Soudan : l&#39embargo sur les armes continue d&#39être violé par toutes les parties

Soudan : l&#39embargo sur les armes continue d&#39être violé par toutes les parties

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Les violations de l&#39embargo sur les armes au Soudan se sont poursuivies tout au long de l&#39année 2007, affirme un rapport au Conseil de sécurité publié aujourd&#39hui qui estime que le gouvernement soudanais a failli « de manière abjecte » à toutes ses obligations de protection de la population.

« Les violations commises tant par le gouvernement soudanais que par les groupes armés non gouvernementaux ont continué durant la période couverte par le rapport, du 29 septembre 2006 au 29 août 2007 », affirme le document d'une centaine de pages, accompagné de photographies, préparé par le Groupe d'experts du Conseil de sécurité qui surveille l'application de l'embargo sur les armes ainsi que des sanctions individuelles contre les personnes qui entravent le processus de paix au Darfour.

« Des armes, plus précisément des armes lourdes (pièces d'artillerie), des armes légères, des munitions et d'autres matériels militaires sont introduits dans les États du Darfour à partir d'autres pays et de la région soudanaise », affirment les experts.

En outre, « bien qu'il ait clairement accepté les obligations qui lui incombent en vertu de la résolution 1591 (2005) du Conseil de sécurité », le gouvernement soudanais n'a toujours pas « soumis au Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution de demande d'approbation d'envoi au Darfour d'armes, de munitions et d'autres matériels militaires, violant par là délibérément les dispositions de la résolution ».

Par ailleurs, selon le rapport, « de septembre 2006 à juin 2007, le gouvernement soudanais a effectué des survols militaires à caractère offensif au Darfour, y compris des bombardements aériens à l'aide d'appareils Antonov, des attaques aériennes à l'aide d'hélicoptères de combat Mi-24 et l'utilisation de moyens aériens aux fins de la surveillance militaire ».

« On a signalé 66 attaques aériennes durant la période considérée, dont 24 ont été confirmées. La fréquence de ces attaques a diminué depuis avril 2007, sans doute grâce aux progrès faits dans les consultations préalables aux négociations auxquelles ont participé les factions non signataires et à l'attention accrue placée au plan international sur le rôle des aéronefs blancs dans les opérations militaires offensives. Aucune attaque aérienne n'a été signalée durant le mois de juillet », souligne le rapport.

En outre, il indique que « l'utilisation fréquente d'aéronefs blancs par le gouvernement soudanais, notamment d'appareils Antonov pour mener une partie des 66 attaques aériennes répertoriées par le Groupe entre septembre 2006 et juillet 2007 constitue une grave entrave aux travaux de la MUAS et de l'ONU. Dans un cas, le Groupe a conclu que le gouvernement soudanais avait utilisé un Antonov blanc portant des marquages de l'ONU lors de survols militaires à caractère offensif ».

Le document passe aussi en revue plusieurs individus, notamment des chefs de groupes armés, qui ont poursuivis leurs exactions et entravent le processus de paix.

Le Groupe a « conclu que les hostilités qui continuent entre les parties au conflit au Darfour, en particulier le gouvernement soudanais, le Front de salut national, l'Armée de libération du Soudan (faction Minni Minawi) (ALS/MM) et les milices arabes entravent le processus de paix ».

De même, « les actions menées par Abdul Wahid Mohammed al-Nur, posant de nombreuses conditions préalables à la participation des membres de l'Armée de libération du Soudan (faction Abdul Wahid) (ALS/AW) aux consultations préalables aux négociations tenues avec la médiation de l'ONU et de l'Union africaine représentent également un obstacle à la paix au Darfour ».

Du côté gouvernemental, ce dernier « s'abstient systématiquement d'identifier, neutraliser et désarmer les milices armées au Darfour. Cela a exacerbé les conflits intertribaux, en particulier au Darfour-Sud. De plus, le Groupe a conclu que les Forces armées soudanaises, les membres des Forces de défense populaires et la Garde frontière chargée du renseignement continuent de participer à des attaques unitaires ou coordonnées ».

Les autres entraves au processus de paix comprennent le fait pour le gouvernement soudanais, l'ALS/MM, le Front de salut national et les tribus arabes de ne pas amener les combattants à répondre d'actes qui peuvent contrevenir aux lois et normes de la guerre.

« Le gouvernement soudanais a failli de manière abjecte à prendre les mesures nécessaires pour protéger et assurer les droits fondamentaux de la personne au Darfour, même si l'on tient compte des difficultés de sécurité et d'accès qu'il rencontre dans certaines parties du Darfour », concluent les Experts du Conseil de sécurité.