Débat général : les propositions des chefs d&#39Etats et de gouvernement

25 septembre 2007

Les douze chefs d&#39Etat et de gouvernement qui ont pris la parole ce matin après le président de l&#39Assemblée générale ont soumis un vaste éventail de propositions allant du renforcement des institutions de l&#39ONU en matière d&#39environnement à une véritable libéralisation équitable des échanges commerciaux.

Le président de la soixante-deuxième session de l'Assemblée générale, Srgjan Kerim, a déclaré aujourd'hui à l'ouverture du débat de haut niveau que les États Membres étaient là pour « débattre des défis urgents que les peuples et les nations doivent relever ».

Le président a expliqué avoir identifié cinq domaines prioritaires dont l'Assemblée générale devrait débattre pendant cette soixante-deuxième session, à savoir les changements climatiques, le financement du développement, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), la lutte contre le terrorisme et la cohérence du système des Nations Unies, y compris la réforme du Conseil de sécurité.

Ces thèmes prioritaires, a-t-il estimé, reflètent les intérêts divers des États Membres.

Parmi les nombreux appels et propositions soumis aujourd'hui à l'Assemblée générale, le président du Brésil, Lula da Silva, a proposé d'étendre la production des biocarburants pour lutter contre la dégradation de l'environnement et la pauvreté (dépêche du 25.09.2007).

Le président des Etats-Unis, George W. Bush, a proposé d'agir 'ensemble' contre le fléau des pandémies, du climat et des armes de destruction massive (dépêche du 25.09.2007).

Le président de la République du Ghana, John Agyekum Kufuor s'est déclaré « prêt à prendre les mesures nécessaires pour atteindre l'objectif d'une intégration politique et économique plus profonde de l'Afrique ».

Il a appelé le Conseil de sécurité à « considérer sérieusement les demandes d'assistance financière, logistique et technique de l'UA pour le déploiement de la Mission africaine en Somalie (AMISOM), ce dont l'Union africaine, malgré ses efforts constants en matière de paix, ne peut s'acquitter seule vu l'ampleur des défis en Somalie ».

Le président de la République du Kazakhstan, Nursultan A. Nazarbayev, a proposé l'adaptation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) aux nouvelles réalités.

« Ce Traité, a-t-il estimé, est devenu un accord asymétrique qui ne prévoit de sanctions qu'à l'encontre des États non nucléaires. Si les puissances nucléaires veulent interdire la production de ces armes, ils doivent montrer l'exemple en réduisant et en renonçant à leurs propres arsenaux », a-t-il dit.

Il a aussi réitéré sa proposition de créer un fonds des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix auxquelles contribueraient volontairement les États à hauteur de 1% de leur budget militaire.

Il a rappelé l'initiative présentée par son pays lors du Sommet de Johannesburg consistant à établir dans le cadre des Nations Unies, un registre des problèmes environnementaux du monde et réitéré son appel visant à la création d'un fonds international pour sauver la Mer d'Aral.

Le président de la République du Honduras, José Manuel Zelaya Rosales, a exigé « que l'on respecte les règles du jeu d'un véritable marché libre garantissant les règles de la libre concurrence », alors que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) elle-même reconnaît « qu'à peine 7% du commerce international se faisait en vertu du libre jeu de la concurrence ».

« Nous ne demandons pas de commisération, ni de condescendance apitoyée, nous demandons le respect et que l'on paye pour nos produits, ce qui est correct et réaliste. Nous demandons des règles, des normes équitables et un traitement juste », a-t-il dit.

José Manuel Zelaya Rosales a ensuite évoqué « la hausse de 600% des cours du pétrole, rappelant qu'il y a à peine cinq ans le baril était à 13 dollars contre environ 80 dollars » aujourd'hui, déplorant une véritable « saignée ».

