La réforme du Conseil de sécurité fait l&#39objet de propositions contradictoires à l&#39Assemblée générale

26 septembre 2007

Différentes idées de réformes du Conseil de sécurité ont été émises par les Etats Membres qui ont pris la parole hier après-midi, parmi d&#39autres propositions allant d&#39un impôt sur le pétrole à destination du développement à une convention sur les attaques cybernétiques.

Voir le compte-rendu de l’ensemble des déclarations au débat général (textes des déclarations et vidéos).

Le président de la République socialiste démocratique de Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, a annoncé que malgré les « opérations militaires » lancées « « dans le seul but d'exercer des pressions sur les Tigres de libération l'Eelam tamoul (LTTE), l'objectif de son gouvernement était « de parvenir à une solution négociée à ce conflit ».

Il a souhaité que « l'élaboration de la convention générale sur le terrorisme international progresse, regrettant les retards causés selon lui par d'interminables discussions ».

Il a aussi « insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de l'ONU, en particulier pour lutter plus efficacement contre le financement d'activités illégales », « en intensifiant par exemple la formation technique des pays en développement ».

Mahinda Rajapaksa a également « souhaité que les principales institutions financières, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, (FMI) mettent en place de nouveaux programmes d'assistance aux pays affectés par l'augmentation du prix du pétrole et autres biens de première nécessité ».

Le président de la République du Paraguay, Nicanor Duarte Frutos, a demandé « la levée des restrictions qu'appliquent les économies protectionnistes ».

Il a « espéré que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) reprenne le Cycle de Doha, afin de faciliter la concurrence des économies petites et vulnérables et leur intégration dans le commerce international ».

Il a enfin plaidé « pour la réintégration de la « République de Chine » (Taïwan) au sein de l'ONU ».

Le président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, a appelé la communauté internationale à se préoccuper de la « menace posée par l'érosion côtière du Maroc au Sénégal, en passant par la Mauritanie ».

Il a appelé les Etats Membres à adhérer au Fonds de solidarité numérique.

Évoquant la réforme des Nations Unies, le président a « dénoncé l'injustice historique faite à l'Afrique, seul continent exclu des sièges permanents du Conseil de sécurité, dont 70% de l'agenda concernent pourtant les questions africaines ».

Enfin, Abdoulaye Wade a « proposé à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de contribuer à financer la lutte contre la pauvreté et la dégradation de l'environnement en lui demandant d'allouer 2% du prix du pétrole à chaque augmentation des cours ».

Il a aussi évoqué l'initiative prise par son pays qui s'est concrétisée par la création de l'Association des pays africains non producteurs de pétrole (PANPP), une sorte d'« OPEP verte », dont l'objectif est de favoriser le développement des biocarburants par le recours aux énergies renouvelables.

Le président de la République sud-africaine, Thabo Mbeki, a « appelé à une avancée commune et significative des négociations multilatérales lors du prochain sommet sur l'environnement à Bali en décembre 2007 ».

Il a insisté sur l'absolue nécessité d'accroître les transferts de ressources aux pays pauvres par le biais de l'Aide publique au développement, de l'investissement, du commerce et des transferts de technologie.

Le président de la République argentine, Néstor Carlos Kirchner, évoquant la grave crise qu'a traversée son pays, a estimé que les règles qui avaient été imposées par les organisations financières, telles que le Fonds monétaire international, avaient été inadaptées.

« L'Argentine a néanmoins réglé sa dette. L'idée de recettes universelles est erronée et le FMI devrait être réformé. Il faut que les technocrates comprennent que la croissance économique doit s'accompagner du progrès social », a-t-il estimé.

Citant la lutte contre l'impunité, notamment afin de traduire en justice les auteurs des violations des droits de l'homme pendant la période de dictature qu'a connue l'Argentine, il a appelé à accorder un « rôle central à la protection des droits de l'homme ».

Il a rappelé les attentats ayant frappé l'Argentine, sa communauté juive en particulier, ainsi que l'ambassade d'Israël et « demandé à l'Iran de collaborer avec la justice de son pays », soulignant que « jusqu'à présent la république islamique d'Iran n'avait pas fait montre de la coopération nécessaire ».

Il a par ailleurs demandé « la restitution par le Royaume-Uni de l'archipel des Malouines».

Le président de la République islamique d'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a condamné « le Conseil de sécurité comme l'organe le plus inefficace du système des Nations Unies, où certains pays disposant du droit de veto se comportent en procureurs et juges à l'égard d'autres ».

Il a préconisé que « tous les individus se lèvent et forment une 'Coalition pour la paix' » et appelé à ce que « l'Assemblée générale soit considérée comme le pilier des Nations Unies ».

Le président de la république d'Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, a souhaité que la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bali puisse aboutir à « une feuille de route sur les changements climatiques », qui « devra lier la lutte contre le réchauffement de la planète, le développement durable et la réduction de la pauvreté, et énoncer aussi ce que les pays développés et ceux en développement devront faire pour sauver l'humanité ».

Il a souligné l'importance de la préservation des forêts, « desquelles nous soutirons d'importantes richesses et qui permettent de stocker d'immenses volumes de carbone ».

Il a plaidé « pour un accroissement des investissements étrangers afin d'accélérer la création d'emplois modernes et sortir de la misère des millions de chômeurs » et insisté « sur la nécessité de mettre fin à la corruption ».

Il a « affirmé que le Hamas et le Fatah devaient renouer le dialogue et que l'Initiative arabe devait être le catalyseur du changement politique » au Moyen-Orient.

