Darfour : Syrte marquera le départ de négociations &#39crédibles&#39, affirme Jan Eliasson

29 octobre 2007

Même si toutes les parties ne sont pas au rendez-vous, les envoyés de l&#39ONU et de l&#39Union africaine (UA) ont salué hier le départ d&#39un processus « crédible » pour la paix au Darfour, alors que plusieurs factions pourraient se joindre aux négociations qui vont durer trois semaines.

« Nous sommes au départ d'un processus intensif » et d'une « nouvelle phase de consultations », a déclaré aujourd'hui Jan Eliasson, Envoyé spécial de l'ONU sur le Darfour, lors d'une conférence de presse à Syrte, Libye, aux côtés de son homologue de l'Union africaine (UA), Salim Ahmed Salim.

« Nous ne pouvons pas nier bien sûr que nous aurions aimé voir certaines des personnalités et des chefs de mouvement à cette réunion, mais je suis persuadé qu'il s'agit d'un départ crédible pour un processus de paix crédible », a-t-il insisté.

« Le peuple du Darfour attend depuis quatre ans et demi. Nous travaillons avec eux depuis dix mois ; nous avons pensé qu'un nouveau délai serait démoralisant », a-t-il affirmé.

Certains représentants de factions sont absents mais ont envoyé des messages de soutien et ont réitéré leur souhait d'être engagés et de soutenir le processus de paix, a dit le représentant de l'ONU. « Il y a ceux qui sont très réticents mais d'autres qui veulent mieux se préparer », a dit Jan Eliasson, qui a expliqué que son équipe pourrait se mettre en contact avec eux sur le terrain, même si lui et Salim Ahmed Salim resteraient à Sirte.

« Ce n'est pas non plus un secret que ceux qui pourraient se joindre au processus sont Khames Abdallah, Abdul Shafi du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM selon son acronyme anglais) et Khalil Ibrahim », a dit Jan Eliasson.

« Lors de notre réunion à Arusha, sept des huit factions ont clairement indiqué leur engagement à s'associer au processus de paix », a ajouté Salim Ahmed Salim. « Le train a quitté la gare sur la voie de la paix. La question est de savoir combien de passagers seront à bord », a-t-il affirmé.

Parmi les grands absents figurent le chef rebelle Abdul Wahid, « en dépit des nombreux appels des envoyés, du Secrétaire général Ban Ki-moon, du président du Sénégal, de l'Union européenne, et d'un groupe de femmes comprenant Mary Robinson, ancienne présidente de l'Irlande et Haut-Commissaire aux droits de l'homme et de Ngozi Iwualia, Directeur de la gestion du Fonds monétaire international ». « Je plaide pour qu'il permette à son peuple dans les camps de faire entendre sa voix », a lancé Jan Eliasson.

Les envoyés ont expliqué que les négociations qui se sont ouvertes à Sirte samedi doivent durer en tout trois semaines. D'abord, une réunion plénière, puis des ateliers et des consultations avec les différentes parties, de nature confidentielle.

Après, commenceront les discussions de fond qui, comme les deux envoyés l'ont exposé dans une tribune à l'International Herald Tribune, doivent porter sur des questions allant de la sécurité à la restitution des terres, et à des compensations jusqu'au partage du pouvoir et des ressources naturelles.

« Nous savons qu'une des questions clefs est la marginalisation des populations du Darfour », a dit Salim Ahmed Salim. Mais une des questions qui ne figurera pas au menu des discussions est celle de l'indépendance du Darfour. « Manifestement, notre mandat n'inclut par la désintégration du Soudan », a-t-il insisté.

Les consultations qui doivent commencer aujourd'hui « ne sont pas seulement procédurales ». « Nous allons discuter avec les parties de la façon dont elles pensent que les négociations doivent se poursuivre ». « Ceux qui interprètent leur présence ici comme symbolique ont tort », a-t-il dit.

Salim Ahmed Salim a souligné que le but était pour les négociateurs de créer un climat de confiance. « Mais ce sont les parties qui prennent les décisions clef ».

Insistant sur la nouveauté des pourparlers entamés, Jan Eliasson a révélé que « par le passé, nous ne nous sommes jamais assis avec le gouvernement du Soudan ou les mouvements rebelles pour avoir leur opinion sur le partage du pouvoir, des richesses ou sur les arrangements en matière de sécurité ».

« Ici, nous abordons les questions de fond. Qui sera consulté lorsque l'on parlera de ces thèmes et quelles seront les réponses de chacun ».

Les deux envoyés ont souligné que le processus était particulièrement complexe, parce qu'il y a « tellement de parties impliquées », mais ils ont estimé que la communauté internationale était enfin alignée, y compris au Conseil de sécurité, et que tant les Etats-Unis que la Chine exprimaient plus ou moins le même langage sur « l'urgence » de la situation.

Ce qui manque ici, a souligné Jan Eliasson, ce sont « les habitants des camps de déplacés et les réfugiés ». « Il est indispensable que l'on maintienne le contact avec la population dans les camps, c'est-à-dire deux millions de personnes », a-t-il fait observer.

Il s'est toutefois félicité de la présence massive des représentants de la société civile, en particulier de deux femmes.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.