OCHA : le Soudan et l&#39Iraq parmi les deux plus graves crises humanitaires dans le monde

31 août 2007

La Coordonnatrice adjointe des secours d&#39urgence de l&#39ONU, Margaretha Wahlström, a fait aujourd&#39hui un bilan des opérations humanitaires au Darfour, soulignant que si « les souffrances humaines ne pouvait pas être comparées », les crises au Darfour et en Iraq méritaient toutes deux une égale attention de la part de la communauté internationale.

« La violence continue au Darfour ». « Les chiffres sont frappants : il y a eu 55.000 nouveaux déplacés entre le mois de juin et le 21 août. Près de 250.000 nouveaux déplacés depuis le début de l'année », a-t-elle précisé lors d'une conférence de presse à New York (webcast).

« L'opération au Darfour reste l'opération humanitaire la plus importante des Nations Unies depuis trois ans. Au total, sur une population totale de 6,4 millions, 2,2 millions sont déplacés, et 4 millions dépendent d'une assistance humanitaire », a dit Margaretha Wahlström.

« La situation des travailleurs humanitaires, en termes de violence et des obstacles administratifs, n'est pas positive, alors que les incidents à leur encontre ont augmenté de 150% ». « Les convois sont attaqués, pillés, les travailleurs doivent se retirer de certaines zones : 24 fois cette année seulement », a-t-elle signalé.

« On constate de plus en plus 'd'hors-la-loi' et la multiplication des armes », a-t-elle souligné.

Interrogée sur « l'obligation qui pèse sur le gouvernement du Soudan de remettre à la Cour pénale internationale (CPI) l'ancien ministre des affaires humanitaires inculpé de crimes contre l'humanité », Margaretha Wahlström a souligné que le Procureur de la CPI rendait régulièrement compte de ses activités au Conseil de sécurité, et que l'ONU soutenait la juridiction internationale.

Elle a souligné que la seule exception à l'interruption des poursuites par la CPI serait le cas où les autorités nationales seraient en mesure de juger l'individu en question. « Ce n'est pas le cas encore au Soudan », a-t-elle affirmé.

Margaretha Wahlström a évoqué la détérioration de la situation alimentaire : pour la première fois en trois ans, que l'on dépasse le seuil de 15% de malnutrition dans certaines zones. « Ces chiffres sont corroborés par une étude du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) », a-t-elle précisé, ce qui montre une véritable tendance dans les trois Etats du Darfour.

La responsable d'OCHA a expliqué que c'était la première fois que l'on constatait un tel phénomène, même en dépit de la saison maigre habituelle au Darfour.

« En définitive, les attentes du déploiement de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) sont très importantes », a-t-elle affirmé (dépêche du 31.07.2007), ajoutant qu'il faudra sans aucun doute poursuivre les opérations humanitaires au long de l'année 2008.

Interrogée par ailleurs sur l'Iraq, Margaretha Wahlström a souligné qu'il « n'y avait pas de pression politique pour qu'OCHA étende ses opérations dans le pays ».

La pression, a-t-elle souligné, existe quant à la façon dont les Nations Unies peuvent agir dans le pays sans se trouver davantage exposées.

« L'ONU continuera à travailler notamment par l'intermédiaire des ONG, locales et internationales ». « Déjà avant la dernière guerre, les infrastructures étaient endommagées et 70% de la population n'avait pas accès à l'eau potable », a dit la responsable d'OCHA. « Aujourd'hui évidemment c'est encore bien pire ».

« Près de 8 millions de personnes en Iraq sont maintenant touchées par l'assistance humanitaire, notamment l'aide médicale », a-t-elle fait observer.

En réponse à une question, Margaretha Wahlström a souligné que le plus grand déplacement de personnes dans l'histoire récente était celui qui avait résulté de la partition entre l'Inde et le Pakistan. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estime à 4,2 millions le nombre d'Iraquiens déplacés.

« Les souffrances humaines ne peuvent pas être comparées », a-t-elle souligné, avant de reconnaître que le nombre de personnes déplacées et de réfugiés ayant quitté l'Iraq fait que la situation en Iraq et la crise au Darfour sont « toutes deux d'ampleur égales et requièrent toutes deux l'attention de la communauté internationale ».

« L'impact des violences commence à se faire sentir bien au-delà », a-t-elle conclut.

 

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