Susilo Bambang Yudhoyono a enfin « estimé que les pays industrialisés, forts du succès final des négociations de Doha, pourraient aider davantage les pays pauvres à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ».

Le président de la République du Panama, Martin Torrijos Espino, a « fustigé la lenteur avec laquelle la communauté internationale adapte les structures des Nations Unies aux réalités du XXIe siècle », regrettant que « bien qu'il existe un vaste consensus sur la nécessité de renforcer l'Assemblée générale et de rendre le Conseil de sécurité plus représentatif et transparent, nous perdons trop de temps à décider comment procéder ».

Il a soutenu « les aspirations du Brésil, du Japon et de l'Allemagne à devenir membres permanents du Conseil de sécurité ».

Le président de la République islamique d'Afghanistan, Hâmid Karzai, a souhaité que la question du terrorisme et du trafic de stupéfiants soient appréhendées « dans leurs dimensions régionale et internationale ». Il a également proposé la « tenue de jirgas conjointes pour la paix entre son pays et le Pakistan ».

Le président de la République de Slovaquie, Ivan Gasparovic, a déclaré que son pays « n'était pas satisfait du rythme et de l'ampleur actuels du processus de réformes des Nations Unies ».

Il a espéré que « la Commission de consolidation de la paix » se montre plus dynamique. Il a appelé les Etats Membres à « soutenir la candidature de son pays à un siège du Conseil des droits de l'homme et au Conseil économique et social ».

Il a souhaité que « la composition du Conseil de sécurité puisse refléter la réalité et les changements géopolitiques de la même manière que le nombre de membres permanents et non permanents ». Il a soutenu la candidature de l'Allemagne et du Japon.

Le président a ensuite demandé qu'une attention spéciale soit donnée à la réforme des secteurs de la sécurité dans les pays sortant d'un conflit.

Ivan Gasparovic a « déploré le fait qu'aucune solution à la question du Kosovo n'ait été trouvée », et souhaité que « le Kosovo ne retarde pas l'unification des nations européennes et qu'il ne représente pas un précédent fâcheux dans le droit international ».

Son Altesse Sérénissime le Prince ALBERT II de Monaco a « appelé à la promotion d'une nouvelle éthique, celle du droit à la protection de l'environnement ».

Il s'est engagé à prendre des « mesures d'effets équivalents à la directive communautaire relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le terrorisme » et annoncé « sa volonté d'accroître de 25%, le montant total des subventions volontaires de la Principauté aux Fonds et Programmes de l'Organisation des Nations Unies » afin d'affecter à terme 0,7% du revenu national brut de Monaco à l'Aide publique au développement (APD).

Concernant la réforme du Conseil de sécurité, il s'est prononcé pour son élargissement.

Le président de la République d'Estonie, Toomas Henrik Ilves a souhaité que les prochaines négociations sur les changements climatiques donnent lieu, d'ici décembre 2009, à un nouvel accord politique mondial.

Il a appelé à « découpler la croissance économique de la consommation énergétique et des émissions carboniques », soulignant que « l'Estonie connaissait une croissance économique de 10%, tandis que sa consommation énergétique avait baissé de 2,5% par an ».

Il a préconisé la poursuite du dialogue entre pays industrialisés et pays en développement ainsi que la promotion du transfert de technologies propres, suggérant « une institution mondiale comme une organisation des Nations Unies pour l'environnement ».

Le président estonien a rappelé que l'Estonie avait su faire face à une attaque cybernétique en avril et mai 2007 et qu'elle était « prête à partager le savoir-faire qu'elle a acquis ».

Toomas Henrik Ilves a appelé la communauté internationale à coopérer juridiquement en la matière et comme la question est nouvelle, à créer un espace juridique. Il a appelé les États à adhérer à la Convention sur la cybercriminalité du Conseil de l'Europe.

Le président de la République d'Angola, José Eduardo dos Santos, a plaidé « fermement pour un soutien à toutes les forces et mouvements qui défendent la vie moderne et pour la séparation de l'Église et de l'État dans les pays où domine l'Islam ».

Il a souhaité que « les pays les plus pollueurs, dans le cadre des initiatives proposées par le Secrétaire général de l'ONU, fassent plus en matière de protection de la planète ».

Il a plaidé pour « l'instauration d'un commerce plus équitable, une plus grande fluidité dans le transfert des capitaux, un accroissement de l'aide au développement et l'allégement significatif de la dette extérieure ».

Le Premier ministre de la République d'Italie, Romano Prodi, a souhaité « l'adoption d'une résolution des Nations Unies relative à un moratoire universel sur la peine de mort en vue de son abolition totale ».

Il a souhaité « une restauration du rôle central de l'Assemblée générale », se déclarant « opposé à une réforme du Conseil de sécurité qui mènerait à une augmentation du nombre de ses membres permanents ». Il a espéré que la réforme conduirait à y renforcer la « présence de dirigeants régionaux ».

La Chancelière de la République fédérale d'Allemagne, Angela Merkel, a souhaité, pour l'après-Kyoto, le principe d'une « responsabilité commune mais différenciée » et des objectifs d'émissions de gaz à effet de serre convergents dans les pays développés comme dans les pays en développement, pour être compatibles avec les objectifs de protection du climat.

Elle a engagé les Etats Membres à atteindre « enfin les 0,7% du PNB pour l'Aide publique au développement, comme s'y est engagée l'Union européenne d'ici 2015 ».

« L'Allemagne est prête à assumer de plus grandes responsabilités en occupant un siège permanent au Conseil de sécurité » a-t-elle dit.

(dépêche du 25.09.2007 sur les propositions formulées par les Etats Membres à l'ouverture du débat général, mardi matin).

 

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