L&#39UNHCR craint pour la sécurité des Iraquiens fuyant leur pays suite aux restrictions des visas syriens

11 septembre 2007

Pour la première fois depuis des mois, si ce n&#39est des années, le personnel du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) en visite à la frontière iraquo-syrienne hier ont trouvé le point de passage quasiment vide.

« C'était hier le premier jour de l'application des nouvelles restrictions concernant les visas que le gouvernement syrien impose désormais à tous les Iraquiens qui souhaitent entrer en Syrie – à l'exception de certaines catégories professionnelles », a expliqué le porte-parole du HCR, Ron Redmond lors d'une conférence de presse à Genève.

« Les Iraquiens doivent maintenant demander un visa à l'Ambassade de Syrie à Bagdad. Ces réglementations signifient qu'il n'existe plus d'endroit sûr hors du pays pour les Iraquiens fuyant les persécutions et les violences », a-t-il ajouté.

On estime à 2 000 les Iraquiens qui quittent quotidiennement leurs maisons à l'intérieur même du pays, aussi nous sommes de plus en plus inquiets quant à leur sort et à leurs possibilités désormais restreintes de trouver la sécurité, a dit Ron Redmond.

Les détails exacts de ce nouveau régime pour les visas n'ont pas encore été publiés par le gouvernement syrien. L'UNHCR a activement plaidé pour un visa "humanitaire" pour les personnes qui fuient la violence et les persécutions.

Des explications du ministère de l'Intérieur, des Affaires étrangères et du département de l'Immigration indiquent que jusqu'actuellement, les visas sont accordés pour des raisons commerciales (avec le soutien de la Chambre de Commerce), scientifiques (avec le soutien de la Chambre d'Industrie), pour le transport et pour l'éducation. Des discussions avec le ministère de l'Education indiquent que des familles avec enfants en âge d'être scolarisés pourraient obtenir un visa pour une année, mais rien n'a encore été confirmé.

L'UNHCR a reçu des assurances de différentes autorités gouvernementales que la Syrie n'expulserait pas de réfugiés iraquiens résidant actuellement dans le pays. La Syrie a bien sûr été extrêmement généreuse en acceptant quelque 1 400 000 Iraquiens avec un soutien international limité.

Selon le porte-parole, « il est trop tôt pour savoir si la Syrie fera des exceptions pour raisons humanitaires à cette politique de visa, pour les personnes fuyant la violence et les persécutions ».

L'Ambassade de Syrie à Bagdad est située dans le quartier d'Al Mansour, une zone où l'on assiste encore à de fréquentes violences sectaires. Les Iraquiens ont déclaré à l'UNHCR que leur vie serait mise en danger s'ils sont dans l'obligation de se rendre dans ce quartier afin d'obtenir un visa.

Entre-temps, l'Ambassadeur de bonne volonté de l'UNHCR Adel Imam est arrivé en Syrie pour une mission de deux jours afin de se rendre compte par lui-même de la situation critique de centaines de milliers de familles déracinées par le conflit en cours en Iraq.

Fin juillet, l'UNHCR et l'UNICEF ont lancé un appel de fonds commun de 129 millions de dollars dans le but de re-scolariser 155 000 jeunes réfugiés iraquiens à travers le Moyen-Orient.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés estime à plus de 4,2 millions le nombre d'Iraquiens qui ont dû quitter leurs foyers – 2 millions vers des Etats voisins et 2,2 millions supplémentaires déplacés à l'intérieur de l'Iraq.

 

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