La protection des populations au centre de la visite de Ban Ki-moon au Soudan, au Tchad et en Libye

28 août 2007

Le Secrétaire général insistera auprès des autorités soudanaises sur le respect de la présence de la communauté humanitaire lors de son prochain voyage dans le pays au mois de septembre, a-t-il annoncé lors d&#39une conférence de presse à New York à la veille d&#39un voyage qui le mènera du Soudan au Tchad puis en Libye.

« Le Conseil de sécurité a approuvé la résolution 1769 qui prévoit l'envoi de quelque 19.555 casques bleus au Darfour. Nous avons une 'occasion historique' et il faut la saisir », a dit le Secrétaire général, qui a déclaré vouloir constater directement sur le terrain les difficultés que rencontreront les casques bleus (webcast).

Lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU, à New York, Ban Ki-moon a déclaré vouloir aussi jeter les bases d'une solution durable au conflit qui oppose plusieurs groupes rebelles dans la région de l'Ouest du pays au gouvernement central de Khartoum.

Il s'est dit à cet égard très préoccupé par la recrudescence de la violence, notamment les attaques contre des villages qui ont fait des centaines de morts ces dernières semaines seulement, y compris au Sud-Soudan. « Ces actes sont tout simplement inacceptables », a-t-il affirmé, avant d'appeler toutes les parties à cesser le feu immédiatement.

Ban Ki-moon a proposé de commencer par le déploiement des casques bleus. « Cela requiert un effort logistique massif. Il s'agira d'une des Missions les plus importantes et les plus complexes jamais déployées par les UN, avec l'Union africaine (UA) », a-t-il rappelé.

Il a souligné à cet égard que « de nombreux pays avaient déjà fait des engagements fermes ». Mais dans certains domaines critiques, il existe encore des carences, notamment dans le transport aérien », a-t-il expliqué.

« Les soldats seront principalement africains. Il est même possible que l'offre dépasse la demande. Mais il nous faut encore l'expertise dont ne disposent pas les pays africains », a-t-il poursuivi, ajoutant que « tout cela ne réussira pas sans l'aide du gouvernement soudanais ».

Par ailleurs, « le maintien de la paix ne sera pas suffisant », a-t-il fait observer, réitérant son appel au progrès des négociations de paix dans la foulée des pourparlers tenus en Tanzanie.

Il a proposé une conférence de paix à la fin de l'été en ce sens.

Le Secrétaire général se rendra aussi à Juba, capitale du Sud-Soudan, afin de « pousser au respect des accords de paix Nord-Sud, notamment sur la question du partage du pouvoir et des ressources naturelles, afin que des élections nationales pleinement représentatives puissent avoir lieu en 2009 comme prévu ».

Troisième point de son plan d'action : des solutions visant les causes fondamentales du conflit. « Toute véritable solution implique le développement durable ». « Il faut y réfléchir dès maintenant », a-t-il souligné, évoquant des programmes de reconstruction des infrastructures, des transports et des équipements médicaux et sanitaires.

Il a notamment évoqué la possibilité de procéder à des forages pour retrouver l'eau qui pourrait se trouver dans un ancien lac situé dans le sous-sol du Darfour. Une équipe d'ingénieurs des Nations Unies se trouve déjà sur le terrain, a-t-il annoncé.

Ban Ki-moon a évoqué par ailleurs les efforts de la Libye pour rapprocher les rebelles au Darfour. Son voyage se terminera donc par une visite à Tripoli, a-t-il expliqué.

Interrogé sur la série de responsables humanitaires expulsés du Soudan, le Secrétaire général s'est déclaré préoccupé par ces actes. « Nous avons soulevé la question à travers le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) », a-t-il affirmé, précisant qu'il le ferait de nouveau directement auprès du président soudanais Omar Hassan El Béchir.

Mais il a écarté pour l'instant l'opportunité de sanctions à l'encontre le Soudan.

Interrogé sur la mise en oeuvre des deux mandats d'arrêts lancés par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre de responsables de crimes contre l'humanité, le Secrétaire général a souligné qu'il rencontrerait le président de la CPI aujourd'hui même.

Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a appelé au mois de juin, devant le Conseil de sécurité à New York, à l'arrestation d'Ahmad Harun, ex-ministre d'État chargé de l'Intérieur au sein du gouvernement soudanais et actuellement ministre d'Etat chargé des Affaires humanitaires, et d'Ali Kushayb, un dirigeant de miliciens/Janjawid (dépêche du 7.06.2007).

A la question de savoir si les discussions d'Arusha avaient permis d'apporter des résultats, le Secrétaire général a souligné qu'il « s'agissait d'un processus extrêmement difficile ». « Cela requiert énormément de patience », a-t-il souligné, rappelant que le dernier cycle de pourparlers s'était conclu par une déclaration promettant un nouveau cycle dans les deux ou trois mois.

Il a aussi rappelé qu'il s'entretiendrait avec le président Deby du Tchad, sur la question des réfugiés et sur les relations entre le Tchad et le Soudan.

Le Secrétaire général a par ailleurs annoncé que le 21 septembre, à son retour du Darfour, aura lieu une réunion de suivi de la réunion de Paris en présence du président de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré. Le 14 septembre aura lieu aussi la première réunion du Comité directeur ONU/UA sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Le Secrétaire général a révélé qu'il comptait annoncer la nomination d'un nouveau Représentant spécial pour le Soudan, à la veille de son départ pour le Soudan, alors que ce poste était vacant depuis le mois de décembre dernier, suite à l'expulsion du dernier représentant en date, le hollandais Jan Pronk.

Enfin, le Secrétaire général a annoncé la tenue de réunions de haut niveau sur l'Iraq et l'Afghanistan à la veille du début de l'Assemblée générale, ainsi qu'une réunion du Quatuor pour le Moyen-Orient.

 

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