Libéria : le Secrétaire général propose un plan de retrait gradué des forces des Nations Unies

16 août 2007

Saluant dans son dernier rapport sur le Libéria les « progrès remarquables accomplis », le Secrétaire général soumet au Conseil de sécurité un plan de retrait des forces des Nations Unies, qui reposera notamment sur les progrès accomplis par le gouvernement sur la restructuration des forces de sécurité.

« Le gouvernement de la présidente Johnson-Sirleaf a fait de grands progrès en matière de consolidation de la paix et de promotion de la relance économique au Libéria », affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport en date sur la Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL), publié aujourd'hui.

« Le gouvernement a notamment réussi à mettre en ?uvre les mesures requises pour obtenir la levée des sanctions pesant sur le bois d'oeuvre et les diamants; à augmenter les recettes de l'État de 48%; à mener à bien le programme de suivi du Fonds monétaire international; à élaborer et mettre en ?uvre une stratégie provisoire de lutte contre la pauvreté; à rétablir l'approvisionnement en électricité et en eau dans certains quartiers de Monrovia pour la première fois depuis 15 ans; à faire progresser le taux de scolarisation de 40%; à améliorer la situation des droits de l'homme; et à entretenir des relations mutuellement avantageuses avec ses voisins ».

« Ce sont là des réalisations remarquables pour un pays qui sort d'une situation d'anarchie totale et dont les institutions et les infrastructures publiques s'étaient effondrées », affirme le rapport du Secrétaire général.

« Cependant, il reste beaucoup à faire. La consolidation de la paix et la refonte des institutions de l'État n'en sont qu'à leur tout début », prévient Ban Ki-moon.

« Tant que l'armée et la police ne fonctionneront pas indépendamment et que la justice n'aura pas été rétablie et ne sera pas devenue accessible à tous les Libériens, le pays court toujours le risque de retomber dans l'anarchie ».

« Par ailleurs, assurer la réinsertion professionnelle des ex-combattants et des membres des services de sécurité démantelés, créer des emplois, garantir une véritable réconciliation nationale, répondre aux besoins des victimes du conflit, faire reculer la pauvreté et dispenser les services sociaux de base à la population sont autant de tâches essentielles dont le Libéria doit s'acquitter pour assurer la stabilité à long terme du pays », souligne le rapport.

S'il veut surmonter ces difficultés, l'État devra prendre les mesures qui s'imposent pour favoriser la croissance économique afin de dégager les recettes nécessaires.

« La lenteur des progrès réalisés dans le renforcement du secteur de la sécurité est un grand sujet de préoccupation. La formation des Forces armées du Libéria a pris énormément de retard, ce qui s'est traduit par le report de la date de mise en activité de ses unités ».

« D'autre part, même si l'on est en bonne voie d'atteindre les objectifs fixés en matière de formation de la Police nationale libérienne, son efficacité opérationnelle est entravée par le manque de fonds, de véhicules, d'équipement de communication et de logements ».

Face à ces lacunes, le Secrétaire général appelle la communauté internationale à « soutenir la dotation en équipement et le déploiement de la Police nationale libérienne et contribuer à parachever la formation des Forces armées du Libéria dans les meilleurs délais ».

Ban Ki-moon invite également « le gouvernement libérien à mener à bien sa stratégie en matière de sécurité nationale et à mettre en place la structure nécessaire dans ce domaine dans les prochains mois ».

« Bien que l'extraction illégale de diamants continue de poser de graves problèmes et demeure un facteur éventuel d'instabilité, il faut saluer les efforts déployés par le gouvernement pour mettre fin à ces activités, lesquels ont abouti à la levée des sanctions qui pesaient sur le commerce de diamants et à l'intégration du Libéria au Système de certification du Processus de Kimberley », souligne le rapport.

« J'encourage le gouvernement à renforcer la réglementation de ce secteur important et à veiller à ce que le Libéria applique rigoureusement le Processus de Kimberley », affirme Ban Ki-moon.

Compte tenu des nombreuses difficultés avec lesquelles le Libéria est encore aux prises, surtout la complexité et la fragilité de la situation sur le plan de la sécurité, le rapport recommande que le Conseil de sécurité approuve le plan de retrait contenu dans le rapport.

Ce dernier rappelle qu'actuellement, les effectifs militaires de la MINUL se composent de 14.141 soldats sur le total autorisé de 15 125, tandis que sa force de police se compose de 1.180 hommes (dont 18 agents de l'administration pénitentiaire) sur un maximum autorisé de 1.240.

Selon le rapport, le plan de la MINUL comporterait un retrait de la composante militaire de la Mission en trois phases.

« Au cours de la première phase, 2.450 soldats (trois bataillons et trois compagnies d'infanterie) seraient rapatriés, ce qui ramènerait les effectifs de la Mission à 11.691 personnes ».

« La deuxième phase consisterait surtout à réorganiser les quatre secteurs militaires existants pour qu'il n'y en ait plus que deux ».

« Cela supposerait de rapatrier quelque 500 militaires appartenant à deux états-majors de secteur, notamment des officiers d'état-major, des observateurs militaires et deux unités médicales, ainsi que des officiers du quartier général de la Mission. À la fin de cette phase, les effectifs de la Mission s'établiraient à 11.191 personnes ».

« Au cours de la troisième phase, deux autres bataillons ainsi que plusieurs unités régionales (2.191 personnes) seraient rapatriés, ce qui ramènerait l'ensemble des effectifs de la MINUL à 9.000 personnes. Un bilan serait alors réalisé pour évaluer la situation par rapport aux principaux objectifs fixés », affirme le rapport du Secrétaire général.

« Si le Conseil approuve mes propositions », affirme Ban Ki-moon » « j'ai l'intention de faire le point régulièrement sur le déroulement du retrait. Cela permettrait au Conseil de sécurité, au gouvernement et à la MINUL de faire le bilan de la situation en matière de sécurité et d'évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés ».

Entre-temps, le Secrétaire général recommande que le mandat de la Mission soit reconduit pour une période d'un an, jusqu'en septembre 2008.

 

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