RDC : la crainte d&#39une escalade provoque de nouveaux mouvements de réfugiés au Nord-Kivu

31 août 2007

Des milliers de nouveaux déplacés internes fuient les tensions et l&#39insécurité accrues dans les districts de Masisi et de Rutshuru au Nord-Kivu dans l&#39est de la République démocratique du Congo (RDC), annonce aujourd&#39hui le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« La population de l'un des camps de fortune à Mugunga, situé à 15 kilomètres à l'ouest de Goma, a doublé ces deux dernières semaines, selon ceux qui y vivent. Il y a tout juste quatre semaines, Mugunga hébergeait quelque 9.000 personnes déplacées internes. Aujourd'hui, on compte environ 18.000 personnes », a déclaré la porte-parole de l'agence, Jennifer Pagonis lors de sa conférence de presse au Palais des Nations à Genève.

Depuis décembre 2006, plus de 20 sites comme celui de Mugunga sont apparu dans la province du Nord-Kivu, alors que les familles d'accueil n'ont plus les capacités pour héberger les nouveaux arrivants.

« Nous sommes de plus en plus inquiets quant à l'augmentation du déplacement et des atrocités dans l'est de la RDC. Avec l'accroissement des tensions et le déploiement de forces militaires, la situation risque de dériver vers une catastrophe humanitaire et un désastre en matière de droits de l'homme », a prévenu Jennifer Pagonis.

« Selon nos équipes, davantage de déplacés ont continué à arriver dans divers sites ces derniers jours, alors que les Congolais vivant dans de nombreux villages situés dans les districts de Masisi et Rutshuru craignent des affrontements entre les forces gouvernementales régulières de la RDC, les troupes hors-la-loi résistant à l'intégration dans l'armée régulière et divers groupes rebelles », a expliqué la porte-parole.

« Les personnes déplacées internes présentes à Mugunga ont indiqué avoir fui par crainte des combats et de l'escalade de la violence, et non à cause d'attaques directes ».

« Depuis lundi, quelque 600 personnes déplacées ont trouvé refuge, dans des conditions de surpeuplement, dans un bâtiment scolaire près de Mugunga. Les déplacés présents dans le site de Mugunga vivent dans des conditions précaires sur de la roche volcanique ».

« En 1994, Mugunga avait été le théâtre d'une tragédie humanitaire, lorsque des centaines de milliers de réfugiés rwandais y étaient arrivés après avoir fui leur pays suite au génocide rwandais, formant l'un des plus grands camps de réfugiés à cette époque ».

« L'accès aux déplacés est un problème pour les agences humanitaires à cause de la dégradation de la situation sécuritaire. Lorsque c'est possible, nos équipes de surveillance sur le terrain visitent régulièrement les zones de déplacement pour évaluer les besoins ».

La porte-parole a indiqué que pour améliorer les conditions de vie sur le site de Mugunga, l'UNHCR a organisé une formation hier pour les représentants des déplacés et les autorités locales à Mugunga, mettant l'accent sur la gestion du camp.

« Nos équipes ont fourni des instructions pour la distribution de l'eau, la maintenance des abris et des latrines. D'autres ONG et agences des Nations Unies fournissent d'urgence des articles domestiques et des rations alimentaires aux déplacés dans ce site ainsi que d'autres au Nord-Kivu ».

« Nous préparons actuellement davantage de projets pour améliorer les conditions de vie dans les sites accueillant des déplacés au Nord-Kivu. Depuis décembre 2006, environ 180.000 Congolais ont été nouvellement déplacés au Nord-Kivu, incluant des mouvements de réfugiés vers l'Ouganda. Les dernières informations datant de la semaine dernière font état de quelque 10.000 Congolais ayant fui vers le district de Kisoro au sud-ouest de l'Ouganda. Au total, on compte maintenant plus de 650.000 déplacés internes dans la province du Nord-Kivu », a dit Jennifer Pagonis.

 

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