La CNUCED recommande l&#39ouverture de &#39nouveaux accords commerciaux&#39 pour relancer l&#39économie palestinienne

30 août 2007

D&#39après un nouveau rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), pour réduire la vulnérabilité de l&#39économie palestinienne aux mesures restrictives israéliennes, il faut élargir la marge d&#39action des décideurs palestiniens et réorienter le commerce palestinien dans le cadre des accords régionaux de transport en transit.

« D'après un nouveau rapport de la CNUCED (en anglais seulement), l'accent doit être mis sur l'assistance pour limiter la vulnérabilité de l'économie », estime un communiqué publié aujourd'hui à New York.

« Pour rompre l'isolement du territoire palestinien occupé et réduire sa dépendance à l'égard d'Israël, il est essentiel d'ouvrir d'autres itinéraires commerciaux en utilisant les installations portuaires de la Jordanie et de l'Égypte », affirme le rapport.

Selon la CNUCED, « la réorientation des échanges commerciaux palestiniens devrait s'inscrire dans le cadre des accords régionaux de transport en transit. Il importe également de réorienter le débat des questions de sécurité vers une plus grande sûreté et fiabilité des échanges commerciaux ».

La Commission estime que « les restrictions de mouvement imposées par Israël ont abouti à une séparation effective des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, et à l'éclatement du territoire palestinien occupé ».

Au mois de juin dernier, Ban Ki-moon avait pour sa part exprimé sa préoccupation face à la situation humanitaire à Gaza, où une large proportion de la population dépend de l'assistance internationale ».

Le Secrétaire général s'était exprimé au lendemain de l'échec du gouvernement d'union nationale entre le Fatah et le Hamas, à la suite duquel le mouvement islamiste du Hamas avait pris le contrôle par la force du territoire de Gaza (dépêche du 15.06.2007), lors d'affrontements sanglants interpalestiniens.

Le rapport de la CNUCED affirme aujourd'hui que « le revenu national brut palestinien par habitant a chuté de 15 % en 2006 et le produit intérieur brut (PIB) de 6,6 % ».

Le chômage est resté élevé (30 %) et 53 % environ des ménages vivent en dessous du seuil national de pauvreté. D'après des estimations de la CNUCED, les pertes de revenu cumulées entre 2000 et 2005 ont atteint 8,4 milliards de dollars, soit deux fois la taille de l'économie palestinienne actuelle. Le montant des pertes matérielles est estimé à un tiers de la capacité de production qu'avait le territoire palestinien occupé en 1998.

« Du fait qu'Israël bloque les recettes fiscales palestiniennes collectées au nom de l'Autorité palestinienne et que les donateurs rechignent à soutenir celle-ci depuis 2006, le déficit public est passé de 761 millions de dollars en 2005 (17 % du PIB) à 791 millions de dollars en 2006 (19 % du PIB) », affirme le rapport.

Les pertes de revenu, sans compter les recettes fiscales bloquées par Israël, ont dépassé 250 millions de dollars en 2006. Les pertes cumulées de recettes publiques sont estimées à 1,2 milliard de dollars pour la période 2000-2005.

Au mois d'avril dernier, la Commissaire européenne pour les relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, qui participe au Quatuor pour le Moyen Orient, estimait que « les Palestiniens avaient besoin en tout de 1,3 milliard de dollars ». « Les pays arabes ont fait de grandes promesses mais ne les ont pas encore mises en oeuvre, Israël retient encore près de 700 millions de dollars de frais de douanes revenant à l'Autorité palestinienne », avait-elle expliqué.

Lors de son dernier exposé au Conseil de sécurité, le Coordonnateur spécial du Secrétaire général pour le Moyen-Orient, Michael Williams, rapportait que pour la première fois des pommes de terre avaient été exportées par le point de passage de Kerem Shalom, tout en regrettant que le principal point de passage de Karni reste fermé.

Il estimait aussi que « près de 85% des commerces à Gaza ont maintenant fermé, que 95% des projets de construction privés ont cessé pour un coût de 160 millions de dollars, et que les projets de construction des Nations Unies, d'un montant de 213 millions de dollars, ont aussi été interrompus. « Près de 70.000 travailleurs ont perdu leur emploi », précisait-il.

D'après le rapport de la CNUCED, pour remédier à la vulnérabilité de l'économie palestinienne, il faut « créer les institutions nécessaires pour répondre aux besoins grandissants de la population; jeter les bases nécessaires au fonctionnement d'une économie souveraine dans le futur État palestinien; et fournir aux décideurs palestiniens des moyens d'action beaucoup plus larges que ceux proposés par le Protocole de Paris ».

La CNUCED a réalisé d'importants progrès, dans le cadre de son programme d'assistance technique au peuple palestinien, concernant la modernisation des douanes, la création du Conseil des chargeurs palestiniens et les démarches à l'effet que la Palestine obtienne le statut d'observateur auprès de l'Organisation mondiale des douanes.

Pour intensifier ses efforts, le secrétariat a besoin de l'aide financière des donateurs pour entreprendre des projets relatifs au développement des petites et moyennes entreprises (PME) et à la promotion de l'investissement, souligne le communiqué.

 

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