Somalie : les trois quarts des personnes ayant fui Mogadiscio ne sont pas encore rentrées

1 juin 2007

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué aujourd&#39hui que selon son bureau à Mogadiscio et un réseau de partenaires qui ont continué à surveiller les mouvements de population à l&#39intérieur de la Somalie, près de 90.000 Somaliens pourraient être rentrés dans la capitale somalienne, ce qui représente un peu plus de 23% des 391.000 Somaliens qui ont fui la ville depuis le mois de février.

« La plupart de ceux qui sont rentrés à Mogadiscio sont retournés vers les districts de Waberi, Wamar, Jab-Jab et Medina qui n'ont pas été touchés par les multiples combats entre les forces du Gouvernement fédéral de transition appuyées par les troupes éthiopiennes contre les insurgés », a précisé Jennifer Pagonis, la porte-parole du HCR, lors d'un point presse à Genève.

Les partenaires expliquent que ces mouvements de retour se font au compte-goutte. Toutefois, les conditions de vie à Mogadicio demeurent difficiles tant pour les rapatriés que pour ceux qui sont restés dans la capitale tout au long du conflit.

Mogadiscio reste sans électricité ni eau courante. Les problèmes sanitaires sont une préoccupation importante dans la mesure où les détritus ne sont pas collectés dans de nombreux quartiers de la ville.

En outre, les personnes se plaignent d'avoir perdu leur moyen de subsistance. Par exemple, d'anciens petits commerçants travaillant au bord de la route se plaignent que leur échoppe a été détruite par les autorités qui considèrent qu'elles constituent une menace pour la sécurité. Dans plusieurs zones, les écoles sont restées fermées.

Mardi, le HCR s'est joint à une équipe des Nations Unies composée du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), de le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une visite de deux jours à Mogadiscio, afin de considérer les possibilités d'apporter plus d'aide aux populations dans le besoin.

L'équipe a rencontré des représentants du Gouvernement fédéral de transition ainsi que de la société civile et les partenaires opérationnels pour s'accorder sur la façon d'atteindre les populations dans le besoin.

L'assistance, qui vise quelque 300 000 personnes à Mogadiscio, fera partie d'une aide en une seule fois pour aider les personnes à se réinstaller dans la capitale dévastée par la guerre.

En avril, le HCR avait distribué du matériel de secours à quelque 50.000 Somaliens déplacés vivant à Afgoye et dans les zones alentours. Avec l'aide apportée par les autres organisations, les besoins à court terme en abri et en articles domestiques ont été couverts pour près de 70% des déplacés en dehors de Mogadiscio.

Même si un petit nombre de personnes rentre au compte-goutte à Mogadiscio, des centaines de milliers d'autres restent dans les diverses régions de la Somalie telles que Bay, Galgaduud, Mudug et Hiran.

Des informations font état de nouveaux déplacements de personnes vivant le long de la rivière Shabelle, qui a débordé, détruisant des abris et des récoltes. De nombreux déplacés demeurent réticents à rentrer à Mogadiscio.

Parmi elles, on compte des personnes qui étaient précédemment déplacées à l'intérieur de Mogadiscio et qui vivaient depuis près de 16 ans dans des bâtiments publics qui ont maintenant été repris par le gouvernement. Quelques-uns de ces précédents déplacés disent maintenant qu'ils n'ont nulle part où rentrer dans la capitale, d'autres sont anxieux pour leur sécurité et préfèrent attendre de voir comment la situation évolue.

Enfin, certains déplacés déclarent qu'ils souhaiteraient rentrer mais ils n'ont pas d'argent pour payer le transport de retour vers Mogadiscio. Dans certains cas, les rapatriés ont dû attendre jusqu'à trois jours pour être transportés.

 

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