Nord-Kivu : l&#39ONU appelle les milices à rendre les armes avant l&#39opération prévue avec le Rwanda

26 novembre 2007

Le représentant de l&#39ONU en République démocratique du Congo (RDC), Ross Mountain, a appelé les forces rebelles de Laurent Nkunda à cesser leurs exactions et à intégrer l&#39armée régulière congolaise, avant que ne soit lancée l&#39opération militaire envisagée dans un récent accord entre la RDC et le Rwanda pour les neutraliser.

Ross Mountain, Représentant Adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies et Coordinateur humanitaire en RDC, se trouvait ce week-end au Nord Kivu afin de faire le point sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la province de l'Est du pays, indique un communiqué publié par la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).

Il a notamment salué « l'important communiqué commun signé récemment entre les gouvernements congolais et rwandais à Nairobi ».

Selon les informations parues dans la presse, l'accord signé le 9 novembre dernier, et salué par le Conseil de sécurité stipulait que « la paix et la sécurité en RDC et dans la région de Grands Lacs ne peut être atteinte qu'en mettant fin à la menace créée par les groups armés étrangers et nationaux en RDC et leurs organisations politico-militaires ; que les ex-FAR/Interahamwe constituent une menace majeure pour la paix et la sécurité du Rwanda, de la RDC et de la région des Grands Lacs en général, ainsi que pour la population congolaise ; et que la présence de groupes armés irréguliers congolais dans l'est de la RDC constitue également une menace pour la paix et la sécurité en RDC et dans l'ensemble de la Région des Grands Lacs ».

« Cet accord », a insisté Ross Mountain ce week-end, « ne vise pas comme certains semblent l'avoir compris – seulement les FDLR mais bien toutes les forces négatives de l'Est du Congo, y compris les dissidents du général déchu Laurent Nkunda ».

« Certes, conformément à l'accord de Nairobi, la planification d'opérations militaires est en cours », a-t-il dit, « mais nous continuons vivement d'espérer qu'avant leur mise en ?uvre, les groupes armés comprendront l'immense souffrance qui serait infligée à leurs communautés et à toute la population s'ils persistent dans leur refus de déposer les armes et, pour ce qui est des groupes armés congolais, de rejoindre le processus de brassage » -- c'est-à-dire l'intégration dans l'armée régulière nationale (FARDC).

Dimanche, en sa qualité de Coordinateur humanitaire, Ross Mountain s'est rendu dans les camps de déplacés de Mugunga et Buhimba, à proximité du chef-lieu du Nord Kivu, sur l'axe Goma – Sake, camps qui accueillent actuellement quelque 45.000 déplacés, dont la grande majorité ont fui leurs foyers suite aux combats entre les forces de l'armée congolaise et les forces dissidentes de Laurent Nkunda à Saké et dans ses environs, début septembre 2007.

Au cours de sa visite, Ross Mountain a pu constater que les nombreux civils qui avaient été obligés de fuir le camps de Mugunga I au cours des combats entre les FARDC et forces de Laurent Nkunda, le 13 novembre dernier, à proximité de ce site, avaient pu réintégrer le camp en toute sécurité et que la communauté humanitaire redoublait d'efforts pour stabiliser la situation dans ces camps, qui avait été en partie pillés à la suite de ces affrontements.

Ross Mountain a, par ailleurs, remercié les FARDC d'avoir répondu à l'appel urgent lancé par les Nations Unies et les autres acteurs humanitaires pour qu'ils déplacent les équipements militaires qui étaient situés à proximité des camps de déplacés de Mugunga. « Je lance un appel à toutes les parties », a-t-il ajouté, « tant aux forces gouvernementales qu'aux autres forces en présence, pour qu'elles s'abstiennent de viser et de mettre en péril les populations civiles ». De tels actes, a-t-il rappelé avec insistance, sont contraires au droit humanitaire international.

Évoquant la situation humanitaire générale dans la province et les quelque 400.000 nouveaux déplacés que le Nord Kivu compte depuis décembre 2006, le Représentant spécial adjoint a souligné que nombre de ces derniers continuaient de vivre dans des conditions extrêmement précaires et, contrairement aux déplacés des camps de Mugunga et Buhimba, ne bénéficiaient toujours d'aucune assistance.

« Tout le monde doit être conscient que si les combats s'intensifient – et il y en a déjà eu beaucoup – les populations civiles et en particulier les femmes et les enfants, en seront une fois de plus les principales victimes ». « Notre priorité, aujourd'hui, est de chercher les voies et moyens de stabiliser durablement cette province, afin de permettre à ces populations, qui ont tant souffert, de rentrer chez elles et de pouvoir, enfin, bénéficier des richesses de leur pays ».

 

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