Conseil de sécurité : grave préoccupation pour les populations Somali - John Holmes

6 décembre 2007

John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d&#39urgence de l&#39ONU, a présenté aujourd&#39hui au Conseil de sécurité un compte-rendu de son voyage dans la région &#39Somali&#39, en Éthiopie ainsi qu&#39en Somalie pour évaluer la situation humanitaire et discuter avec le gouvernement des risques d&#39une grave crise humanitaire.

« S'il n'a pas accepté l'analyse de l'Équipe des Nations Unies, le gouvernement a néanmoins accepté de mettre en ?uvre ses recommandations, en particulier celles concernant le commerce et l'aide alimentaire, a déclaré John Holmes lors d'une séance publique du Conseil.

Après des négociations intenses, le gouvernement a permis l'ouverture de deux bureaux de l'ONU dans les zones militaires. Aujourd'hui, quelque 18 organisations non-gouvernementales (ONG) travaillent dans la zone militaire, a-t-il expliqué.

À Addis-Abeba, a poursuivi le Secrétaire général adjoint, le gouvernement a estimé que les problèmes humanitaires sont largement exagérés. Heureusement, s'est réjoui John Holmes, le Premier ministre a assuré que son gouvernement répondra à toute crise.

Sur cette base, le Secrétaire général adjoint lui a demandé d'ouvrir l'accès humanitaire, d'accélérer les efforts de secours et de permettre à davantage d'ONG d'opérer dans la zone militaire.

Il leur aussi demandé de permettre aux convois du Programme alimentaire mondial (PAM) de pénétrer dans les zones les plus sûres sans escorte militaire. Au gouvernement local, John Holmes a demandé de reprendre le travail, en particulier dans le secteur de la santé et d'établir un forum de coordination de haut niveau avec la communauté humanitaire.

Même si nous ne sommes pas tombés d'accord avec les autorités, nous avons été en mesure de faire certains progrès pour ce qui est de l'accès et de la présence sur le terrain, a affirmé le Secrétaire général adjoint, en admettant qu'il reste encore beaucoup à faire. Il a espéré qu'un dialogue politique pourra commencer prochainement et a encouragé la communauté internationale, en particulier les membres du Conseil, à surveiller la situation sur le terrain et à y encourager des progrès politiques.

John Holmes a indiqué qu'il s'était également rendu en Somalie, son deuxième voyage dans ce pays cette année. Il s'est notamment rendu dans la zone où a trouvé refuge une grande partie de la population qui a fui la capitale. Quelque 230.000 personnes vivent sur une portion de route longue de 15 kilomètres entre Mogadiscio et la petite ville d'Afgooye et il s'agit probablement du plus grand groupe de personnes déplacées au monde aujourd'hui, a-t-il dit.

À quelques exceptions près, a souligné John Holmes, les travailleurs humanitaires internationaux ne sont pas en mesure de travailler dans la région en raison des problèmes liés à la sécurité.

Le Secrétaire général adjoint s'est dit préoccupé par la situation des centaines de milliers personnes déplacées de Mogadiscio, qui sont dispersées dans le sud et le centre de la Somalie, ainsi que par la situation des gens qui sont restés à Mogadiscio. Il a indiqué qu'il avait rencontré le nouveau Premier ministre Nur Hassan Hussein à Baidoa.

Dans ce contexte, John Holmes a estimé qu'il fallait augmenter les efforts d'aide d'urgence, estimant que 1,5 million de personnes étaient dans le besoin. Il a lancé un appel aux donateurs, aux institutions internationales et aux organisations non-gouvernementales de renforcer leur présence et les ressources consacrées à la situation humanitaire en Somalie.

Il a rappelé qu'il avait demandé 300 millions de dollars en 2007. Pour 2008, il a jugé nécessaire de prévoir des ressources d'au moins 400 millions de dollars. Il a estimé que la communauté internationale avait la responsabilité de ne pas abandonner les Somaliens et s'est dit extrêmement préoccupé par la situation humanitaire dans les trois régions qu'il a visitées.

 

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