Le mois de juin dominé par les questions africaines au Conseil de sécurité

4 juin 2007

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juin et Représentant permanent de la Belgique auprès des Nations Unies, Johan Verbeke, a dévoilé aujourd&#39hui à la presse les points saillants d&#39un programme de travail « assez chargé mais émaillé de questions de routine », selon ses propres termes.

Le Programme de travail, a-t-il dit, est surtout marqué par de nombreuses consultations sur les questions « importantes » de l'Afrique qui « restent au c?ur de l'ordre du jour du Conseil ». Ce dernier dépêchera, du 16 au 21 juin, une mission de ses membres qui se rendra à Accra, à Abidjan, à Khartoum et à Kinshasa, a précisé M. Verbeke.

Ce mois-ci, les consultations du Conseil porteront, le 8 juin sur le Soudan, en présence de l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Darfour, Jan Eliasson. Le Conseil discutera aussi de la Somalie, le 14 juin, en présence du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Lynn Pascoe, qui reviendra d'une visite à Mogadishu, a indiqué le Président du Conseil. Les situations en République démocratique du Congo (RDC) et en Côte d'Ivoire feront l'objet de consultations, le 13 juin, a-t-il ajouté.

Revenant à la Somalie, Johan Verbeke a affirmé que les membres du Conseil examineront un plan relatif à une éventuelle transition de la mission de l'Union africaine à une mission de l'ONU. Toujours à propos de la Somalie, mais cette fois, sous l'angle des sanctions, le Président de l'Afrique du Sud pourrait venir informer le Conseil de l'évolution de la situation, a aussi annoncé le Président du Conseil.

En ce qui concerne le Moyen-Orient, outre l'exposé mensuel qu'il entendra le 20 juin, le Conseil tiendra des consultations avec Terje Roed-Larsen, l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour la mise en ?uvre de la résolution 1559. L'examen de la situation se fera en connexion avec celui du rapport de la mission d'évaluation prévue par la déclaration présidentielle pertinente* qui sera examiné, avant tout travail sur le suivi de la résolution 1701, a indiqué le Président du Conseil de sécurité.

Rien n'est prévu sur le Kosovo, a annoncé le Président du Conseil, en avouant que sur cette question ses homologues et lui-même sont dans une période d'attente. Avant d'entamer des négociations de fond sur la mise en ?uvre de la résolution 1244 et les propositions de règlement de l'Envoyé spécial de l'ONU sur le statut final du Kosovo, Martti Ahtisaari, le Conseil attend les conclusions de la réunion du G-8 qui se réunira, du 6 au 8 juin, à Heiligendamn, en Allemagne, a-t-il indiqué.

Johan Verbeke a aussi rappelé que le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se trouve sur la table du Conseil depuis le 23 mai. Il pourrait donner lieu à des négociations ou à une action dans les jours à venir.

Le représentant de la Belgique s'est aussi attardé sur les « dossiers juridiques » en annonçant l'intervention, le 7 juin, de Luis Moreno Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), sur le Darfour. La présentation de M. Moreno Ocampo sera suivie, le 8 juin, par un débat sur le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, et le 18 juin, d'un autre débat sur les Tribunaux spéciaux pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et le Rwanda (TPIR), en présence de Carla del Ponte, Procureur du TPIY. Il s'agira, concernant les deux Tribunaux, d'examiner la manière dont ils s'acheminent vers la phase d'achèvement de leurs travaux, qui a été fixée par le Conseil en 2010.

Le Conseil de sécurité tiendra également, le 22 juin, son débat biannuel sur la protection des civils dans les conflits armés, a poursuivi Johan Verbeke.

Le 25 juin, le Conseil introduira un débat novateur sur le lien entre ressources naturelles et conflits, en présence du Secrétaire général de l'ONU. Précédé d'un séminaire, tenu il y a 10 jours, et par un autre qui aura lieu le 6 juin à Pretoria, le débat vise à explorer trois perspectives dont celle des ressources naturelles comme cause d'origine des conflits, ce qui concerne la diplomatie préventive.

Le débat portera aussi sur les ressources naturelles comme moyen de perpétuer les conflits, ceci étant en fait la perspective sous laquelle le Conseil de sécurité travaille depuis longtemps.

Enfin, la troisième perspective est celle qui voit les ressources naturelles comme moyen pour les pays de se reconstruire après les conflits, cette approche concernant la consolidation de la paix.

Johan Verbeke a d'ailleurs rappelé que son Ministre des affaires étrangères, Karel De Gucht, a participé à Lubumbashi, capitale de la province minière du Katanga en RDC, à un séminaire sur la révision des contrats miniers après un conflit.

Au titre des questions de routine, Johan Verbeke a cité l'examen, le 8 juin, du mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), et la prorogation, le 29 juin, du mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire, (ONUCI), à la lumière de l'évolution du processus de paix dans ce pays.

Le Sahara occidental n'est pas prévu dans cet ordre du jour mensuel, a-t-il dit, mais il y a un mois, la dynamique au sein du Conseil était de faire comprendre clairement aux parties qu'il était temps d'entamer des négociations de bonne foi et d'examiner enfin les questions sous-jacentes. Les parties ont entendu cet appel, puisque les 17 et les 18 juin, elles ont convenu de se réunir à Long Island, s'est réjoui le Président du Conseil.

Le mandat de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations Unies (CCVINU), dont les consultations sont prévues le 26 juin, concerne surtout les cinq membres permanents du Conseil de sécurité qui semblent être sur le point de parvenir à un accord sur la manière de mettre fin au mandat tout en préservant les acquis, a précisé le Président du Conseil.

Interrogé sur la situation au Liban, il a annoncé que le rapport de la Commission d'enquête indépendante dit « Rapport Brammertz » ne paraîtra qu'en juillet. Le Président du Conseil a, par ailleurs, assuré que les combats qui ont actuellement cours au Liban n'affectent nullement le travail de la Force intérimaire des Nations Unies (FINUL) qui continue de remplir son mandat de manière satisfaisante. À ce jour, a insisté Johan Verbeke, il n'y a aucune crainte d'interférence. Mais il est évident que les problèmes actuels seront pris en compte dans l'examen du mandat de la Force, a-t-il précisé.

Le Président a également été invité à s'exprimer sur la question des missiles en Europe et la réaction du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine. Ce problème n'entre pas dans le cadre du mandat du Conseil de sécurité, a-t-il répondu, en affirmant qu'il n'affecte nullement la dynamique propre du Conseil.

Johan Verbeke a donné la même réponse concernant la réforme du Conseil de sécurité qui porte, a-t-il dit, sur la légitimité et la représentativité du principal organe des Nations Unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. La réforme relève des prérogatives de l'Assemblée générale qui vient d'ailleurs de désigner de nouveaux facilitateurs pour les négociations, a rappelé le Président du Conseil. La réforme du Conseil de sécurité est un processus « long et difficile », et il faut voir si la formule provisoire qui circule en ce moment recueillera le consensus, a-t-il souligné.

En matière de réforme, a conclu le Président du Conseil pour le mois de juin, le Conseil de sécurité ne peut que discuter de ses méthodes de travail à savoir: la transparence de ses activités et ses relations avec les autres États Membres.

 

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