A Rome, Ban Ki-moon appelle au renforcement de l&#39état de droit en Afghanistan

3 juillet 2007

Le Secrétaire général de l&#39ONU, Ban Ki-moon, a ouvert aujourd&#39hui à Rome une Conférence sur la justice et l&#39état de droit en Afghanistan, au cours de laquelle il a insisté sur le renforcement de l&#39état de droit, le statut des femmes et la protection des civils.

« La présente conférence a de gros enjeux. Si nous parvenons à définir des lois couvrant des questions nationales, pénales, foncières, fiscales, contractuelles et commerciales, nous contribuerons à modeler la société afghane pour les décennies à venir. Ces codes seront un facteur de justice dans un pays dont elle a trop longtemps été absente », a affirmé le Secrétaire général dans son allocution d'ouverture.

Ce dernier a mis en lumière trois éléments essentiels « pour que cette ère nouvelle puisse être pérennisée ».

« Tout d'abord, les travaux engagés par la communauté internationale doivent être harmonisés avec le projet que l'Afghanistan a pour lui-même, et avec ses traditions. Nous devons faire confiance à nos partenaires afghans tandis qu'ils s'efforcent de faire coexister leur culture et le droit positif ».

« Parallèlement, nous ne devons jamais hésiter à donner des avis justifiés, s'il y a lieu. La présente conférence offre une preuve éclatante de notre unité et de notre coopération en réunissant le Président Karzaï, le Secrétaire général de l'OTAN, M. De Hoop Scheffer, la Commissaire Ferrero-Waldner et d'autres représentants de haut niveau de la communauté internationale », a-t-il souligné.

Ensuite, « les efforts déployés par l'Afghanistan pour favoriser l'état de droit doivent être orchestrés par des institutions crédibles ».

« Elles ont besoin pour ce faire de disposer de ressources et de bénéficier de formations. En outre, la population doit être convaincue que le droit est de son côté, qu'il est impartial et qu'il ne peut être corrompu ».

Enfin, les dirigeants afghans doivent mobiliser la volonté politique à l'appui de l'état de droit, qui a été délaissé des décennies durant.

« À cette fin, il faudra peut-être contraindre certains à renoncer au pouvoir, ou mettre en cause des positions fermement marquées. L'établissement de l'état de droit signifie que tout le monde ne peut être gagnant, mais cela suppose aussi que le jeu soit juste et l'arbitre impartial ».

A cet égard, Ban Ki-moon a souligné en particulier les travaux de « l'une des plus jeunes institutions de l'Afghanistan, la Commission indépendante des droits de l'homme ».

« Établie par l'Accord de Bonn, cet organe, dont l'existence est inscrite dans la Constitution, est rapidement devenu la voix de la conscience afghane. La Commission indépendante des droits de l'homme a par ailleurs recensé des situations regrettables où l'intervention des forces internationales a fait des victimes civiles », a-t-il souligné.

« Nous avons tous conscience que l'insurrection antigouvernementale qui se poursuit menace le fondement même des États afghans, et qu'elle doit être mise en échec. Mais en la combattant, les forces afghanes et les forces internationales doivent se conformer strictement au droit international humanitaire ».

« Aussi difficile que cela s'avère face à un adversaire insaisissable et sans scrupule, nous ne pouvons tout simplement pas éluder le fait que lorsque l'on dénombre des victimes parmi les civils, même si cela est le fait d'un accident, nous voyons nos ennemis plus forts et nos efforts compromis », a insisté le Secrétaire général.

« Enfin, nous devons mieux prendre en considération le sort des femmes en Afghanistan, car elles sont affectées de manière disproportionnée par un système juridique défaillant », a plaidé Ban Ki-moon.

« Je sais que les raisons d'une telle inégalité sont nombreuses et complexes. Mais refuser la justice aux femmes en Afghanistan, c'est refuser la justice à tout le peuple de l'Afghanistan ».

« Sur ce point crucial, la Constitution afghane ne saurait être plus claire : 'Les citoyens afghans, hommes et femmes, ont des droits et des devoirs égaux devant la loi' », a-t-il rappelé.

« Ceux qui tuent ou dévalorisent les femmes simplement parce qu'elles osent dire ce qu'elles pensent, ou revendiquer leurs droits, ne doivent pas avoir leur place dans un Afghanistan juste et libre. Ceux qui prétendraient traiter les femmes comme des biens leur appartenant, ou considéreraient le mariage comme une transaction financière, doivent être traités sans complaisance par les autorités. Par-dessus tout, la société afghane doit affronter ceux qui déshonorent les femmes au nom de l'honneur », a affirmé le Secrétaire général.

Ban Ki-moon avait abordé ces questions directement avec le président afghan Hamid Karzaï, lors d'une visite surprise dans le pays la semaine dernière (dépêche du 29.06.2007).

 

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