Face aux déplacements croissants d&#39Iraquiens, le HCR demande de l&#39aide pour les pays d&#39accueil

28 août 2007

Alors que le nombre de déplacés iraquiens augmente, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) demande à la communauté internationale une aide directe bilatérale pour les pays d&#39accueil.

« Actuellement, on estime à 4,2 millions les Iraquiens qui sont déracinés de chez eux, avec – selon l'UNHCR et le Croissant-Rouge Iraquien – un taux mensuel de déplacements dépassant les 60 000 personnes, comparé au chiffre précédent de 50 000 personnes » a déclaré Jennifer Pagonis, la porte-parole du HCR, selon un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

Deux millions d'Iraquiens sont déplacés dans leur pays, où la situation humanitaire s'aggrave dans toutes les régions. Certains camps ne sont pas accessibles aux travailleurs humanitaires en raison de l'insécurité.

En Syrie, il y aurait plus de 1,4 millions d'Iraquiens, selon les chiffres donnés par les autorités. La Jordanie estime, elle, qu'ils sont entre 500 000 et 750 000. En Europe, le nombre des demandeurs d'asile iraquiens au cours du premier semestre 2007 a augmenté à près de 20 000 personnes, ce qui correspond au même chiffre que celui de toute l'année 2006.

Le HCR, dont 300 de ses effectifs travaillent en Iraq, a par ailleurs enregistré plus de 170 000 réfugiés dans les pays voisins de l'Iraq, dont 15 pour cent nécessite une assistance particulière, dont plusieurs personnes traumatisées et victimes de tortures.

« Depuis le début de l'année, nous avons présenté plus de 13 200 dossiers d'Iraquiens des cas les plus vulnérables aux pays de réinstallation, dont 9 888 cas aux Etats-Unis, et 3 444 dossiers à l'Australie, au Canada, au Royaume Uni, à la Nouvelle-Zélande, à la Suède, au Danemark, à la Finlande, à la Norvège et au Brésil. Jusqu'à présent, seules quelques centaines de cas ont été réinstallés dans un pays tiers », a indiqué Jennifer Pagonis.

Le HCR demande « avec insistance » aux pays de statuer rapidement sur les demandes de réinstallation, car il s'agit en général des personnes les plus vulnérables –cas médicaux urgents, femmes seules chefs de famille, victimes de tortures.

Jennifer Pagonis a par ailleurs renouvelé ses remerciements à la Jordanie, qui a récemment ouvert les portes de ses écoles aux enfants iraquiens (dépêche du 21.08.2007).

Elle a aussi rappelé le besoin « urgent » de trouver une solution humanitaire pour les 1.600 Palestiniens bloqués le long de la frontière entre l'Iraq et la Syrie, entre les camps de Al Tanf et Al Waleed, qui eux, « contrairement aux Iraquiens – ne peuvent trouver refuge au sein de communautés amies à l'intérieur de l'Iraq ou de pays voisins ».

La porte-parole s'est adressée aux donateurs, notamment au sujet de l'appel de 129 millions pour l'éducation qui avait été lancé conjointement avec l'UNICEF, et qui avait pour objectif de re-scolariser près de 150 000 enfants réfugiés d'Iraq dans des pays voisins. Malgré de « bonnes indications » sur l'arrivée prochaine de fonds, il n'a toujours pas été financé.

Enfin, Jennifer Pagonis a rappelé que les pays d'accueil voient en général leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs services publics et leurs infrastructures sérieusement surchargés ; elle a donc encouragé les donateurs à leur fournir une aide bilatérale directe.

 

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