Environnement, santé, finance : les appels à lutter contre les changements climatiques au niveau mondial se multiplient

5 juin 2007

A l&#39occasion de Journée mondiale de l&#39environnement, le Programme des Nations Unies pour l&#39environnement (PNUE), l&#39Organisation mondiale de la santé (OMS) et des représentants du secteur financier ont tous trois appelé la communauté internationale, et en particulier les pays membres du G-8, à prendre des mesures mondiales contre les changements climatiques.

En ce moment dans le nord de la Norvège pour évoquer les conséquences du réchauffement de la planète sur les régions polaires, Achim Steiner, Secrétaire général adjoint et Directeur exécutif du PNUE a souligné dans une déclaration que « l'Arctique et l'Antarctique pourraient bien être le système d'alerte précoce du climat de la Terre ».

« En nous concentrant sur les régions polaires, nous brandissons un miroir qui montre en accéléré les conséquences sur toute la planète des émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère », a-t-il ajouté.

« Ce qui se passe dans l'Arctique et dans l'Antarctique à cause des changements climatiques est d'un intérêt direct pour nous tous, que nous vivions au bord du fleuve Congo, dans le désert australien, dans les campagnes de Chine, ou encore dans les zones urbaines de Berlin, New Delhi, Rio de Janeiro ou Washington », a-t-il insisté.

Selon Achim Steiner, « les changements climatiques exacerbent les disparités entre les riches et les pauvres et aggravent les tensions autour de ressources naturelles fragiles ou de plus en plus rares, comme les terres fertiles ou l'eau ».

« La volonté politique collective et résolue est la pièce finale, toujours manquante, à ce puzzle », a-t-il estimé, déplorant un processus « frustrant de lenteur ».

Parallèlement à ce message du Directeur du PNUE, 23 hauts responsables du secteur de la banque et de l'assurance, partenaires du Programme, ont lancé un appel direct aux pays membres du G-8 qui se réunissent à partir de demain à Heiligendamm, en Allemagne.

« De nombreux effets des changements climatiques commencent à se faire sentir », soulignent ces chefs d'entreprise, dénonçant les menaces qui pèsent sur leur secteur d'activités, ainsi que sur les écosystèmes et les cultures.

Ils suggèrent que les propositions du Royaume-Uni et de l'Union européenne de réduire de 20 à 30% les émissions de gaz à effet de serre avant 2020, et de 60 à 80% avant 2050, devraient être au centre des objectifs de tous les pays industrialisés.

L'initiative de ces financiers a été saluée par Achim Steiner, qui a exhorté les dirigeants des pays du G-8 à « s'inspirer d'autres exemples dans l'histoire ou des divisions profondément enracinées ont su être dépassées ».

« La Commission de vérité et de réconciliation en Afrique du Sud est un de ces exemples », a-t-il déclaré alors qu'il partageait le podium avec Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix.

« Au lieu de se montrer du doigt, les pays devraient s'attaquer aux réductions d'émissions dans les pays développés comme dans les pays en développement rapide », a souligné le Directeur exécutif du PNUE.

La Directrice de l'OMS, Margaret Chan, a elle aussi appelé à une approche mondiale à ce problème dans une déclaration publiée à Genève.

« Il existe une relation étroite et complexe entre la santé, la sécurité sanitaire et les changements dans notre environnement », souligne-t-elle, rappelant les ravages du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans ou le fait que 35.000 personnes sont mortes en Europe lors de la vague de chaleur de l'été 2003.

« On estime que 60.000 personnes meurent chaque année dans des catastrophes naturelles liées au climat, la plupart dans le monde en développement », a ajouté la Directrice générale, « mais même ces chiffres énormes ne reflètent pas fidèlement les conséquences potentielles indirectes des changements climatiques sur la santé ».

En effet, « parmi les principaux tueurs dans le monde, plusieurs sont extrêmement sensibles aux conditions climatiques », comme le paludisme, les diarrhées ou la malnutrition.

« D'abord, nous devons renforcer les systèmes de santé publique qui sont la première ligne de défense contre les risques sanitaires liés au climat ; ensuite, nous devons nous souvenir que la prévention est tout aussi importante que la guérison », a préconisé Margaret Chan.

« Ensemble, individus, communautés et gouvernements, nous devons agir pour réduire les conséquences des changements climatiques, pour des populations saines dans une planète saine », a-t-elle conclu.

 

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