Géorgie : les parties au conflit exhortées à se tenir à distance l&#39une de l&#39autre

23 juillet 2007

Dans son dernier rapport sur la situation en Abkhazie (Géorgie), le Secrétaire général recommande que parallèlement à la reprise des contacts et à la mise en oeuvre des mesures de confiance décidées, les parties redoublent d&#39efforts pour éviter toute action qui risquerait de déclencher une reprise des hostilités.

Le rapport évoque notamment la situation à proximité du camp de jeunes patriotes de Gunmukhuri, qui « est restée calme depuis son ouverture le 26 mai » ; « toutefois la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) a observé une recrudescence d'activités et de gesticulations de part et d'autre de la ligne de cessez-le-feu à proximité du camp, y compris au large des côtes ».

Pour réduire les risques d'incident, l'Organisation des Nations Unies s'associe au Groupe des Amis pour exhorter le gouvernement géorgien à transporter le camp de jeunes patriotes loin de la zone de sécurité.

« Les activités culturelles sur lesquelles ce camp de jeunes devrait être axé sont concernées par les mêmes recommandations que celles faites dans mon rapport précédent au sujet des activités civiles et politiques, à savoir qu'elles devraient veiller à éviter tout malentendu, erreur d'appréciation et possibilité de violence ultérieure », écrit le Secrétaire général.

Il faudrait éviter des situations potentiellement dangereuses provoquées par le déploiement du personnel armé, tel que celui observé à la fin de juin à proximité du lieu dit « le Pont-rompu ».

Le Secrétaire général « exhorte les deux parties à se tenir à distance l'une de l'autre. Une séparation des forces opposées est la garantie première et souvent la plus efficace de la préservation de la paix ».

En outre, le rapport rappelle que le Groupe d'enquête conjoint a achevé ses travaux concernant l'incident du 11 mars dans la haute vallée de la Kodori et publié un rapport assorti de recommandations.

Des installations du gouvernement géorgien situées dans les gorges de la Kodori avaient été attaquées par voie aérienne et par voie terrestre (dépêche du 13.03.2007).

La Géorgie a introduit des unités militaires dans la partie haute des gorges de la Kodori et annoncé la présence dans cette région du gouvernement auto-déclaré de l'Abkhazie autonome. Les autorités abkhazes contrôlent la partie basse des gorges.

« Dans mon rapport précédent, j'ai suggéré que les deux parties et la communauté internationale s'attachent également à l'action préventive devant la situation qui règne dans la haute vallée de la Kodori, en remédiant notamment au fait que les activités d'observation internationale y sont très limitées », écrit le Secrétaire général.

En consultation avec le Siège, la Mission a proposé quatre mesures à cet effet : la remise en service de la base de patrouille de la MONUG à Adjara dans la haute vallée de la Kodori; l'élargissement de la zone de patrouille de la MONUG aux zones entourant la haute vallée de la Kodori; la dotation de la MONUG en avions sans pilote; et, sous réserve de nouvelles études de faisabilité, le déploiement d'un radar d'artillerie opéré par la MONUG dans la vallée de la Kodori.

« Sans aucun doute, ces mesures renforceraient les capacités opérationnelles de la Mission, notamment en matière de surveillance et d'observation des sites névralgiques de cette zone d'opérations et, à partir des enseignements tirés de l'enquête susmentionnée du Groupe d'enquête conjoint, elles amélioreraient aussi considérablement l'efficacité de toute enquête future », soutient le rapport.

« Comme il a été dit plus haut, la remise en service de la base de patrouille d'Adjara dans la haute vallée de la Kodori est déjà en cours. Les négociations se poursuivront avec les deux parties sur les autres mesures proposées », est-il ajouté.

« En particulier, elles porteront sur le fait que l'utilisation d'avions sans pilote est la seule façon pour la MONUG de s'acquitter de ses obligations dans des zones où les risques inhérents aux patrouilles par hélicoptère sont simplement trop importants et où les patrouilles terrestres sont souvent impossibles en raison de l'impraticabilité du terrain ou de menaces diverses ».

Le Secrétaire général forme également le v?u que les résultats de la réunion des 26 et 28 juin du Groupe des Amis du Secrétaire général, qui s'est tenue à Bonn sous la présidence de l'ONU, se traduiront par des améliorations tangibles sur le terrain, en particulier sur le plan de la sécurité, de la coopération économique et de la situation humanitaire.

« Les parties doivent maintenant prendre des mesures concrètes pour mettre en oeuvre les accords conclus durant cette réunion ».

« La tenue de la deuxième session du Comité directeur du programme de relèvement dans la zone de conflit, financé par la Commission européenne, qui ne s'était pas réuni depuis 2005, marque un premier pas dans cette direction ».

En outre, « il sera essentiel d'assurer un prompt suivi de l'accord conclu à Bonn sur la reprise des réunions quadripartites sur la sécurité et de l'enquête du Groupe d'enquête conjoint sur la disparition de David Sigua ».

David Sigua, chef de la Commission électorale de facto de Gali, a été enlevé le 3 février 2007, à son domicile, à Gali, par des inconnus. La partie abkhaze a affirmé que les forces géorgiennes spéciales étaient à l'origine de cet incident et que la raison de l'enlèvement était sa collaboration avec les autorités de facto, comme ce fut le cas pour Pridon Chakaberia. La partie géorgienne a nié toute participation.

L'Abkhazie, ex-république autonome de la Géorgie soviétique depuis 1931, a combattu les forces géorgiennes de 1992 à 1994, au lendemain de la dissolution de l'URSS en décembre 1991. Soukhoumi ne reconnaît pas la souveraineté de Tbilissi sur son territoire et applique depuis plus de 16 ans déjà une politique visant à accéder à une indépendance reconnue par la communauté internationale.

 

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