Israël et l&#39Autorité palestinienne demandent le soutien des Nations Unies à leurs négociations bilatérales

1 octobre 2007

Israël aujourd&#39hui et l&#39Autorité palestinienne vendredi ont demandé le soutien de la communauté internationale et des pays arabes aux négociations de paix engagées au niveau bilatéral, appelant chacun séparément à ne pas abandonner la religion aux extrémismes.

« Nous savons, en particulier après notre retrait du Liban et de Gaza, que le retrait territorial seul n'apportera pas la paix à moins que nous ne répondions aux valeurs fondamentales sous-jacentes au conflit », a déclaré aujourd'hui la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni, à la reprise du débat général ce matin.

« Israël est peut-être en première ligne de cette bataille mais ce combat ne nous concerne pas seuls. Il s'agit d'une lutte à l'échelle mondiale », a-t-elle affirmé, rappelant que « les extrémistes étaient engagés dans une guerre sanglante contre les civils et les communautés du monde entier » qui « menace les piliers fondamentaux de toute société moderne : la démocratie, la tolérance et l'éducation.

« Il est clair aussi que le conflit au Moyen-Orient n'est pas une cause de ce programme extrémiste mondial mais une conséquence », a-t-elle affirmé, rappelant qu'un porte-parole d'Al-Qaida avait récemment déclaré : « Nous utiliserons votre démocratie pour détruire votre démocratie ».

En référence à la prise du pouvoir à Gaza par le Hamas, lors des élections de décembre 2005, elle a souligné « qu'aucune démocratie au monde ne permet à une milice armée ou à des groupes ayant des programmes racistes ou violents de participer à des élections ». Elle a appelé en conséquence la communauté internationale « à adopter des normes pour la participation à de véritables élections démocratiques ».

« Le Hamas et le Hezbollah ont une alternative claire : la voie de la violence ou la voie de la légitimité. Ils ne peuvent pas avoir les deux », a-t-elle déclaré, soulignant que le même choix s'offrait à l'Iran.

Elle a déploré que trop d'Etats « voyaient le danger que représente l'Iran » en tant que premier sponsor du terrorisme, mais « l'ignoraient en espérant que quelqu'un d'autre s'en occuperait »,

Elle a appelé aussi à ce que le Conseil des droits de l'homme cesse d'accorder une attention totalement disproportionnée à Israël, ce qui affaiblit le poids moral de l'ONU, soulignant que « le prix de son aveuglement était payé par les victimes des atrocités au Darfour, à Myanmar et ailleurs dans le monde ».

Tzipi Livni a estimé par ailleurs qu'il était temps que la religion soit reprise des mains de ceux qui en font « une arme au lieu d'un abri ».

Elle a affirmé qu'Israël recherchait « à faire progresser la cause de la réconciliation israélo-palestinienne ».

« Ces derniers mois, le Premier ministre Ehud Olmert et le président Mahmoud Abbas se sont engagés dans des efforts sincères pour parvenir à l'accord politique le plus large possible », a-t-elle déclaré, réaffirmant son soutien à l'idée « d'Israël comme patrie du peuple juif et la Palestine comme patrie des Palestiniens, y compris des réfugiés ».

Elle a aussi appelé à l'intensification de la coopération entre le monde arabe et Israël, tout en faisant progresser le processus de paix israélo-palestinien ».

Prenant la parole devant la presse, à l'issue d'un entretien avec le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Tzipi Livni a indiqué avoir abordé la question de la paix au Moyen-Orient, la question de la menace iranienne et la nécessité de prendre des sanctions et la question du Liban (webcast).

« Je crois que nous partageons la même vision », a-t-elle déclaré. « Il ne s'agit plus d'Israël contre les Palestiniens, mais d'Israël et des Palestiniens modérés contre les menaces venant de Gaza et de la région ».

« Nous avons besoin du soutien du monde arabe ; non pas en posant des conditions à notre dialogue, mais en apportant un soutien aux Palestiniens modérés ». « J'espère qu'ils n'attendront pas la fin du processus pour normaliser leurs relations avec Israël mais qu'ils le feront pas à pas », a-t-elle dit.

« Les attentes les plus importantes viennent des relations bilatérales. L'idée de la conférence [organisée cet automne à l'invitation des Etats-Unis] est de soutenir les deux parties. Et cela pourrait être un départ pour un accord final ».

« Mettons fin au conflit demain si nous le pouvons, mais sinon commençons à discuter du futur Etat palestinien. Les Palestiniens veulent un Etat viable, nous souhaitons qu'il puisse vivre en paix et garantir notre sécurité ».

L'erreur des dernières semaines a été de poser des conditions de l'extérieur, a-t-elle estimé.

Interrogée sur le « plan pour la paix d'Israël », Tzipi Livni a insisté sur le dialogue et la réconciliation. « Nous avons lancé le message que nous pouvons accepter des concessions sur le plan des territoires, mais pas sur les piliers de la démocratie. Israël a accueilli des réfugiés des pays arabes et d'Europe, de même la Palestine peut être la réponse à l'accueil des réfugiés palestiniens », a-t-elle affirmé, précisant que « les frontières seront définies par un accord entre les deux parties ».

Vendredi, Mahmoud Abbas, prenant la parole à l'Assemblée générale en tant que président du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine et président de l'Autorité palestinienne, a estimé que la « relance du processus de paix sous l'égide des Nations Unies demeurait indiscutable ».

Mahmoud Abbas a invoqué la nécessité absolue « de parvenir à la démocratie, seul moyen de faire naître un avenir nouveau au Moyen-Orient, 'un avenir de liberté et d'égalité' ».

Il a en outre insisté sur le besoin de « défendre l'islam », religion amalgamée au fanatisme religieux alors qu'il s'agit, en réalité, d'une religion d'amour et de fraternité.

M. Abbas a estimé que les forces vives de la région avaient ainsi une responsabilité particulière de renverser cette image négative, pour faire connaître le message de tolérance de l'Islam qui s'oppose au terrorisme.

« L'Islam est une religion de lumière, qui défend les valeurs communes à l'humanité », a affirmé le président de l'Autorité palestinienne. Appelant à oeuvrer sans relâche au renforcement de la compréhension entre les religions et les cultures, il a jugé que ce rapprochement était le seul moyen de faire échec au terrorisme, dont la stratégie est de créer un conflit entre les civilisations.

Il a appelé à saisir l'occasion de « la prochaine Conférence de paix pour négocier, avec le soutien du monde entier, la fin de l'occupation israélienne commencée en 1967, et réaliser la vision de deux États vivant côte à côte avec Jérusalem non seulement comme capitale d'un État palestinien mais aussi des religions coexistant dans la paix et l'harmonie ».

Il a demandé que « soit mis un terme à l''expansion coloniale' et à l'édification du mur 'raciste' de séparation israélien ».

Évoquant sa dernière rencontre avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert, Mahmoud Abbas a fait savoir que les deux hommes s'entendaient désormais sur le besoin vital de mettre fin à « la spirale des occasions manquées ».

Appréhendons ensemble cette prochaine Conférence de paix sur cette base claire et réaliste, a-t-il dit, ajoutant que le peuple palestinien serait consulté par référendum sur l'accord qui en résultera.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.