L'UNESCO soutient l'appel de Bamako visant à combattre l'analphabétisme en Afrique
« Savoir lire et écrire est un droit humain fondamental : gage d'accès à l'éducation, à la santé et au bien-être », a déclaré Koïchiro Matsuura, le directeur général, lors de l'inauguration, selon un communiqué publié aujourd'hui à Paris.
Lors de la conférence « Le renouveau de l'alphabétisation pour faire face aux défis africains et internationaux » qui s'est tenue à Bamako, au Mali, du 10 au 12 septembre, tous les participants ? plus de 300 ministres, représentants des universités, de la société civile et des agences de l'ONU ? ont souligné la nécessité d'honorer les engagements pris contre l'analphabétisme.
Car si le taux d'alphabétisation dans la région a augmenté de 10% depuis 1990, « l'Afrique subsaharienne compte encore 150 millions d'adultes analphabètes, soit moins de 60% des adultes qui savent lire et écrire ». C'est un des taux d'alphabétisation les plus bas du monde.
Par ailleurs, le rapport mondial de suivi sur l'éducation pour tous indique que près de 38 millions d'enfants ne sont pas scolarisés dans la région et qu'environ deux tiers d'entre eux quittent l'école prématurément, ou achèvent leur cycle sans réelle maîtrise des compétences de base. D'ici 2015, le nombre d'analphabètes en Afrique subsaharienne devrait atteindre 168 millions.
Pendant la conférence, les participants ont abordé les thèmes de l'alphabétisation mère-enfant, l'alphabétisation pour la santé ou pour la génération de revenus, mais aussi l'utilisation des technologies de l'information et de la communication.
Ils ont souligné l'importance de la participation du secteur privé, de la formation des enseignants, de l'alphabétisation dans la langue maternelle et du renforcement des liens entre éducation formelle et non formelle.
Malgré les efforts, « les budgets consacrés à l'éducation de base restent très insuffisants », a déclaré Koïchiro Matsuura, qui a invité les donateurs à financer plus généreusement ce secteur. En effet, sur les 11 milliards de dollars annuels nécessaires pour l'aide à l'éducation de base, seulement 4 devraient être disponibles chaque année jusqu'en 2010.
Parallèlement, les 22 Premières Dames présentes ou représentées à la conférence se sont engagées à oeuvrer davantage en faveur de l'alphabétisation et ont exhorté les Etats à augmenter les budgets dédiés à l'éducation non formelle.
La réunion de Bamako est une des six conférences régionales organisées pour combattre l'analphabétisme dans le monde. Les deux premières ont eu lieu à Doha, au Qatar, en mars, et à Beijing, en Chine, en juillet-août. D'ici la fin 2008, trois autres réunions auront lieu en Inde, au Costa Rica et en Azerbaïdjan.
Cette vaste campagne internationale en faveur de l'alphabétisation s'inscrit dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l'alphabétisation (2003-2012).