Réunion au sommet ONU/Union africaine sur le Darfour à New York

21 septembre 2007

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré ont présidé aujourd’hui conjointement une réunion de haut niveau sur le Darfour à New York, qui s’est terminée par un appel pressant au déploiement rapide de la Mission conjointe et à la participation de toutes les parties aux négociations de paix.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon et le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré ont présidé aujourd'hui conjointement une réunion de haut niveau sur le Darfour à New York, qui s'est terminée par un appel pressant au déploiement rapide de la Mission conjointe et à la participation de toutes les parties aux négociations de paix.

Des ministres de 26 pays étaient invités, aux côtés des hauts représentants de l'Union européenne et de la Ligue des Etats arabes, afin de mobiliser un soutien international à l'appui du processus politique, de la mise en oeuvre de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) [qui comptera au total 25.000 soldats] et des perspectives de développement et d'appui aux opérations humanitaires.

« Nous avons conclu une réunion très fructueuse sur le Darfour, qui reste la priorité des Nations Unies », a déclaré le Secrétaire général à l'issue de la réunion qui s'est achevée par l'adoption d'un communiqué conjoint.

« Les participants ont convenu que les trois voies : la MINUAD, le processus de paix et le travail humanitaire, devraient se poursuivre parallèlement », a-t-il affirmé devant la presse.

Ban Ki-moon a annoncé « la création d'un fonds des Nations Unies pour faciliter les efforts diplomatiques lors des pourparlers d'octobre, à Tripoli ». « Je vais aussi nommer un négociateur spécial », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a aussi appelé au soutien à l'action humanitaire, à la recherche des ressources en eau. Il a insisté sur le fait que « la recherche de la justice faisait partie du processus de paix ».

Alpha Oumar Konaré, a estimé que la « réunion était extrêmement importante », notamment pour évaluer la mise en oeuvre de la résolution.

« Le plus urgent, c'est de mettre fin à la tragédie au Darfour aujourd'hui », a-t-il dit, réaffirmant son soutien au processus politique en cours.

« Nous devons donner notre confiance au gouvernement soudanais, mais il ne s'agit pas d'un chèque en blanc », a dit Alpha Oumar Konaré, qui a prévenu « contre l'instrumentalisation du conflit au Darfour ».

Au cours de la réunion, les participants ont entendu un exposé de Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, sur les préparatifs concernant la MINUAD, ainsi que des envoyés pour le processus de paix au Darfour, Jan Eliasson pour l'ONU et Salim Ahmed Salim pour l'Union africaine.

Prenant la parole devant la presse alors que s'achevait la réunion, le ministre britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth chargé de l'Afrique, de l'Asie et des Nations Unies, et ancien Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Mark Malloch Brown, a souligné avoir évoqué lors de la réunion la question des personnes recherchées par la Cour pénale internationale (CPI) (webcast).

Hier, le Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait appelé à tout faire pour traduire en justice l'ancien ministre de l'Intérieur soudanais, Ahmad Haroun, poursuivi pour crimes contre l'humanité, qui occupe en ce moment au sein du gouvernement soudanais les fonctions de ministre chargé des affaires humanitaires et des camps de réfugiés.

Luis Moreno-Ocampo, qui ne participait pas à la réunion mais qui était présent à New York, a estimé devant la presse qu'il serait très difficile d'assurer la sécurité dans le pays si justice n'était pas faite. Mais il s'est déclaré satisfait de ce que la question des mandats d'arrêts lancés par la CPI ait été soulevée.

En réponse à une question, il a expliqué qu'il ne pouvait mener d'enquête en Iraq, parce que le pays n'est pas partie au Statut de Rome. « La seule solution serait que le Conseil de sécurité réfère la situation en Iraq, comme elle l'a fait pour le Darfour ». « J'aimerais beaucoup que davantage de pays arabes signent le Statut de Rome de la CPI », a-t-il ajouté.

A sa suite, le représentant des Etats-Unis à la conférence, le Secrétaire d'Etat adjoint et ancien ambassadeur auprès des Nations Unies John Negroponte, a insisté sur le déploiement le plus rapide possible de la MINUAD, comme le prévoit la résolution du Conseil de sécurité.

« Nous pensons qu'elle peut être déployée d'ici au printemps prochain », a-t-il souligné, la qualifiant d'élément clef.

« L'autre élément déterminant est d'obtenir le ralliement des parties au conflit au Darfour qui n'ont pas encore accepté de signer l'accord de paix », a-t-il dit.

« Dix-huit mois après la signature de l'Accord de paix sur le Darfour, nous en sommes encore à tenter de rétablir la sécurité », a-t-il souligné, estimant que le gouvernement soudanais, malgré des progrès, continuait « d'opposer des objections injustifiées au déploiement de la Mission ».

Il a ajouté que « les Etats-Unis n'avaient pas changé d'opinion sur la qualification de 'génocide' au Darfour ». Il a aussi dit que son pays était prêt à considérer des sanctions.

En réponse à une question, il a indiqué « qu'il n'avait pas soulevé la question des personnes recherchées par la CPI, mais que c'était une question préoccupante ».

Il a aussi affirmé que « le Soudan n'avait rien à craindre de forces non africaines », seules à même d'assurer certaines fonctions logistiques.

Pour sa part, le représentant du Soudan, Abdalhaleem Mohamad, a estimé que la réunion avait été « extrêmement constructive ».

« La réunion a pris note des grands progrès accomplis depuis la réunion d'Addis Abeba [de novembre 2006]. Elle a aussi souligné les « défis à venir », appelant toutes les parties à participer aux pourparlers de Tripoli au mois d'octobre.

Elle lance aussi un avertissement « à celles qui violent le processus de paix », a-t-il dit.

Interrogé sur le déploiement de forces non africaines au Soudan, il a insisté pour que « l'esprit de la résolution appelant au caractère africain de la force soit respecté ». Plus précisément, il a indiqué que les équipements pourraient venir de pays non africains, si nécessaire. « Il faut faire plus d'efforts pour savoir si l'on peut trouver des troupes en provenance d'Afrique, avant de rechercher des troupes d'ailleurs, de Thaïlande ou du Guatemala », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dénoncé aujourd'hui l'attaque contre un convoi de huit personnes travaillant pour l'ONG World Vision International au Sud Darfour.

Deux personnes ont été touchées à la tête et une troisième au bras. Elles ont été évacuées par les Nations Unies et ont toutes survécu à l'attaque.

John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU a condamné cette « attaque abjecte » contre ceux qui tentent de sauver des vies au Soudan.

Le nombre d'attaques contre le personnel humanitaire s'est accru de 150% entre juin 2006 et juin 2007.

Cette rencontre avait été appelée de ses voeux par le Secrétaire général lors de sa récente visite au Darfour au début du mois de septembre, qui s'était conclue par l'annonce de la reprise des négociations politiques en vue d'un accord de paix sur le Darfour, le 27 octobre prochain, à Tripoli.

Il s'agit du deuxième Sommet de haut niveau sur le Darfour. Le précédent s'était tenu à Addis Abeba, en Ethiopie, en présence des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, de représentants de pays africains, de l'Union européenne et de la Ligue des Etats arabes, le 16 novembre 2006.

 

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