Somalie : nouvelle vague de départs de Mogadiscio

3 août 2007

Depuis le début du mois de juin, quelque 27.000 personnes supplémentaires ont fui la capitale somalienne, Mogadiscio en raison d&#39un récent regain de violence, indique aujourd&#39hui le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Bien que le Gouvernement fédéral somalien de transition ait annoncé, en mai, avoir vaincu les insurgés, quelque 6.000 civils ont fui en juin et 21.000 en juillet », a précisé le porte-parole du HCR, Ron Redmond, lors de son point presse au Palais des Nations de Genève.

Entre février et mai, plus de 400.000 civils avaient fui d'importants combats entre les insurgés et le Gouvernement fédéral de transition soutenu par les Ethiopiens, dans la capitale instable de la Somalie.

Parmi ces 400.000 personnes, quelque 125.000 sont retournées dans la ville, selon des chiffres collectés par le HCR et un réseau de partenaires. Au même moment, 27.000 autres personnes ont fui en juin et juillet.

« Un grand nombre de personnes ayant fui ont raconté au HCR que la vie était encore plus insupportable que jamais à Mogadiscio à cause de la violence quotidienne, rendant trop dangereuse toute sortie hors des maisons », a rapporté Ron Redmond.

« Elles disent que l'insécurité est généralisée, avec des bombardements et des fusillades constants. Les mères ne peuvent pas acheter de la nourriture pour leurs enfants et les travailleurs ne peuvent plus aller gagner leur vie. Elles se plaignent aussi que leurs enfants ne peuvent pas aller à l'école et que de nombreux quartiers sont isolés à cause de l'insécurité ou des routes coupées ».

En outre, « de jeunes hommes ont expliqué qu'ils ont dû quitter la capitale par crainte d'être arrêtés, ajoutant qu'après les éruptions de violence, les forces gouvernementales encerclaient le quartier concerné et arrêtaient tous les jeunes hommes dans les rues ».

Les deux tiers des familles qui ont fui ces deux derniers mois se sont installés dans les provinces des Shabelles, tout près de Mogadiscio où le HCR a distribué de l'aide à 50.000 personnes en avril.

D'autres ont fui plus au nord, notamment 2.600 personnes qui ont rejoint la ville de Galkayo, à 700 kilomètres vers le nord dans la région de Puntland. La ville accueille déjà 11.000 personnes qui avaient fui Mogadiscio entre février et mai.

Sur la route entre Mogadiscio et Galkayo, des vols et même des viols ont été rapportés. La plupart des personnes déplacées ont dit vouloir retourner à Mogadiscio le plus tôt possible, si la paix était rétablie.

Les conditions de vie à Galkayo sont difficiles. La ville accueille plus de 50.000 personnes déplacées internes et dispose de ressources très limitées en eau, dans les domaines de l'éducation et des services de santé.

La semaine dernière, le HCR a distribué des couvertures, des nécessaires de cuisine et des jerricans à 780 familles au sud de Galkayo. Les biens de secours étaient destinés aux membres de la minorité bantoue, qui sont particulièrement vulnérables car ils n'ont pas de clan pour les protéger dans la ville.

« Le HCR a ouvert un bureau à Galkayo en janvier », a indiqué Ron Redmond, rappelant que « le 24 juillet, nous avons publié un appel d'un montant de 48 millions de dollars pour financer notre travail en Somalie et dans les pays voisins jusqu'à la fin de l'année prochaine ».

Par ailleurs, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a lancé aujourd'hui un appel pour la protection des enfants en Somalie, où la violence continue de faire de nombreuses victimes.

« De nombreux enfants du pays ne peuvent tout simplement pas jouer dehors ou aller à pied à une mosquée sans risquer de se faire tuer », a dénoncé Christian Balslev-Olesen, Représentant de l'UNICEF dans le pays.

Au cours du mois de juillet, ce sont 20 enfants qui sont morts dans les rues de Mogadiscio, et nombreux ceux qui ont du quitter la ville, composant, avec les femmes et les personnes âgées, la majorité des personnes déplacées.

Les enfants sont les victimes directes d'un conflit qui perdure en Somalie. Même la conférence de réconciliation nationale du 15 juillet a été émaillée d'actes de violence tels que des attaques et des tirs de mortier, dénonce l'UNICEF.

La présence de nombreuses mines et autres munitions non explosées dans plusieurs quartiers de la ville ont conduit l'UNICEF à passer des messages de mise en garde à la radio et à soutenir les actions de Handicap International.

L'agence déplore par ailleurs que l'insécurité croissante rende toujours plus difficile son travail humanitaire.

 

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