PNUD : la limitation du réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius est une nécessité absolue

27 novembre 2007

Le dernier Rapport mondial sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) prévient que tout doit être fait pour limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés centigrades, alors que les conséquences de ce changement risquent déjà de causer des revers sans précédent en matière de réduction de la pauvreté, de nutrition, de santé et d&#39éducation.

Le rapport, intitulé `La lutte contre les changements climatiques : la solidarité humaine dans un monde divisé´, brosse un tableau sans complaisance de la menace que représente le réchauffement planétaire, rapporte un communiqué publié aujourd'hui à Brasilia.

Le rapport contient des données scientifiques qui montrent de quelle manière les pauvres subiront l'impact écologique du changement climatique. Mettant l'accent sur les 2,6 milliards de personnes qui survivent avec moins de 2 dollars par jour, les auteurs avertissent que les forces déchaînées par le réchauffement de la planète risquent de ralentir puis d'inverser les progrès accomplis de génération en génération.

Il fait valoir que le monde se rapproche d'un « point de basculement » qui risque d'entraîner les pays les plus pauvres de la planète et leurs citoyens les plus pauvres dans une spirale infernale, laissant des centaines de millions de personnes confrontées à la malnutrition, au manque d'eau, aux menaces écologiques, et à la perte de leurs moyens de subsistance.

Le rapport intervient à un moment clé des négociations qui s'ouvriront à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bali, au mois de décembre, visant à parvenir à un accord multilatéral pour l'après 2012 - date à laquelle arrivera à terme la période d'engagement du Protocole de Kyoto.

Il demande une approche jumelée qui conjugue mesures d'atténuation strictes pour limiter le réchauffement au 21ème siècle à moins de 2 degrés centigrades, et coopération renforcée pour l'adaptation. Le niveau actuel se situe à 0,7 degrés centigrade.

S'agissant des mesures d'atténuation, les auteurs demandent aux pays développés de prendre les devants en réduisant les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2050. Le rapport prône un cocktail de taxation des émissions, de programmes de « cap-and-trade » stricts [plafonds et achat de 'droits de polluer'], la réglementation de l'utilisation de l'énergie, et la coopération internationale pour le financement du transfert des technologies à basse émission de carbone.

En ce qui concerne l'adaptation, le rapport met en garde sur le fait que les inégalités en matière de capacité à s'adapter au changement climatique creusent de plus en plus les inégalités entre et dans les pays. Il demande aux pays riches de placer l'adaptation au changement climatique au c?ur des partenariats internationaux pour la réduction de la pauvreté.

Kevin Watkins, l'auteur principal et directeur du Bureau du Rapport mondial sur le développement humain, déclare qu'il s'agit de lancer un appel à l'action, et pas de jouer les Cassandres.

« Laisser se ferme cette fenêtre d'opportunité représenterait un échec moral et politique sans précédent dans l'histoire de l'humanité ». Pour lui, les discussions de Bali sont une occasion unique de placer les intérêts des pauvres de la planète au c?ur des négociations sur le changement climatique.

Parmi les menaces identifiées dans La lutte contre le changement climatique figurent l'effondrement des systèmes agricoles de plus en plus exposés à la sécheresse, à l'augmentation des températures, et à des précipitations plus imprévisibles, entraînant 600 millions de personnes supplémentaires dans la malnutrition.

Les zones semi-arides d'Afrique sub-saharienne parmi les plus pauvres du monde risquent d'enregistrer une diminution de 26% de leur productivité d'ici 2060.

D'ici 2080, 1,8 milliards de personnes supplémentaires pourraient être victimes du stress hydrique, de vastes régions d'Asie du Sud et du nord de la Chine étant confrontées à une crise écologique grave liée au rétrécissement des glaciers et à la modification des précipitations.

Le déplacement de 332 millions de personnes vivant dans les zones côtières et dans les zones de faible élévation du fait des inondations et des tempêtes tropicales. Plus de 70 millions de personnes vivant au Bangladesh, 22 millions au Vietnam, et six millions en Égypte, pourraient être touchées par des inondations dues au réchauffement de la planète.

Les risques sanitaires émergents, avec 400 millions de personnes supplémentaires qui pourraient être exposées au paludisme.

Mettant en lumière les éléments de preuve rassemblés dans le cadre de récents travaux de recherche, les auteurs du Rapport mondial sur le développement humain font valoir que le coût potentiel du changement climatique pour l'homme a été sous-estimé. Ils relèvent que les chocs climatiques tels que les sécheresses, les inondations et les tempêtes, dont la fréquence et l'intensité vont augmenter avec le changement climatique, sont déjà des facteurs de pauvreté et d'inégalité parmi les plus puissants ? et le réchauffement planétaire ne fera qu'en exacerber les effets.

En Éthiopie, le rapport constate que les enfants exposés à la sécheresse dans leur petite enfance ont 36% de chances supplémentaires de souffrir de malnutrition?soit 2 millions d'enfants mal nourris supplémentaires.

Le rapport se concentre sur les menaces immédiates qui pèsent sur les pauvres du monde, mais il met aussi en garde, affirmant que ne pas s'attaquer au changement climatique pourrait signifier une catastrophe écologique pour les générations futures. Il met en exergue le risque de réduction massive des manteaux glaciaires dans l'Antarctique occidental, de rétrécissement des glaciers, ainsi que de stress sur les écosystèmes marins, autant de menaces systémiques contre l'humanité.

Selon le rapport, le total des dépenses en adaptation consenties par le biais des mécanismes multilatéraux s'élève à ce jour à 26 millions de dollars - environ l'équivalent d'une semaine de dépenses pour les systèmes de défense face aux inondations du Royaume-Uni. D'après les auteurs, les mécanismes actuels offrent un financement modeste et présentent des coûts de transaction élevés.

Un financement supplémentaire pour les infrastructures contre les changements climatiques et pour la résistance des bâtiments, les gouvernements du nord devant allouer au moins 86 milliards de dollars par an d'ici 2015 (environ 0,2% de son PIB).

 

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