Moyen Orient : malgré les progrès diplomatiques, la situation sur le terrain reste grave

20 septembre 2007

Si les efforts diplomatiques entre Israël et l&#39Autorité palestinienne progressent au niveau bilatéral, sur le terrain la répression menée par le Hamas à Gaza, les tirs de roquette et la réponse israélienne tendant à resserrer les barrages reste préoccupante, a dit le responsable des affaires politiques de l&#39ONU.

« Nous nous trouvons à un stade très important dans la recherche de la paix au Moyen-Orient. Un nouvel élan pour la paix prend forme, porteur de véritables promesses. Toutefois, la situation sur le terrain reste profondément préoccupante », a déclaré B. Lynn Pascoe, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, lors de son exposé mensuel au Conseil de sécurité.

« Le Premier ministre Olmert et le président Abbas poursuivent leur dialogue bilatéral. Ils ont récemment convenu de constituer des équipes de négociateurs pour les aider à traduire leurs discussions en un texte qui pourra être approuvé. Il reste beaucoup à faire pour que ces pourparlers aboutissent à un accord de fond. La Secrétaire d'État des États-Unis, Mme Rice, est actuellement dans la région pour faire le point sur les progrès réalisés et encourager la poursuite des efforts. Elle rendra compte au Quatuor, lorsque celui-ci se réunira ici, à New York, ce dimanche ».

Par ailleurs, « le représentant du Quatuor, M. Blair, a récemment achevé sa deuxième visite dans la région afin de définir ses objectifs en matière de relance économique et de réformes institutionnelles ».

Parallèlement, la Ligue des Etats arabes a souligné que « le dialogue israélo-palestinien doit produire des résultats substantiels s'il veut recevoir le soutien des pays arabes et servir de base à une réunion internationale fructueuse », a dit le Secrétaire général adjoint.

« Alors que ces efforts diplomatiques sont déployés, la violence entre Palestiniens a tué 11 personnes et fait 95 blessés, y compris 8 enfants. Plusieurs violents affrontements avec de nombreux échanges de tirs ont eu lieu, ce qui témoigne de la persistance d'une crise politique profonde », a rapporté B. Lynn Pascoe.

« A Gaza, le Hamas a remplacé les cadres supérieurs au sein des ministères, tout en adoptant des mesures de plus en plus répressives pour consolider son autorité. Les rapports sur le nombre croissant de violations des droits de l'homme commises par les forces paramilitaires du Hamas, y compris la violente dispersion des manifestations et la détention illégale d'autres Palestiniens, me préoccupent particulièrement ».

« La violence entre Israéliens et Palestiniens continue elle aussi. Durant la période à l'examen, 20 Palestiniens ont été tués et 89 blessés, contre un tué et 50 blessés dans le camp israélien ».

L'action des Forces de défense israéliennes (FDI) a également fait des victimes civiles. Le 22 août, des jumeaux palestiniens âgés de 10 ans et leur frère de 12 ans ont été tués par un missile tiré par les FDI sur le nord de Gaza. Aucune enquête ou action publique n'a été entreprise suite à des incidents similaires pour montrer que les FDI s'efforcent d'empêcher au maximum ce genre de pertes.

Réciproquement, « je condamne la poursuite des tirs de roquette aveugles par les activistes palestiniens contre les centres à forte population civile du sud d'Israël. Ces attaques ont entraîné des pertes et des dommages, en particulier à Sderot, qui a essuyé 10 tirs de roquette pendant les deux premiers jours de la nouvelle année scolaire. Un engin tiré par le Djihad islamique a également touché une base de l'armée israélienne à Zikim le 11 septembre, blessant 44 soldats, dont un grièvement, et en laissant 23 autres en état de choc », a dit le Secrétaire général adjoint.

Le soldat israélien Gilad Shalit est toujours détenu à Gaza et les efforts déployés pour relancer les pourparlers autour de sa libération restent apparemment vains.

B. Lynn Pascoe a rappelé aussi qu'hier, le cabinet de sécurité israélien avait qualifié Gaza d'entité ennemie et annoncé son intention d'y interrompre les services essentiels, tels que la fourniture en électricité et en essence, à la population civile.

Israël a également fermé la bande de Gaza au mouvement des Palestiniens, qui ne peuvent ni y entrer, ni en sortir, et indiqué qu'il allait restreindre de manière drastique la circulation des ressortissants étrangers.

Comme affirmé hier par le Secrétaire général, si nous comprenons parfaitement les préoccupations d'Israël en matière de sécurité, les mesures annoncées, si elles devaient être mises en ?uvre, n'en constitueraient pas moins une violation de ses obligations envers la population civile en vertu du droit international humanitaire et des droits de l'homme.

Il y a 1,4 million de personnes à Gaza, y compris des personnes âgées, des jeunes et des malades. Elles ne doivent pas être punies pour les agissements inacceptables des activistes et des extrémistes. Nous estimons qu'Israël doit reconsidérer sa décision, a-t-il affirmé.

 

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