Côte d&#39Ivoire : peu de progrès au-delà des actes symboliques, regrette l&#39ONU

19 octobre 2007

Le Groupe d&#39experts de l&#39ONU pour les sanctions sur la Côte d&#39Ivoire a souligné dans son dernier rapport l&#39incompréhension dont fait l&#39objet sa mission alors que le pays doit encore progresser sur la voie du désarmement et de l&#39embargo sur les armes et les diamants.

« Malgré l'apaisement des tensions résultant de la signature de l'Accord de Ouagadougou du 4 mars 2007 (S/2007/144), le processus de sortie de crise a peu évolué au-delà des actes symboliques », affirme le rapport rendu public aujourd'hui.

« L'attentat perpétré à l'encontre du Premier ministre, Guillaume Soro, le 29 juin 2007, illustre concrètement la fragilité latente de la situation sécuritaire et la possibilité que des épisodes isolés puissent encore contribuer à entraver le processus de paix dans son ensemble », est-il souligné.

Deux conditions fondamentales doivent être remplies, a affirmé le Groupe.

La première réside dans la réalisation intégrale du programme de désarmement des combattants et de démantèlement des milices ainsi que prévue notamment par l'article 3.2 de l'Accord de Ouagadougou.

Le Groupe a en effet informé des difficultés rencontrées par les forces impartiales dans la mise en application de la surveillance de l'embargo sur les armes et le matériel connexe, mais aussi de l'inadéquation des listes d'armement fournies par les Forces de défense et de sécurité (FDS-CI et FDS-FN) avec leurs capacités réelles.

Lors des inspections embargo diligentées par les forces impartiales, « des refus d'inspections sont notifiés de plus en plus fréquemment », a-t-il souligné.

Les experts recommandent donc aux acteurs ivoiriens et à la communauté internationale de tout mettre en oeuvre pour réaliser les programmes de désarmement des combattants et de démantèlement des milices, ainsi que prévu, notamment, dans l'Accord du dialogue direct inter-ivoirien de mars 2007.

Pour un suivi plus efficace de l'embargo sur les armes, le Groupe recommande à l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) d'exiger des forces armées de lui fournir une liste qui répertorie la totalité de l'armement détenu et, autant que possible, les informations permettant l'identification individuelle de chaque arme. Il lui recommande également de « pourvoir la cellule embargo en ressources humaines suffisantes pour faire face à la fréquence de rotation de son personnel ».

Il appelle aussi les autorités militaires à collaborer davantage pour la « mise en oeuvre par les forces impartiales de leur mandat de surveillance ».

La seconde condition pour que le processus de paix avance réside dans un redéploiement de l'administration au sein des zones administrées par les Forces nouvelles qui soit accompagné par le retour de l'autorité étatique. Le groupe mentionne en effet la « recrudescence de cas d'abus d'autorité tels que des arrestations et détentions arbitraires, des mauvais traitements et des exécutions extrajudiciaires » dans cette période de transition.

Le Groupe a également noté « l'opacité de la gestion » des revenus de la filière café-cacao et du secteur des hydrocarbures.

Par ailleurs, l'enquête a continué sur de possibles violations de l'embargo sur l'exportation du diamant. Des preuves de production soutenue ont été constatées dans les zones minières de Tortiya et Séguéla. De nombreux négociants ont confirmé l'utilisation de la filière malienne comme porte de sortie des diamants ivoiriens.

Le Groupe invite donc les autorités ivoiriennes à prendre toutes les mesures pertinentes pour empêcher l'exportation des diamants et à renforcer les contrôles aux frontières. Il invite également les autorités des pays limitrophes de la Côte d'Ivoire à renforcer leurs systèmes de contrôle interne sur la production, la certification et l'exportation des diamants.

 

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