Nous avons les moyens de lutter contre les changements climatiques, assure Michaël Oppenheimer

30 mai 2007

« Le principal problème dans la lutte contre les changements climatiques n&#39est ni économique, ni technique mais politique », a affirmé aujourd&#39hui devant la presse Michaël Oppenheimer, l&#39un des principaux auteurs des troisième et quatrième rapports du Groupe d&#39experts intergouvernemental sur l&#39évolution du climat (GIEC).

Nous avons un problème énorme mais nous avons les moyens de nous y attaquer, malgré toutes les difficultés, a-t-il assuré lors d'une conférence de presse pour annoncer la tenue d'une conférence DPI-ONG (Département de l'Information de l'ONU et organisations non gouvernementales) qui se tiendra du 5 au 7 septembre prochains à New York.

Les Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) ont joué un rôle très important dans la transformation de l'image obscure et difficile à saisir des changements climatiques vers celle d'une question mondiale convaincante », a souligné Michaël Oppenheimer.

L'expert a rappelé que les deux premiers rapports du Groupe d'experts, présentés au mois de février et en avril, soulignaient que le changement climatique est sans équivoque, que des changements énormes sont déjà visibles et que leurs conséquences, de la sécheresse extrême aux inondations, vont augmenter, à la fois en occurrence et en intensité, tout au long de ce siècle, selon les niveaux de concentration en gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

La troisième partie, elle, présente une gamme de possibilités et de solutions pour répondre aux conclusions présentées dans les deux premières parties, soulignant que les pires effets du changement climatique peuvent encore être évités (dépêche du 04.05.2007).

Interrogé sur les raisons qui selon lui ont mené à une prise de conscience globale du problème aux Etats-Unis, il a évoqué la violence grandissante des ouragans et notamment le traumatisme lié à Katrina à la Nouvelle-Orléans. « Cet épisode a montré l'inaptitude des gouvernements en cas de catastrophes naturelles, à la fois dans la préparation et dans la réponse à y apporter », a-t-il dit.

Il a également estimé que la crise de l'énergie, le succès du film de l'ancien vice-président américain Al Gore (An Inconvenient Truth) ou encore certaines décisions prises par le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, avaient contribué à alerter la population américaine.

« Les Etats-Unis peuvent envoyer un signal fort au reste du monde s'ils participent aux négociations sur l'après 2012 », date à laquelle le Protocole de Kyoto aura expiré, a affirmé l'expert scientifique.

Sur les progrès que ce Protocole aura permis, Michaël Oppenheimer s'est félicité que des pays comme l'Allemagne, le Danemark, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas vont probablement atteindre leurs objectifs, tout comme peut-être le Japon.

« Plus décourageant est le cas du Canada qui s'est engagé mais se comporte plutôt comme les Etats-Unis avec de fortes augmentations de ses émissions », a-t-il déploré.

Enfin, il a estimé que la Chine prenait petit à petit conscience des défis environnementaux auxquels elle est confrontée (inondations, dépendance aux combustibles, pollution atmosphérique).

« Je vois des avancées, je m'attends à des progrès de la part de la Chine, notamment en raison de la grande communauté d'ONG qui s'y développe », a-t-il déclaré.

A une question sur la possible lassitude médiatique susceptible d'affecter les changements climatiques, Michaël Oppenheimer a souligné que quand un problème atteint un certain niveau de gravité, il apparaît en première page et « tant pis si les gens s'en lassent, cela reste un vrai problème ».

Le président de la conférence, Richard Jordan, a indiqué que chaque individu ou organisation qui aura participé aux débats sera invitée à mettre en place un plan d'action.

Six mois après, ils rapporteront ce qu'ils ont fait, les obstacles qu'ils ont rencontré ou les solutions qu'ils ont trouvé, a-t-il ajouté, et ce afin d'assurer un suivi sur ces questions qui ne doivent pas tomber dans l'oubli.

 

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