La Somalie doit engager un processus politique global et transparent, souligne B. Lynn Pascoe

14 juin 2007

« Le plus important aujourd&#39hui en Somalie, c&#39est le processus politique à mettre en place : il faut garantir qu&#39il soit inclusif et global », a déclaré le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, alors qu&#39il venait de faire rapport devant le Conseil de sécurité de sa récente visite éclair dans le pays.

« A partir du moment où il y a renonciation à la violence, tout le monde est bienvenu au sein de ce processus politique », a-t-il souligné, estimant qu'il s'agissait « peut-être de la meilleure chance qui s'offre à la Somalie depuis 15 ou 16 ans.

Les Nations Unies apporteront toute l'assistance possible à ce processus, a-t-il assuré, soulignant que le Conseil de sécurité portait un grand intérêt à la situation en Somalie et que ses membres aborderaient cette question au cours de leur tournée en Afrique, entamée aujourd'hui.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a salué le travail effectué par les troupes ougandaises de l'AMISOM (Mission de l'Union africaine dans le pays), rappelant qu'il faudrait qu'elles soient renforcées avant que les troupes éthiopiennes ne puissent quitter le pays.

L'Ethiopie a en effet encore de nombreux soldats sur le sol somalien, après avoir grandement contribué au renversement des Tribunaux islamiques qui régnaient en maître à Mogadiscio et sur une bonne partie du pays.

Il y a en ce moment une réunion au Burundi concernant les nouvelles contributions de troupes à la Mission de l'Union africaine, a indiqué B. Lynn Pascoe.

A un journaliste qui lui faisait remarqué que l'Union africaine a déjà le plus grand mal à remplir son mandat au Soudan, B. Lynn Pascoe a reconnu que l'histoire du maintien de la paix en Somalie était extrêmement compliquée.

Cette complexité a une nouvelle fois été avérée par les multiples attaques dont ont été victimes les troupes ougandaises de l'UA, en particulier au cours de leurs premières semaines de présence dans le pays.

« Ca ne donne pas forcément envie à tout le monde de se lancer dans cette opération », a-t-il reconnu, rappelant que cette dimension sécuritaire s'ajoutait au poids financier d'une intervention internationale.

« Ce que les Ougandais ont commencé en Somalie devrait convaincre les autres pays de rejoindre l'AMISOM », a estimé le Secrétaire général adjoint.

En outre, il a souligné l'importance que les agences humanitaires et de développement puissent apporter leur aide au pays, « afin de montrer aux Somaliens qu'il y a un espoir ».

Dans le même temps, le Représentant spécial du Secrétaire général en Somalie, François Lonseny Fall, a annoncé que le Congrès de réconciliation nationale, qui doit être la base du processus politique en cours dans le pays, a une nouvelle fois été reporté, cette fois-ci à la date du 15 juillet.

« Ce report permet de disposer de plus de temps pour les préparations nécessaires à la tenue du Congrès, y compris à des consultations entre les différentes parties somaliennes », a-t-il dit.

Par la voix de son Président pour le mois de juin, le représentant de la Belgique, Johan Verbeke, le Conseil de sécurité a réaffirmé son appui à ce Congrès, dans lequel il voit « le ressort du dialogue politique et de la réconciliation dont la Somalie a si grand besoin ».

La déclaration présidentielle demande au Gouvernement fédéral de transition et au Comité national pour la gouvernance et la réconciliation de veiller à ce que le Congrès se réunisse dès que possible.

« Le Conseil souligne combien il importe que le Congrès se penche de façon globale et significative sur les questions de la réconciliation politique, notamment la représentation dans les institutions fédérales de transition, et convienne d'une feuille de route pour la suite du processus politique de transition, conformément à la Charte fédérale de transition et comme prévu dans la Feuille de route du 14 mars 2007 pour la gouvernance, le dialogue national et la réconciliation en Somalie ».

« Gravement préoccupé par la série d'attaques menées récemment par des éléments extrémistes en Somalie », le Conseil appelle tous les États Membres à cesser immédiatement d'appuyer les éléments extrémistes ou ceux qui cherchent à entraver les progrès accomplis par la violence, et à soutenir les efforts entrepris pour instaurer un dialogue politique ouvert à tous.

Il se déclare à nouveau prêt, comme il l'a affirmé dans sa résolution 1744, à envisager de prendre des mesures à l'encontre de ceux qui font obstacle au processus politique et menacent les institutions fédérales de transition.

Le Conseil souligne enfin la nécessité urgente d'établir un plan d'action en vue d'une éventuelle mission des Nations Unies en Somalie, qui serait déployée s'il décidait d'autoriser une telle mission. Il attend avec intérêt le rapport que le Secrétaire général doit lui présenter d'ici à la mi-juin sur les progrès accomplis à cet égard.

 

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