L&#39instabilité politique persistante en Guinée-Bissau entrave le développement du pays

9 juillet 2007

Les crises politiques et gouvernementales qui se succèdent en Guinée-Bissau empêchent la poursuite des programmes de stabilisation et de développement économique à moyen et long terme, qui sont indispensables pour améliorer les conditions de vie de la population, prévient le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la situation dans le pays.

L'instabilité institutionnelle ébranle aussi la confiance des partenaires internationaux du pays, souligne ce rapport qui traite de la période qui s'étend entre le 20 mars 2007 et la fin du mois de juin.

« On ne peut que saluer le pacte de stabilité politique et gouvernementale s'il conduit à une vie politique plus consensuelle et améliore la stabilité gouvernementale », est-il écrit, mais « la signature du pacte doit constituer un engagement d'ouvrir le processus politique à toutes les parties, et ne pas déboucher sur un autre cycle d'exclusion ».

Le Secrétaire général exhorte donc tous les acteurs politiques à faire en sorte que toutes les parties participent véritablement au renforcement de la stabilité politique, parlementaire et gouvernementale du pays.

Le rapport souligne en outre que le nouveau Gouvernement a rapidement rétabli des relations de travail constructives et fructueuses avec les institutions de Bretton Woods.

« Je me félicite que les différends avec la Banque mondiale aient été surmontés et que les importants programmes qui avaient été suspendus aient redémarré », écrit le Secrétaire général, soulignant la décision prise par la mission du Fonds monétaire international de recommander à son Conseil d'administration la fourniture d'une aide d'urgence après conflit.

« J'espère que cette décision aidera les partenaires internationaux qui font preuve d'attentisme à surmonter leurs réticences », ajoute-t-il.

Les institutions de Bretton Woods sont fermement convaincues que l'aide d'urgence après conflit est indispensable à la poursuite des objectifs d'assainissement des finances publiques, condition de la mise en oeuvre des stratégies à moyen terme du Gouvernement en matière d'atténuation de la pauvreté et de réforme du secteur de la sécurité.

« L'aide d'urgence après conflit dépend toutefois de l'appui des partenaires internationaux de la Guinée-Bissau », rappelle le Secrétaire général, lançant un appel afin que ces derniers apportent d'urgence au Gouvernement une telle assistance.

« Au cours des dernières années, la Guinée-Bissau a laissé passer beaucoup d'occasions et a fait perdre bien des illusions à la population et aux amis du pays », constate le rapport.

En ce qui concerne la réforme du secteur de la sécurité, il est important que la dynamique créée en 2005 et 2006 soit relancée.

Le Gouvernement et toutes les parties intéressées doivent s'attacher à mettre en place un plan de mise en oeuvre de la stratégie de réforme du secteur de la sécurité, de sorte que le cadre législatif nécessaire soit mis en place.

La criminalité organisée, notamment le trafic de drogues, est un problème nouveau qui prend de l'ampleur en Guinée-Bissau. Il constitue une grave menace pour l'État et l'édifice social, prévient le rapport qui engage les autorités du pays à lutter contre la criminalité organisée tout en veillant au respect des procédures légales.

« Le 4 juin, j'ai reçu une lettre du Premier Ministre demandant une aide de l'Organisation des Nations Unies pour organiser les élections législatives de 2008 », indique le Secrétaire général, soulignant qu'il avait saisi cette occasion pour assurer le Gouvernement que l'Organisation était tout à fait disposée à aider la Guinée-Bissau.

Les élections seront un test de la capacité du pays à se doter d'un régime démocratique. Elles constitueront aussi une étape décisive de la stratégie de désengagement du BANUGBIS (Bureau des Nations Unies dans le pays).

« Il est important que le scrutin se déroule dans un climat politique pacifié. Le rôle de tous les acteurs politiques sera essentiel à cet égard, et je les exhorte à faire en sorte que la compétition démocratique ne porte pas atteinte à la paix sociale et à la stabilité », conclut le Secrétaire général.

La Guinée-Bissau, pays lusophone entre le Sénégal et la Guinée, a été confrontée en juin 1998 à une guerre civile suite à l'escalade opposant le gouvernement et une junte militaire autoproclamée. L'ONU y est présente par le biais de son Bureau d'appui pour la consolidation de la paix depuis le 3 mars 1999.