L&#39implication internationale à Chypre ne doit pas être tenue pour acquise, prévient le Secrétaire général

15 juin 2007

Après 43 années de présence à Chypre, des acteurs divers de la communauté internationale remettent de plus en plus en question la valeur ajoutée apportée par la Force des Nations Unies dans le pays, notamment en raison de l&#39absence de progrès sensibles concernant le processus politique, souligne le dernier rapport du Secrétaire général sur la question.

Ban Ki-moon a recommandé et obtenu ce matin du Conseil de sécurité une prorogation de la Force de l'ONU à Chypre pour six mois supplémentaires, jusqu'au 15 décembre 2007, mais estime dans ce rapport qu' « il est grand temps de traduire en actes le rapprochement marqué des positions ».

« C'est pourquoi, afin de créer la confiance entre les parties, j'exhorte les dirigeants de celles-ci à honorer leur engagement écrit et à cesser de jeter le blâme sur l'autre, ce qui ne peut que saper le processus ».

« Je regrette de ne pouvoir faire état d'aucune amélioration véritable du climat dans lequel les Chypriotes des deux parties peuvent engager des contacts bicommunautaires », indique le Secrétaire général.

Le fait que les deux parties mènent un dialogue soutenu est en soi une réalisation appréciable, compte tenu de la méfiance persistante qui existe entre les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs, surtout depuis les référendums de 2004. « Cela étant, le moment est venu de passer des questions de procédure aux questions de fond », estime Ban Ki-moon.

« Des progrès significatifs n'ont pas été enregistrés, mais les parties se sont engagées dans la bonne direction, à pas comptés certes, mais de manière toujours plus résolue », assure le rapport.

Pour que le travail des 14 mois écoulés porte ses fruits, il faut en venir à l'application de l'accord du 8 juillet. À cet égard, les parties se voient à nouveau rappeler que le Conseil de sécurité unanime demande une telle application.

Durant les six derniers mois, la situation le long des lignes de cessez-le-feu est demeurée dans l'ensemble calme et stable. Les forces en présence ont coopéré avec la Force et se sont généralement abstenues de tout ce qui aurait pu nuire aux efforts déployés en vue de la reprise des négociations politiques.

« Cela étant, la sécurité et la stabilité dans la zone tampon ont continué à pâtir du fait des civils qui cherchent à exercer leurs droits de propriété dans la zone tampon au mépris de toute sécurité », déplore le rapport.

À cet égard, la Force continuera d'appuyer les activités civiles menées dans la zone tampon dans le plein respect des droits de propriété. Toutefois, ces activités ne seront pas tolérées au préjudice de la stabilité et de la sécurité dont la responsabilité incombe directement à l'ONU.

Fermement convaincu que la première responsabilité dans la recherche d'une solution incombe essentiellement aux Chypriotes eux-mêmes, le Secrétaire général assure que l'ONU reste déterminée à appuyer un processus politique et à faciliter la réconciliation.

« Il est donc indispensable que les parties établissent qu'elles sont prêtes à accorder leurs gestes avec leurs mots, en s'efforçant sincèrement de parvenir à un règlement global ».

« Il devrait être clair pour tous qu'un travail considérable a été fait et que des accords de base ont été conclus en ce qui concerne les paramètres d'une solution, sur lesquels on pourrait s'appuyer pour parvenir à un règlement global ».

Notant avec regret l'absence de progrès sur la question du déminage durant la période considérée, le Secrétaire général engage vivement les forces turques et la partie chypriote turque à reprendre contact avec la Force et à renouveler leur engagement à permettre de mener à bonne fin le déminage dans la zone tampon.

 

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