Syrte, un moment de &#39vérité et d&#39espoir pour le Darfour&#39

26 octobre 2007

Les pourparlers sur le Darfour qui s&#39ouvrent demain en Libye devront profiter à toutes les composantes de la population, affirment aujourd&#39hui les envoyés spéciaux Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, dans une tribune au quotidien International Herald Tribune, qui appelle le Conseil de sécurité à peser sur ceux qui seraient tentés de les faire échouer.

« Le 27 octobre, le processus de paix conjoint des Nations Unies et de l'Union africaine (UA) entrera dans la phase attendue de longue date des négociations à Syrte, en Libye. Cela représente une étape majeure dans la relance du processus politique au début de cette année. C'est un moment de vérité et d'espoir pour la population du Darfour », affirment les envoyés de l'ONU et de l'UA.

« Les négociations de paix visent à parvenir à un accord sur le cessez-le-feu et la sécurité, le partage du pouvoir et les questions de gouvernance, l'exploitation des ressources naturelles, la distribution et la restitution des terres et une compensation pour les personnes affectées par le conflit », précise la tribune.

Les négociateurs soulignent que les négociations devront être « aussi ouvertes que possible » afin de s'assurer que le résultat est approuvé par la majorité des personnes directement affectées, pas seulement par ceux qui ont pris les armes.

« Toutes les parties qui ont à coeur l'intérêt des populations doivent remplir leurs obligations », affirment-ils.

Deuxièmement, préviennent-ils, toutes les dispositions des accords précédents, notamment l'accord d'Abuja de 2005 et 2006, qui n'a pas été approuvé par toutes les parties, ne pourront être transposées. « Les parties devront faire preuve de flexibilité et faire des concessions ».

Troisièmement, « les négociations ne régleront pas immédiatement tous les problèmes les plus graves au Darfour ».

Si certaines questions, « comme la sécurité et les compensations, peuvent être réglées rapidement », les autres devront faire l'objet d'accords transitoires, soulignent Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim.

Ces derniers préviennent de la « modification profonde de la situation » au Darfour depuis les accords d'Abuja : « cette année on a assisté à une prolifération des groupes armés et de l'intensification de la violence entre tribus et milices. Il y a eu aussi récemment un accroissement des combats entre les forces gouvernementales et les mouvements rebelles ». Ils préviennent aussi contre le risque posé par le non respect de l'Accord Nord-Sud signé en 2005.

Cette évolution a conduit à une aggravation de la situation humanitaire, malgré les « efforts impressionnants » des travailleurs humanitaires.

Face à ce risque, les envoyés de l'ONU et de l'UA estiment que « le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l'UA devraient continuer à soutenir activement le processus de paix et à faire savoir à ceux qui voudraient les faire échouer que l'obstruction a un prix ».

Le conflit au Darfour a fait depuis 2004 plus de 200.000 morts et causé le déplacement de plus de 4 millions de personnes à la merci de l'assistance humanitaire internationale.

Il tire en grande partie son origine dans un conflit entre des milices arabes et nomades armées et soutenues par le gouvernement central islamiste de Khartoum, les janjawids et divers groupes rebelles du Darfour, qui représentent une population musulmane noire traditionnellement agricole.

Les populations civiles victimes des razzias, qui ont perdu leurs terres et leurs villages, se plaignaient de longue date d'un abandon complet des autorités de Khartoum pour ce qui est des services de base fournis par l'Etat.

L'Accord Nord-Sud signé en 2005 à Naivasha avait, lui, permis de mettre fin à près de 20 ans de conflit entre les Etats du Sud du Soudan, traditionnellement chrétiens et animistes et peuplés de populations noires, et le gouvernement de Khartoum, face à sa tentative d'imposer la charia, la loi islamique d'interprétation stricte, à tout le pays.

L'exploitation des ressources naturelles du Sud sans retombée pour la population, voire la répression des populations pour s'emparer de ces ressources, ont été aussi à l'origine de ce conflit qui a fait près de deux millions de morts.

 

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