et ne constitue pour tous les Chypriotes qu'une occasion manquée ».

« Je me réjouis néanmoins que les dirigeants des deux parties aient formulé des propositions comprenant des mesures de confiance. L'application rapide de ces mesures contribuerait pour beaucoup à améliorer le climat sur l'île. J'engage également les deux parties à cesser de jeter le blâme sur l'autre, comme convenu par leurs dirigeants le 8 juillet 2006, en vue d'instaurer un climat propice au règlement de la situation », ajoute le Secrétaire général.

Le rapport estime « regrettable que le débat sur la levée de l'isolement des Chypriotes turcs soit devenu un débat sur la reconnaissance. La reconnaissance ou l'aide à la sécession serait contraire aux résolutions du Conseil de sécurité ».

« Il faudrait plutôt viser à assurer une plus grande parité économique et sociale entre les parties en favorisant le développement de la communauté chypriote turque de sorte que la réunification de l'île puisse avoir lieu sans heurt. Le maintien de liens économiques, sociaux, culturels, sportifs ou d'autre nature n'équivaut pas à la reconnaissance », souligne le document.

« Toutefois, ces liens profiteront à l'ensemble des Chypriotes en rétablissant la confiance et l'équilibre entre les parties, et en contribuant ainsi à la réunification de l'île. Il importe dès lors que toutes les parties concernées recentrent le débat et leur action en vue d'atteindre cet objectif crucial, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité ».

Je constate avec satisfaction que la partie chypriote turque a surmonté ses inquiétudes concernant le financement par l'Union européenne d'une zone tampon exempte de mines. Malgré ce progrès, il est décevant que les négociations relatives au protocole régissant le déminage ne se poursuivent pas à l'allure souhaitée. Je recommande donc instamment que cette question soit réglée dès que possible afin de concrétiser l'engagement qu'ont pris les Chypriotes turcs et les Turcs d'achever le déminage de la zone tampon, affirme le Secrétaire général dans son rapport.

 

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