Somalie : deux journalistes assassinés, l&#39ONU appelle à mettre fin à l&#39impunité

14 août 2007

Le Coordonnateur humanitaire résident des Nations Unies en Somalie, Eric Laroche, a condamné aujourd&#39hui fermement l&#39assassinat de deux personnalités importantes des médias indépendants somaliens, à quelques heures d&#39intervalle, samedi 11 août.

« Les évènements violents de ces derniers jours montrent à quel point la liberté d'expression reste fragile en Somalie », a-t-il déclaré dans un communiqué publié à Nairobi.

Il appelle les autorités et tous les autres groupes à travers le pays à respecter le droit de chacun à exprimer ses opinions sans interférence extérieure, et à rechercher, recevoir et diffuser l'information en utilisant tous les médias.

« Le gouvernement fédéral de transition a la responsabilité de mettre fin à l'impunité dans ces attaques contre les journalistes, et ce en procédant à des enquêtes promptes et impartiales : il doit aussi empêcher toute forme de pression sur les médias », a souligné le Coordonnateur résident de l'ONU.

« De plus, le projet de législation sur les médias doit garantir que la liberté d'information et des médias, telle que définie dans l'article 20 de la Charte fédéral de transition, soit pleinement protégée », a-t-il ajouté.

Eric Laroche a exprimé sa profonde sympathie aux familles des victimes, ainsi qu'à leurs collègues, et sa solidarité avec les membres d'une profession qui fait un travail essentiel en défendant le droit à l'information de la population.

« Ces meurtres sont les dernières attaques en date contre les médias en Somalie et portent le nombre de journalistes tués dans le pays cette année à six », a-t-il déploré, insistant sur la nécessité d'une action résolue pour garantir la liberté et la sécurité des médias.

La première victime de ce samedi est le journaliste de la Radio HornAfrik, Mahad Ahmed Elmi, abattu par quatre inconnus au matin. Le second, Ali Iman Sharmarke, fondateur et président de HornAfrik, a trouvé la mort dans sa voiture, après l'explosion d'un engin explosif alors qu'il revenait de l'enterrement de son collègue.

Ali Iman Sharmarke, de double nationalité somalienne et canadienne, était revenu en Somalie il y a neuf ans afin d'établir et de gérer le groupe médiatique HornAfrik. Ce groupe travaille régulièrement avec les Nations Unies sur des questions comme le Sida, la sensibilisation aux mines ou le recrutement d'enfants-soldats.

Les deux hommes étaient des personnalités respectées parmi les journalistes somaliens qui s'efforcent de maintenir un souffle de liberté de l'information dans le pays, ainsi que les principes d'impartialité et de précision, alors que la Somalie est déchirée par la violence.

Un troisième journaliste, Abdihakim Omar Jimale, de Radio Mogadiscio, a lui aussi été victime d'une tentative d'assassinat vendredi soir dernier. Il est toujours sous contrôle médical.

Ces trois crimes n'ont pas été revendiqués jusqu'ici.

Vendredi matin, neuf journalistes et d'autres employés de Radio Shabelle ont été détenus pendant plusieurs heures sur ordre du tribunal par un haut responsable policier qui recherchait un journaliste ayant juste diffusé un reportage sur un évènement de la veille.

Ce journaliste, Mohamed Abdi Farah 'Afgoye', vit caché depuis, craignant pour sa vie. Cette même station de radio a été menacée quelques jours auparavant par un diplomate étranger, dont le discours a été enregistré et diffusé sur les ondes.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.