Gaza connaît une pénurie de médicaments alors que l&#39UNRWA atteint un déficit de 90 millions de dollars

7 novembre 2007

La directrice de l&#39agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, Karen Koning AbuZayd, a espéré aujourd&#39hui qu&#39une prise de conscience de la part des autorités israéliennes permettrait de rouvrir le mouvement des personnes et des biens vers Gaza. Elle a déploré en parallèle un déficit de financement qui devrait atteindre les 112 millions de dollars cette année.

Karen Koning AbuZayd était à New York pour présenter le dernier rapport de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui couvre l'année 2006, devant l'Assemblée générale. C'est l'Assemblée qui approuve son programme et son mandat de trois ans, qui expire au mois de juin prochain.

« Nous ne voulons pas prolonger notre programme au-delà du nécessaire, mais même si nous faisons des progrès sur les questions centrales dans le processus israélo-palestinien, il nous faudra davantage de fonds y compris dans une période de transition éventuelle », a dit Karen Koning AbuZayd lors d'une conférence de presse (webcast).

L'agence, qui emploie 113 personnels internationaux, fait déjà face à un déficit de 90 millions de dollars et s'attend à un déficit de 112 millions de dollars cette année.

Interrogée sur le déficit, alors que l'UNRWA reçoit un vif soutien verbal au sein des Nations Unies, Karen Koning AbuZayd a souligné que les principaux contributeurs étaient les Etats-Unis, l'Union européenne, les pays nordiques et le Royaume-Uni, ainsi que l'Australie.

« Nous recevons un ferme soutien de la part des Emirats arabes unis (27 millions de dollars) et de l'Arabie saoudite (20 millions), notamment pour les infrastructures. Il y a aussi de plus en plus de pays arabes qui contribuent au budget général de l'UNRWA ». « La Ligue arabe a voté il y a plus de 20 ans une résolution décidant de fournir 7,8% de notre budget. A l'heure actuelle cela s'élève à 4% ».

« Après 58 ans de détérioration dans les camps, nous avions lancé un plan de trois ans de rénovation, qui reste sous-financé », a-t-elle expliqué, ajoutant que « cela explique le mécontentement des réfugiés quant au déclin de la qualité des services ».

L'UNRWA va donc demander à la Cinquième Commission, la Commission budgétaire de l'Assemblée générale, 10 postes supplémentaires, une augmentation qu'elle juge « raisonnable et justifiée ». Sur le terrain, l'Agence emploie 26.000 personnels locaux, en majorité des réfugiés palestiniens.

Les dernières nouvelles de Gaza indiquent que la quantité de biens entrant a décru de 70% depuis le mois de mai. « L'UNRWA n'a plus de stocks de 91 médicaments dans toute la bande de Gaza ».

Les dispensaires rapportent des pénuries d'antibiotiques pédiatriques, « ce qui serait extrêmement grave si cela était vérifié », ainsi que de vitamine A et D pour les enfants, et de médicaments pour les maladies chroniques, a-t-elle dit.

« Une réunion sur le terrain entre le directeur de l'UNRWA pour Gaza et les représentants israéliens est parvenue à la conclusion que l'isolation de Gaza bénéficiait aux extrémistes », a-t-elle affirmé, espérant que cela pourrait conduire à une prise de conscience.

« En dépit des déclarations concernant les coupures d'électricité, je ne crois pas qu'Israël mènera ce projet à exécution », a-t-elle souligné, ajoutant que la situation serait plus facile s'il n'y avait pas de tirs de roquette.

« A l'heure actuelle, Israël est soucieux de prévenir une crise humanitaire, mais 80% de la population dépend des rations des Nations Unies ? les mêmes depuis 7 ans, du sucre, de l'huile, de la farine, des lentilles et du lait en poudre, ce qui ne donne que 61% des besoins nutritifs ».

« A un moment, les fruits et légumes qui ne pouvaient sortir de Gaza étaient devenus abondants et bon marché, mais maintenant ils ne parviennent même plus sur les marchés parce que les cultivateurs n'ont plus assez d'argent pour faire les récoltes ou les transporter. Au lieu de pourrir sur les marchés, ils pourrissent dans les champs ».

« Cela ne peut pas durer bien longtemps », « sans compter les étudiants et les familles en visite qui ne peuvent retourner chez eux, et les malades qui ont des traitements chroniques et qui ne peuvent pas sortir du territoire ».

« Les gens sont soit très nerveux et en colère ou résignés. Ils n'ont plus d'espoir pour leurs enfants et eux-mêmes », a rapporté la responsable de l'UNRWA.

Interrogée sur un récent incident de tirs de militants palestiniens depuis une école de l'UNRWA, Karen Koning AbuZayd a expliqué que l'école avait été vidée après une incursion israélienne. Elle a condamné les tirs, de même que l'utilisation des écoles par l'armée israélienne pour mener des interrogations.

Karen Koning AbuZayd a fait part aussi des difficultés du demi-million de Palestiniens qui vivent à la limite de la « barrière de séparation » israélienne, notamment des laboureurs qui ne peuvent pas se rendre sur leurs terres. D'autres ont du mal à se rendre dans les hôpitaux, à leur travail ou aux écoles, notamment dans les zones qui se trouvent entre le mur et la frontière israélienne.

Elle a enfin rapporté un vif soutien du gouvernement libanais à la reconstruction du camp de Nahr el-Bared, qui « prendra des années », a-t-elle affirmé.

 

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