Constatant enfin que « si les frontières sont ouvertes à la circulation des marchandises, elles sont fermées à celles des travailleurs », José Manuel Zelaya Rosales a proposé « d'élaborer un cadre juridique au phénomène migratoire ».

L'Émir de l'État du Qatar, Sheikh Hamad Bin Khalifa al-Thani, a souhaité rendre le système des Nations Unies plus efficace, estimant que « sa structure devrait être réformée pour s'adapter aux changements survenus depuis l'adoption de la Charte en 1945 ».

Il a recommandé aux donateurs de consentir des efforts supplémentaires pour doubler l'aide apportée aux pays d'Afrique sub-saharienne. Il a également « insisté sur l'importance de parvenir à la conclusion des négociations de Doha », sur le commerce international et la libéralisation des échanges.

Le président de la France, Nicolas Sarkozy, a appelé à la création d'un nouvel ordre mondial pour le XXIème siècle (dépêche du 25.09.2007).

Le président de la République du Nicaragua, Daniel Ortega Saavedra, a « mis en cause le capitalisme avaricieux semant la mort ». S'agissant par ailleurs de la lutte contre la prolifération nucléaire, il a estimé « que le seul droit valide était celui consistant à agir pour rendre l'arme nucléaire caduque ».

Il a appelé « à l'unité des peuples d'Amérique latine ».

Le président de l'ex-République yougoslave de Macédoine, Branko Crvenkovski, a souhaité que le Conseil des droits de l'homme renforce son rôle dans la promotion et la protection des droits de l'homme, notant que son pays avait posé sa candidature pour siéger en son sein pour la période 2009-2012.

Il a souhaité que le règlement de la question du Kosovo « se fasse dans un délai raisonnable en prenant en compte la stabilité de la région ». Il a souligné « qu'il s'opposait à une partition du Kosovo selon des lignes ethniques, division qui, selon lui, pourrait avoir des conséquences négatives pour toute la région ».

Le président de la République du Malawi, Bingu Wa Mutharika, a souligné les progrès accomplis par son pays et ses priorités : le développement de l'agriculture et la sécurité alimentaire, l'irrigation et l'approvisionnement en eau, l'expansion des infrastructures logistiques et de communication, l'énergie, la réhabilitation des zones rurales et la prévention du VIH/sida.

Il s'est félicité des indicateurs de croissance économique, soit 8,5% entre 2004 et 2006 et souligné que pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté était descendu de 53,9% en 1998 à 45% en 2006. Le gouvernement a réhabilité les infrastructures d'approvisionnement en eau et construit de nombreux puits permettant à 66% de la population d'avoir accès à l'eau potable. Enfin, 60% des enfants du pays sont scolarisés, a-t-il rapporté.

La présidente de la République du Chili, Michelle Bachelet Jeria, a « souhaité que les pays développés s'engagent davantage en matière d'atténuation des effets des changements climatiques, d'adaptation, de transfert de technologies et de financement », avant de préciser que « les efforts des pays développés ne seront pas à eux seuls suffisants » (dépêche du 25.09.2007).

Enfin, le Premier ministre du Portugal, José Socrates, s'exprimant au nom de l'Union européenne, a souhaité que « développement durable et réduction des émissions de gaz à effet de serre aillent de pair ».

Il a proposé que le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) devienne « une véritable organisation des Nations Unies ».

Dans le domaine des droits de l'homme il a estimé que le Conseil des droits de l'homme avait « le potentiel pour répondre aux attentes placées en lui ». Il a annoncé que l'Union européenne soumettrait un « projet de résolution portant création d'un moratoire universel sur l'abolition de la peine de mort ».

Il a souhaité le renforcement de la « lutte contre le commerce illicite de petites armes et la prolifération des armes de destruction massive », ainsi que la Stratégie antiterroriste des Nations Unies, adoptée l'an dernier par l'Assemblée générale.

Voir le compte-rendu de l’ensemble des déclarations au débat général (textes des déclarations et vidéos).

 

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